Se sortir la tête des sables bitumineux

Publié par Bernard Bigras le 16 décembre 2008 à 9:50

Si la situation économique occupe les devants de la scène en ces temps de crise, je demeure convaincu qu’il est essentiel, pour notre avenir à tous, de parler d’environnement et de trouver des solutions viables à des problèmes majeurs auxquels nous faisons face.

À l’occasion de la Conférence mondiale des Nations unies sur les changements climatiques, à Poznan, le ministre fédéral de l’environnement, Jim Prentice, a démontré une fois de plus l’incapacité des conservateurs à prendre en considération des avis pourtant consensuels dans les milieux scientifiques.

L’environnement et l’économie ne sont pas deux champs opposés, comme le prétend Stephen Harper pour défendre ses positions. Bien au contraire, une croissance économique durable passe par des pratiques environnementales durables, et les principaux défis du XXIe siècle consistent à définir une réglementation claire visant à contrer le réchauffement climatique.

En défendant une vision rétrograde qui protégera financièrement les riches industries pétrolières, le ministre Prentice, plutôt que d’inciter les entreprises à réduire leurs gaz à effet de serre, met de l’avant un programme qui récompensera les pollueurs. Cet entêtement idéologique n’a pas lieu d’être et place le Canada parmi les derniers sur la scène internationale en matière d’environnement.

Les Québécoises et les Québécois sont déconcertés par ces positions qui vont à l’encontre de leurs valeurs et de leurs intérêts. Sur quelle planète vivent donc les conservateurs pour nier ainsi des réalités qui affectent le monde entier?

Il serait temps pour eux de cesser de faire l’autruche et de se sortir enfin la tête des sables bitumineux.

Bernard Bigras
Député de Rosemont-La Petite-Patrie
Porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Environnement

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6 commentaires

  1. Dehors les dinosaures !

    Permettez-moi de faire un commentaire plus long que la norme le voudrait. L’enjeu est important.

    C’est avec désolation que nous apprenions récemment que le Canada s’était vu décerner le douteux honneur du Prix Fossile de la 14e Conférence internationale sur les changements climatiques qui se déroulait à Poznan. C’est l’obstruction du gouvernement canadien sur les éléments cruciaux de la négociation qui fut pointée du doigt pour justifier l’obtention de cette distinction négative remise par les groupes environnementaux. En fait, si par le passé le gouvernement Harper justifiait ses positions par sa volonté de mettre en œuvre un plan efficace et ambitieux, nous avons vite découvert que toutes ces belles paroles n’étaient que de la frime. Les vrais intérêts du gouvernement conservateur apparaissent de plus en plus et ils semblent porter le sceau des pétrolières de l’Ouest canadien.

    Cet épisode en est un - parmi tant d’autres - qui expose clairement les profondes différences entre les intérêts du Québec et ceux du Canada. En effet, si pour le Canada ce traité est un problème, pour les Québécois, il s’agit d’une solution. Chez nous, il y a bien longtemps que nous défendons avec acharnement l’application du Protocole de Kyoto. Or, chez les dirigeants fédéraux, les actions en ce sens se font beaucoup plus timides. En fait, l’application à la lettre du Protocole entraînerait une véritable réforme en faveur du principe du pollueur-payeur : les entreprises pétrolières, et particulièrement celles exploitants les sables bitumineux en Alberta, seraient tenues de faire leur part. Il n’est donc pas étonnant de voir le gouvernement Harper aussi frileux face aux récriminations environnementales qui font partie intégrante de l’entente.

    Pour le Québec, qui est à l’avant-garde au niveau de la protection de l’environnement, l’application du Protocole de Kyoto serait bénéfique. Il faut même admettre que cela permettrait au Québec de toucher des revenus intéressants. Kyoto pour nous, ce serait payant ! Il y a déjà plusieurs années, des gouvernements québécois ont fait le choix de l’avenir, de la sauvegarde de notre planète, ce qui nous aurait placés en tête de liste des pays verts sur la planète. Au Québec, les efforts à faire pour réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre (GES) seraient moins ardus. À titre comparatif, en territoire québécois, la production de GES par personne s’élève à 10,7 tonnes, tandis qu’en Alberta on en produit 69,5 tonnes! Autre comparaison de mise: entre 1990 et 2006, les émissions québécoises de GES ont diminué de 1,2 % comparativement à une augmentation de 36,6 % en Alberta et de 63,4 % en Saskatchewan pour la même période!

