Voilà déjà trois ans que j’occupe le rôle de porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Agriculture. Et ce dossier me passionne vraiment, pour plusieurs raisons.
Je crois que le citoyen ordinaire est de plus en plus déconnecté du monde dans lequel évoluent les agriculteurs, des défis auxquels ils font face, des écueils qu’ils doivent affronter. J’imagine que c’est la conséquence directe de l’urbanisation croissante de la population. C’est en partie pour cette raison que je tiens ici à leur rendre hommage – parce que, malheureusement, j’ai l’impression qu’on les oublie trop souvent… La mondialisation a également passablement changé la donne pour eux. Les pays émergents produisent à des coûts extrêmement bas, et il devient de plus en plus difficile, dans un contexte d’ouverture des marchés, de préserver l’industrie agricole québécoise.
Il reste qu’il y a des outils dont on peut (et dont on doit absolument) se prévaloir pour la protéger. Au premier chef, il y a ce qu’on appelle le système de la gestion de l’offre. Essentiellement, il s’agit d’un système qui régule les importations, afin de s’assurer que la production québécoise, majoritairement destinée au marché québécois, trouve preneur, à un prix décent. Mais ce système est aujourd’hui en danger, parce qu’il ne plaît pas à l’Ouest, et donc à Stephen Harper. Michael Fortier l’a très clairement exprimé en juillet dernier, lors des négociations de l’OMC à Genève : en se disant « déçu » de l’échec des négociations, alors que tout le monde au Québec criait victoire, il a démontré l’écart abyssal qui sépare les préoccupations des conservateurs de celles des Québécois. Abolir le système de la gestion de l’offre, ça reviendrait à mettre en péril le gagne-pain de plus de 70 000 Québécoises et Québécois qui en dépendent.
Par le passé, le Bloc Québécois a obtenu des concessions du fédéral à cet égard, et il continuera à défendre cette façon de faire québécoise, coûte que coûte.
Après tout, les agriculteurs sont ceux qui les premiers ont travaillé la terre que nos pieds foulent aujourd’hui. Le terroir québécois, c’est à eux qu’on le doit. Les laisser tomber reviendrait à laisser mourir une part fondatrice de notre rapport au territoire québécois.
J’espère de tout cœur être réélu, afin de pouvoir continuer à défendre les intérêts des productrices et producteurs agricoles québécois, parce que visiblement, on ne peut pas confier cette tâche aux conservateurs.






Le système québécois de gestion de l’offre agricole consiste, essentiellement, en deux choses:
1) imposer des frais de douanes aux produits agricoles étrangers, afin que le prix de leurs produits ne soit pas trop bas dans nos marchés d’alimentation du Québec;
2) imposer des prix minimums et des quotas dans les différents marchés de produits agricoles du Québec. Par exemple, un prix minimum sur le lait et des quotas de sirop d’érable.
À qui profitent ces réglementations?
Selon vous, est-ce qu’elles profitent aux familles québécoises, qui gagnent environ 50 000 $ par année en moyenne, ou aux agriculteurs québécois, qui déclarent des revenus annuels supérieurs à 1 000 000 $ en moyenne?
Parce que l’agriculteur d’aujourd’hui, ne ressemble en rien à Charles Ingalls, dans « La petite maison dans la prairie ».
Abolir le système québécois de gestion de l’offre agricole aurait plusieurs effets bénéfiques pour les Québécois, mais aussi pour les pauvres qui vivent à l’étranger.
Premièrement, abolir les frais de douane qu’on impose aux produits alimentaires étrangers permettrait de soutenir le travail des habitants des pays émergents ou en voie de développement. Ces gens-là n’auraient plus besoin de nos dons si on achetait honnêtement et dignement leurs produits.
Deuxièmement, la famille québécoise paierait moins cher pour des produits alimentaires de meilleure qualité. Par exemple, le 2 litres de lait serait vendu 2 fois moins cher, comme c’est le cas aux États-Unis. Il y a au Québec des familles pauvres et des mères monoparentales pour qui ça pourrait compter énormément.
Troisièmement, les producteurs agricoles inefficaces feraient finalement faillite, libérant ainsi une force de travail exceptionnelle qui pourrait être utilisée à des fins plus utiles pour la société. Ne cesse-t-on pas de nous répéter qu’il manque d’infirmières, de médecins ou d’entrepreneurs au Québec?
Monsieur Bellavance, pourquoi vous battez-vous avec autant d’acharnement depuis trois ans pour défendre ce système inefficace sur le plan économique et injuste sur le plan social?
