Le ministre conservateur des Sciences et de la Technologie, Gary Goodyear, sous prétexte qu’il s’agissait d’une question religieuse et strictement personnelle, a refusé cette semaine de prendre position sur la théorie darwinienne de l’évolution, ouvrant ainsi la porte aux suppositions sur son adhésion au dogme créationniste.
Depuis, le ministre conservateur marche sur des œufs, il contourne maladroitement la question et en appelle confusément aux espadrilles et aux talons hauts pour nous convaincre de sa croyance en l’évolution.
L’évolution du vivant est un fait. Y croire ou non n’est pas une option, M. Goodyear. Quant aux lois et principes énoncés par Charles Darwin sur l’évolution des espèces, ils constituent effectivement une théorie et, à ce titre, personne ne peut vous forcer à y souscrire. Permettez-moi toutefois, lectrices et lecteurs assidus de ce blogue, de déplorer que le plus haut responsable en matière de sciences et de technologies, l’homme appelé à gérer les budgets en recherche scientifique, ne sache pas reconnaître le fondement de la biologie moderne. Si chacun a droit à ses croyances religieuses, les élus doivent éviter de confondre culture scientifique et culture religieuse.
À l’instar du ministre James Moore qui affiche de piètres connaissances en matière de culture, le ministre Gary Goodyear fait montre d’un inquiétant obscurantisme devant les réalités scientifiques d’aujourd’hui. Un obscurantisme qui concorde malheureusement bien avec les positions rétrogrades du gouvernement Harper sur le réchauffement climatique ainsi qu’avec son intention de couper les vivres aux chercheurs si leurs travaux ne sont pas liés aux affaires. Un obscurantisme qui va à contresens de ce qu’on observe aux États-Unis, où l’administration Obama débloque des fonds pour redonner à la recherche scientifique l’élan perdu sous l’ère Bush. Un obscurantisme idéologique qui me hérisse les cheveux.
Gary Goodyear est-il à sa place comme ministre des Sciences et de la Technologie? Devrait-il, comme le réclament des groupes de scientifiques, être démis de ses fonctions? Qu’en pensez-vous?
Robert Vincent
Porte-parole du Bloc Québécois en matière de sciences et de technologies
Député de Shefford






Je pense que la principale raison qui devrait exclure le ministre Goodyear de ses fonctions est qu’il n’assume pas ses convictions. S’il croit aussi fragilement à l’évolution des espèces telle que postulée par Darwin qu’à la réalité chrétienne telle qu’enseignée par le clergé, au point de changer d’opinion à la moindre objection, il ne mérite pas son statut de représentant. Il lui aurait été beaucoup plus profitable d’afficher un minimum de curiosité intellectuelle face au sujet, quitte à prétexter son devoir de réserve par respect face aux choix philosophiques divergents des citoyens.
La question, du reste, était un piège. On ne « croit » pas en une théorie, on l’accepte ou on la rejette. Croire, c’est mou, en science comme en religion, ça ne donne pas une base solide à l’élaboration d’une réflexion plus poussée, selon moi…
Répondre à ce commentairePublié par Claude Lefebvre le 21 mars 2009 à 7:58
L’origine des espèces , dont nous sommes à mon humble avis les descendants est le phénomène qui relève de l’évolution biologique. Les travaux de Darwin sont bien documentés, ils sont basés sur la sélection naturelle qui se fait.
Ceux qui croient au Créationisme qui, d’ailleurs a été inventé par l’homme et non par Dieu, devraien regarder un peu plus les liens naturels entre l’homme et le règne animal.
On peut d’ailleurs croire à l’évolution de l’espèce et s’associer à Darwin tout comme marcher et mâcher de la gomme en même temps.
Quant à l’évolution du député conservateur , elle est primitive et relève des temps anciens
Répondre à ce commentairePublié par nicole le 21 mars 2009 à 8:24
Moi, je ne suis sûr de rien en ce domaine. Et je souhaite chaque jour que les tenants de toutes les opinions imaginables se concentrent sur la recherche de la vérité plutôt que sur la défense des acquis bien fragiles d’une époque, qui n’est que le moyen-âge de la suivante. Si tant de questions demandent réponses par la science, celle-ci ne doit négliger aucune avenue, pas même celles qui semblent ridicules au premier abord.