    Comme le Québec est à l’avant-garde sur le plan environnemental, il pourrait récolter des sommes considérables par des échanges de crédits de réduction des GES avec les provinces moins vertes. Il appert donc qu’en contexte de crise économique, les retombées de la ratification du Protocole de Kyoto donneraient un peu de souffle à l’économie québécoise et, à long terme, permettraient aux générations futures de respirer un peu mieux et de vivre sur une planète verte où il fait encore bon vivre.

    Jean-François Landry
    Président du Forum Jeunesse du Bloc Québécois

    Répondre à ce commentairePublié par Jean-François Landry le 16 décembre 2008 à 15:20

  2. Jean-François,

    vous êtes un jeune homme brillant avec de nobles idéaux. J’ai eu l’occasion de vous entendre lors d’un rassemblement à Sainte-Hyacynthe, ce fut une excellente allocution. Le mouvement souverainiste est riche et fort de sa relève. Lorsque vous affirmez que le Québec est à l’avant-garde sur le plan environnemental j’ai l’impression que vous confondez rêve et réalité. Le Québec dans lequel je vis se meurt à cause de la pollution dont il souffre tel un organisme vivant atteint d’une forme de cancer généralisé. Pendant que les citoyens perdent leur vie à la gagner, l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et les aliments que nous consommons sont progressivement mais sûrement empoisonnés. Je vis très près des éléments et depuis assez de lunes pour vous écrire cela en toute connaissance de cause. Le soi-disant développement durable c’est de la foutaise, de la poudre aux yeux des citoyens qui veulent tellement y croire…les gens en général sont si honnêtes et pleins de bonne volonté qu’ils ne peuvent ou ne veulent même pas imaginer que les représentants élus ne sont que des opportunistes qui sont d’abord et avant tout soucieux de leur carrière politique. Je veux être bien clair , je pense à Stephen Harper l’homme de main des sociétés mutinationales ainsi que John James Charest, la créature de Paul Desmarais, entre autres !…Ces vendeurs de courants-d’air sont très grassement payés pour dilapider notre patrimoine collectif afin d’enrichir toujours et encore plus les milliardaires fanatiques adorateurs du veau d’or.Le monde, notre planète bleue dévastée se meurt, sacrifiés sur l’autel de la sacro-sainte économie! Dormez, dormez braves citoyens, les glaciers fondent à vue d’oeuil et près de un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim et environ le tiers des animaux sont menacés d’extinction. C’est grâce à des rêveurs comme vous que notre monde tient encore debout, mais n’essayez pas de me faire accroire que monsanto n’est pas en train de mettre le monde entier sous sa botte car en faisant breveter le vivant ( aberration totale ), ils contrôleront toutes les populations de la planète, les végétaux et les animaux. Le processus est enclenché et nos ” bons gouvernements ” leur dégagent les pavés. Ce sont des criminels qui contrôlent les armées, la police, l’économie, les États, les multinationales, les médias, mais…de moins en moins le climat !! Et nous, les terroristes qui dénonçons l’ Aléna. ” passez-moi mon tambour!

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 16 décembre 2008 à 18:37

  3. Les Québécois auraient grandement besoin soit, d’un coups de pied dans …………… ou d’un très grand ”leader” de la communauté” artistique ” ou d’ailleurs pour réveiller ces ” faux” pacifiques que je décris comme des ” passifs” et non ”pacifiques”. De tous les côtés les catastrophes s’annoncent
    mais ces ”passifs” ne lèvent même pas le petit doigt pour faire leurs parts.
    L’égoĩsme fait loi
    La consommation ne se réduit aucunement
    La pollution augmente
    Nos cours d’eau sont asphyxiés
    Les maladies respiratoires sont en progression
    Même le recyclage n’augmente pas, le compostage ne se fait pas
    Légoĩsme fait toujours la loi
    Qui osera réveiller ces passifs avant la destruction totale de notre habitat???????