Je ne suis pas sans savoir que l’Union des producteurs agricoles est un lobby assez influent au Québec et qu’il entretient des liens solides avec les syndicats du Québec, lesquels sont bien représentés au Bloc Québécois.
Gabriel Hudon Reply:
septembre 29th, 2008 at 20:18
Bravo Gaston,
Libérer la main d’oruvre agricole pour permettre aux gens de travailler dans d’autres secteurs, c’est génial.
Ainsi, les arracheurs de carottes pourront devenir des arracheurs de dents.
Soigne-toi bien, mon Gaston.
Publié par Gaston Miron le 27 septembre 2008 à 18:32
Quatrièmement, pis allez demander aux petits producteurs de produits alimentaire biologiques et ou équitable, ce qu’ils pensent du système québécois de gestion de l’offre agricole. Si l’Alberta a son cartel pétrolier, nous nous avons notre cartel du lait et celui du porc.
nicole Reply:
septembre 28th, 2008 at 15:04
@ faux gaston
Avec autant de négativisme envers les québécois , tu dois mal dormir le soir . Tu me fais pitié .
Publié par Gaston Miron le 27 septembre 2008 à 18:56
Abolir la gestion de l’offre comme le propose aussi John James Charest avec son libre marché avec ses amis de l’Ontario mettrait le point final à l’agriculture québécoise déjà rachitique.
Aucun investissement au Québec, pendant que l’Ontario a investis depuis les dix dernières années des centaines de million$ chez les agriculteurs de toutes ses régions afin qu’ils développent la culture en serres et ainsi produisent toute l’année.
Eux les producteurs et nous les consommateurs.
Déjà les distributeurs ontariens sont entrain de préparer leurs réseaux exclusifs au Québec.
Publié par Gébé Tremblay le 27 septembre 2008 à 20:11
Pauvre (faux) Gaston Miron
Êtes vous allez dans une épicerie dernièrement pour comprendre que les producteurs ONTARIENS et étranger monopolisent les tablettes des grandes surfaces au dépends de nos maraicher et nos producteurs alimentaire Québécois!??
Comme un bon collabo fédéraliste Canadiens Français, il est toujours préférable et habituel de dénigrer tous ce qui se fait au Québec!
Si ce n’est pas notre système d’éducation, nos nids de poules, nos syndicats, nos artistes et maintenant nos producteurs de fromages!??%$*(&/ »
Plus ça change et plus ces pareil avec ces fédéralistes!
VOTONS BLOC QUÉBÉCOIS pour répondre au Bob Gratton du Québec!
Publié par Regent Martin le 27 septembre 2008 à 23:04
Faut vraiment pas connaître la réalité des producteurs agricoles pour affirmer qu’ils nagent dans l’argent eux aussi, comme les artistes, soi-disant! Comment peut-on être d’aussi mauvaise foi? Quand notre industrie agro-alimentaire aura été anéantie nous serons DÉPENDANTS du marché extérieur, avec tous les risques que cela implique. Nous devons soutenir par tous les moyens possibles nos producteurs du Québec. Leur labeur, leur courage devraient nous inspirer. Grâce à eux, nous avons une foule de produits alimentaires de qualité à mettre sur nos tables. Je souhaite que les gros ne le deviennent pas trop et que les petits profitent, prennent leur place au soleil. Comme les arbres dans la forêt s’organisent pour former un tout harmonieux. Nos producteurs, comme les forêts, sont menacés par de gros intérêts étrangers qui tentent de les supplanter pour avoir enfin le monopole de l’alimentation donc le contrôle sur les populations, car tout le monde doit manger. Il est très important de réaliser cela. La souveraineté alimentaire est essentielle pour tous les peuples du monde y compris le nôtre! Même un simple d’esprit peut comprendre cela. Nous devons le moins possible dépendre des autres pour notre nourriture et grâce à nos producteurs nous sommes choyés. Nous ne leur serons jamais assez reconnaissants.
Gabriel Hudon Reply:
septembre 29th, 2008 at 20:22
Vous avez parfaitement raison,
Publié par Daniel Charette le 28 septembre 2008 à 0:31
Le mal de la mondialisation
Encore un fois , nous constatons que le québec est isolé par rapport au roc. Il faut à tout prix que les produits agricoles du québec aient ENTIÈREMENT priorité sur tout ce qui provient de l’extérieur.
C’est une priorité économique pour les agiculteurs , c’est 70,000 québécois qui en dépendent et qui ont à coeur de nous faire bien manger des produits de très grande qualité.
Souveraineté alimentaire oblige.