De nombreux grands « savants » n’ont pas osé exclure « Dieu » de leur conception de l’univers, même après avoir passé leur vie à y réfléchir. Cela n’en faisait pas des créationnistes pour autant, mais je pense que si ces sommités avaient cette incertitude face à l’origine de l’univers (et incidemment de la vie), il me semble que m. tout-le-monde ne devrait pas aussi facilement dénigrer les croyances des autres sans approfondir un tantinet leur connaissance du sujet.
Ainsi, même si d’éminents biologiste actuels sont en mesure de démontrer et d’expliquer partiellement les processus cellulaires et « évolutifs », il n’en reste que fondamentalement on ignore toujours le processus à l’origine de l’univers (et incidemment de la vie). La théorie quantique s’enfonce dans la multiplication des dimensions sans parvenir à expliquer des phénomènes comme la gravité, on cherche toujours une théorie « unificatrice » des champs, mais m. tout-le-monde sait déjà comment ça fonctionne!
Personne ne peut savoir si Dieu existe ou pas, c’est d’ailleurs une notion philosophique enseignée très tôt aux études supérieures, c’est pourquoi ce domaine est confiné aux « croyances », à un degré plus fort aux « convictions ». Quand on aura découvert ce que constitue la « matière sombre » (dark matter), quand on aura réussi à expliquer, à observer et à reproduire des processus aussi complexes et insaissables que la force gravitationnelle à l’échelle des quantas, quand on pourra insuffler la vie à de la matière inerte sans que cela ne soit le fruit du hasard, alors seulement m. tout-le-monde pourra se gausser des créationnistes sans risquer lui-même d’exposer son ignorance de l’univers qui l’entoure et le constitue.
Adopter un point de vue sans en chercher l’origine et sans en connaître les failles est aussi risqué pour un évolutionniste que pour un créationniste. Je pense que la position sur un sujet n’importe pas autant que notre capacité à reconnaître la vérité quand elle se pointe. C’est pourquoi le ministre Goodyear aurait pu simplement défendre son ignorance des processus fondamentaux à l’origine de l’univers et de la vie, et quand même admettre la force probante de la théorie de Darwin, sans que cela ne remette en question ses convictions que Dieu pourrait bien exister, même si ce n’est pas de la façon qui a été enseignée depuis des siècles.
Répondre à ce commentairePublié par Claude Lefebvre le 21 mars 2009 à 9:19
S’il est vrai que les créationistes croient que le Monde a commencé il y a 10,000 ans, ils se trompent carrément. Il est prouvé sans aucun doute que la terre est vieille de plusieurs milliards d’années.
Quant à l’origine de tout celà, j’ai de la difficulté avec la théorie du Big BAng suivi d’évolutions heureuses, dues au pur hasard, pour en arriver à l’Homme….
Trouvez-moi une meilleure explication…
Mr Goodyear devrait se taire quand il se sait pas quoi dire….
Répondre à ce commentairePublié par Garamond le 21 mars 2009 à 21:23
Je pense qu’un concept a déjà été inventé pour joindre les deux visions, pour en faire une « évolution avec intervention divine »: je pense que ça s’appelle le « dirigisme ». Je peux me tromper…
Répondre à ce commentairePublié par Claude Lefebvre le 22 mars 2009 à 12:17
Tout est » énergie » . Créatrice au coeur même de la tourmente chaotique. Tout est énergie. Toute chose a son contraire et les deux ne s’opposent que dans la mesure où l’Un n’est pas réalisé en Soi.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 22 mars 2009 à 12:41
Ce ne sont pas nos mots ni nos phrases qui « décident » de la nature de l’univers, ni de son origine. On essaie de décrire ce qu’on perçoit, mais parfois il est préférable de se contenter d’observer sans chercher à expliquer avec des mots. Que penseront les gens dans 200 ans de notre science et notre « civilisation »?
Énergie, dualité, etc. Des mots qui décrivent des observations bien incomplètes! Comment réduire l’univers et la vie à une description textuelle et mathématique sans y mettre l’éternité?
Il est d’ailleurs impossible (et il le sera toujours) de modéliser parfaitement l’univers qui nous entoure, puisque le moyen utilisé pour « modéliser » est un sous-ensemble de l’univers, que ce soit notre cerveau ou un super-ordinateur. Un sous-ensemble ne peut contenir l’ensemble auquel il appartient! Ce qui fait que tous les modèles qu’on pourrait se faire de notre univers seront toujours imparfaits, intemporels et incomplets. Inutile de rêver en couleurs, la science n’arrivera jamais à prouver l’existence ou la non-existence de Dieu. Et ceux qui se réjouissent de la disparition de la foi devraient plutôt se demander par quoi ils la remplacent maintenant!