    Répondre à ce commentairePublié par nicole le 17 décembre 2008 à 8:48

  4. Ça prendrait trois planètes terre pour suffire à notre rythme de consommation. La vie est bébelle!

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 18 décembre 2008 à 8:46

  5. Monsieur Landry,

    C’est toujours très rafraîchissant de vous lire. On en redemande !

    Pierre Lamothe

    Répondre à ce commentairePublié par Pierre Lamothe le 20 décembre 2008 à 9:13

  6. Pour moi, il est clair comme l’eau d’un lac cristallin ou de source vive que le seul moyen de prendre le contrôle de nos ressources ainsi que de notre développement, passe par notre souveraineté. Pourquoi les fédéralistes nous accusent-ils de vouloir ” détruire” leur plusse beau pays?…Le Québec souverain ne permettrait pas la poursuite du saccage de son territoire, de toutes les richesses qu’il recèle. Les pillards, saboteurs planétaires se verraient résolument montrer la sortie!…Présentement, nous sommes des locataires dans notre propre pays, ce qui nous empêche de mettre un terme aux pratiques dévastatrices des sociétés multinationales qui ont libre cours grâce la pleine collaboration de leurs petits gérants de succursales en poste dans nos capitales. Il n’a jamais été question de détruire le Canada mais plutôt de nous réapproprier notre territoire pour être enfin en mesure de planifier son développement harmonieux. Notre quête de reconnaissance en tant que nation ne relève pas de la puérile gloriole mais de notre soif de justice de partage et de respect. Oui, touts ces attributs sont le propre de notre culture francophone d’amérique. Les gens de mon pays sont des gens de paix et d’harmonie. Les scélérats qui nous gouvernent actuellement essaient de nous convaincre que la liberté est un méfait alors qu’en réalité il s’agit du droit inaliénable des peuples. Saurons-nous un jour, être assez matures, courageux collectivement pour choisir notre liberté tout en décidant d’assumer notre propre développement dans toutes ses dimensions? Tant et aussi longtemps que des étrangers chaussés de leurs gros sabots, avec la complicité des carriéristes opportunistes de touts acabits, pourront s’installer chez nous et faire main-basse sur notre patrimoine collectif, nous assisterons impuissants à la destruction systématique de notre environnement. Notre milieu de vie ne doit pas devenir celui de notre dépérissement comme c’est le cas présentement en conséquence de pratiques économiques, industrielles criminelles. Il n’y a qu’un peuple solidaire, uni et souverain qui peut mettre en oeuvre, réaliser les changements aussi urgents qu’indispensables, si nous voulons vraiment que la vie continue de s’épanouir sur notre unique et magnifique planète bleue. Il appartient donc à chaque citoyen, peuple, nation de nettoyer l’intérieur de sa propre maison et le devant de sa porte pour que la terre retrouve sa magnificence .Parvenus à la croisée des chemins,nous avons le devoir d’agir et à mon avis, ce n’est qu’en tant que peuple souverain, maîtres chez nous…unis, solidaires que nous pourrons affronter les formidables défis qui s’annoncent en appliquant promptement les changements qui s’imposent. Si par malheur nous choisissions de garder le cap en naviguant à vue comme le font depuis trop longtemps les fricoteurs au gouvernail de l’État, nous devons prendre conscience que nous atteindrons très prochainement le point de non-retour, c’est-à-dire l’efondrement de tous les systèmes qui sont à la base de l’équilibre planétaire. Pour nous, ce serait le chaos, lequel pourrait mener à la disparition de notre espèce. Tout est encore possible…quoique le temps presse!…

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 20 décembre 2008 à 12:52

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