Publié par nicole le 28 septembre 2008 à 8:10
Le monopole de l’alimentation mondiale tel que visé par la » firme » Monsanto, avec ses aliments transgéniques et ses brevets sur le vivant…afin de mieux se l’approprier. Tout comme les plantes également pour la pharmaceutique. Nous ne devons absolument pas permettre ça! Soutenons nos producteurs agricoles ils le méritent grandement. Nous nous en porterons beaucoup mieux comme société. Non seulement ont-ils le droit de vivre mais aussi de prospérer sur leurs terres, de génération en génération! Protégeons nos terres arables car il ne nous en reste que très peu…moins de huit pour cent je crois. Les carottes, ça ne pousse pas dans les stationnements de centres d’achats!…
Publié par Daniel Charette le 28 septembre 2008 à 10:03
Il faut préciser que plus nous parlons de mondialisation des marché et plus une nouvelle philosophie planétaire s’affirme dans le monde. Les pays SOUVERAINS développent de plus en plus des politiques protectionnistes ou des alliances pour contrer les effets de la mondialisation sur leurs économies. Tout comme en France, l’économie de marché basé sur les produits du terroir augmente, favorisant ainsi une prise de conscience sur l’importance de développer et protéger l’économie locale!
C’était pourtant à prévoir, action réaction, mais les mondialistes et les fédéralistes tentent toujours et obstinément de justifier le contraire, pour empêcher l’affirmation économique du Québec! Finalement et après réflexion, la mondialisation est-elle plus menaçante pour l’économie Québécoise que l’économie Canadienne!??
Quand nous pesons le pour et le contre, il est facile de conclure que le Québec s’en sortirait beaucoup mieux s’il possédait entièrement ses leviers politiques et économiques pour décider objectivement de ses alliances et de son avenir!
Devinons maintenant pourquoi l’économie Canadienne cherche de plus en plus à détruire la crédibilité des petits marchés Québécois et pourquoi les fédéralistes tentent de contrôler notre économie, partager comme en Aéronautique et dans plusieurs autres domaines nos compétences avec les autres provinces!?
Pourquoi cherchent-ils toujours à transformer nos matières premières et nos richesses ou comme dernièrement, détruire notre industrie forestière, monopoliser le marché alimentaire ou de prendre le contrôle énergétique du Québec ??
Et bien poser la question c’est comme y répondre, devinons maintenant pourquoi nos charmants collabos fédéralistes Canadiens Français veulent toujours nous maintenir dans ce fédéralisme Canadien et dénigrer continuellement notre potentiel d’autodétermination!?
La collaboration fédéraliste des Canadiens Français est un reflex de colonisé, même si cela va à l’encontre des intérêts économiques et politiques des Québécois!
Sommes vous surpris de constater qu’ils récupèrent toujours le discours nationaliste, comme au dernier congrès du PLQ ou de l’ADQ pour encore une fois nous maintenir dans ce régime fédéraliste corrompu!?
VOTONS BLOC QUÉBÉCOIS pour empêcher nos collabos fédéralistes canadiens Français de récupérer le discours nationaliste au profit du fédéralisme Canadien!
Publié par Regent Martin le 28 septembre 2008 à 14:54
Propos effacé par le blogueur québécois. Ce commentaire est le même que celui publié ailleurs à cinq autres reprises. J’en ai laissé un à http://blogue.presentpourlequebec.org/2008/09/26/le-vote-eparpille-de-la-nation-quebecoise/#comment-1425
Publié par Sabine Allaire le 28 septembre 2008 à 17:51
Je m’adresse au Blogueur Québécois, comme M. André Bellavance l’écrit, pourquoi ne pas mettre des vidéos qui prouve ce que vous écrivez, si cela existe, après leurs textes, cela permettrait en plus de le lire mais surtout de le voir, cela aurait de l’impact.
Publié par BFX le 29 septembre 2008 à 20:00
Pas des liens vers les vidéos je parle, des vidéos directes sous les textes.
Le Blogueur Québécois Reply:
septembre 29th, 2008 at 20:39
Message reçu!
Il faut quand même noter que je n’écris que bien peu de texte ici, étant surtout… l’animateur.
Parfois j’anime, mais plus souvent, je «modère»…
Je transmets quand même votre suggestion à ceux qui sont davantage responsable du contenu de ce blogue.
Publié par BFX le 29 septembre 2008 à 20:02
Merci pour le billet 30 secondes contre A peur, et la vidéo entre le texte, j’espère que cela deviendra coutume. Votons en bloc pour le bloc!!!!
Publié par BFX le 30 septembre 2008 à 22:02
[petite précision, le mot "territoir" prend un E]
Publié par MCH le 13 octobre 2008 à 15:28