Le discours du Trône conservateur ne passera pas à l’histoire. C’est une version légère du discours de novembre, sans surprise, sans grande saveur, sauf un certain goût de déjà-vu qui empêche les Québécoises et les Québécois de voir dans les promesses vagues et les beaux mots de ce gouvernement autre chose que les déceptions qu’il ne cesse de nous servir.
Le budget contiendrait ainsi des mesures pour soutenir les secteurs en difficulté et les gens les plus vulnérables. Nous aimerions y croire. Pourtant, au-delà des phrases évasives et du « striptease » budgétaire auquel nous avons droit depuis plusieurs jours, aucune précision n’est apportée quant à la manière dont cette aide serait attribuée — et c’est exactement ce qui nous inquiète.
Nous connaissons le vrai visage des conservateurs, nous connaissons leurs politiques partisanes, leurs motivations idéologiques. Le masque qu’ils nous présentent aujourd’hui dissimule mal ce visage lorsqu’ils évoquent leur volonté de revenir avec les priorités — inacceptables pour le Québec — énoncées dans le discours du Trône précédent.
Ajoutons à cela le silence des conservateurs sur le dossier de la péréquation, qui représente plus d’un milliard de dollars pour la santé, l’éducation et les familles au Québec. Leur silence sur le projet de création d’une commission pancanadienne des valeurs mobilières, qu’ils refusent de mettre de côté. Leur silence sur Kyoto, au moment même où le président américain opère un changement de cap majeur en ce qui a trait à la lutte contre les changements climatiques. Leur silence sur les jeunes contrevenants, qui signifie qu’ils iront de l’avant avec leur volonté d’imposer une loi répressive. Et leur silence sur la culture, qui confirme leur refus de ramener les 45 millions de dollars en programmes de diffusion culturelle à l’étranger abolis l’année dernière.
En reprenant les grandes lignes du discours du Trône lu le 19 novembre dernier, les conservateurs vont à l’encontre des intérêts du Québec. Le budget de demain nous dira ce qu’il en est réellement et à quoi il faut nous attendre.


Il nous suffit de voir avec quel entêtement les réformistes-conservateurs s’obstinent à refuser de se porter à la défense du jeune canadien Omar Khadr en le sortant de Guantanamo dès lors que la nouvelle administration américaine cherche à relocaliser ses détenus pour fermer cette prison d’enfer. L’entêtement de ce gouvernement à procéder avec des baisses d’impôts qui ne contribueront pas à relancer l’économie d’une façon dynamique mais plutôt de façon anémique, son entêtement à vouloir procéder avec sa commission unique des valeurs mobilières basée à Toronto bien entendu…comme la bourse d’ailleurs! Près de trois milliards de dollars pour l’industrie manufacturière de l’Ontario, sept-cents millions pour le Québec, l’industrie forestière et les autres secteurs fragilisés par la crise.Il est vrai que l’Ontario a voté du bon bord et les conservateurs comptent terriblement sur ses votes pour des élections qui ne tarderont probablement pas. On nous bourre le mou avec le fort minable conseil de la fédération, quand vient le temps de parler gros sous…c’est chacun pour soi ! Trois milliards de moins sur deux ans dans la péréquation, un énorme manque à gagner pour le Québec en cette période extrêmement difficile. Tout va très bien madame la sacoche!
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 janvier 2009 à 23:56