Nombreux sont les athées qui crachent au visage des croyants en réduisant leur Dieu à une caricature, mais qui changent leur fusil d’épaule et supplient Dieu et tous les saints à genoux dès que la tempête menace leur solitude. Cette attitude est tout aussi méprisable que la bigoterie.
La constitution canadienne se lit, en première ligne:
« Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit »
Il est encore tôt pour que quelques individus puissent décider du sort et des croyances de la majorité, n’est-ce pas?
Publié par Claude Lefebvre le 22 mars 2009 à 14:08
Il est écrit: » Je suis l’Alpha et l’Oméga « .
Publié par Daniel Charette le 22 mars 2009 à 17:12
Création et évolution constituent les deux faces d’une seule et même médaille. Si Dieu existe…il est Amour! Le temps et l’espace sont deux concepts relatifs à la vitesse. Nous sommes sur le point d’expérimenter certains phénomènes qui modifieront totalement nos perceptions quant à notre monde. Cela arrive déjà en ce moment même et sera de plus en plus connu, observé…mais peut-être pas compris!
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 22 mars 2009 à 0:35
Pour le remplacer par qui? Les conservateurs sont des dogmatiques. Ils sont tellement insécurs qu’ils se cramponnent à leurs idéologies comme le fait un prisonnier derrière les barreaux de sa cellule. Ils affirment une chose sans broncher et quand ils se rendent comptent de leur erreur ils persistent dans leur méprise, s’y enfonçant de plus en plus. Ils sont pathétiques.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 22 mars 2009 à 0:56
@ Daniel Charette: Goodyear a parlé en son nom. Je ne jugerais l’ensemble des membres du Parti par ses élucubrations à lui.
Je crains que bien peu de gens peuvent expliquer en peu de mots la différence entre les deux théories…
Répondre à ce commentairePublié par Garamond le 22 mars 2009 à 7:43
@Garamond
Au pays des sépulcres blanchis!…Ça fait des années que je vois aller le » Reform Party » , lequel n’allant strictement nulle part à cause de sa nauséabonde idéologie de droite radicale dogmatique. Ils ont toutefois réussi à revêtir le costume conservateur pour parvenir, grâce au pouvoir de l’argent du pétrole sale, à se hisser au pouvoir par défaut, dans la tourmente du scandale des commandites. La ommission d’enquête ayant clairement démontré les agissements criminels de la belle famille libérale. Je constate depuis des années la dérive idéologique obscurantiste des réformistes-conservateurs du secret. Généralement, le secret cache quelque chose, dans leur cas il ne cache que le néant, le vide de contenu qui caractérise la culture réformiste mal déguisée, maquillée en conservatisme. Ces gens sont dangeureux, aussi potentiellement dangeureux que les républicains du sinistre Bush. Ils sont aussi faussaires que les libéraux. Ça crève les yeux…même ceux d’un non-voyant tellement c’est évident. Ce sont des fossiles, des résidus de sacristie, mangeux de ballustres, reliquats d’une époque révolue nommée » grande noirceur « . Pour ce qui est des différences entre les deux théories, chacune d’entre elles pourrait certainement faire l’objet de thèses volumineuses sans jamais épuiser pour autant le sujet, mis à part son doctorant auteur. Je voulais simplement suggérer que nous ne devons pas opposer les deux parce qu’elles peuvent s’éclairer mutuellement. Pourquoi chercher à mettre en opposition deux » opposés » qui se complètent tels deux pôles d’une seule et même pile, les deux rives d’un seul et unique grand fleuve tranquille. Pourquoi opposer homme et femme lorsque les deux réunis dans l’accomplissement d’un geste créateur, permettent l’évolution de notre espèce.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 22 mars 2009 à 12:29
Correction: J’ai omis les deux derniers points d’interrogation.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 22 mars 2009 à 12:34
Pour aller dans la même direction que ce conservateur , leur chef veut encore abolir le registre des armes à feu. Autre dogme conservateur , autre idéologie Se promener avec un arme à feu. Le québec est totalement contre l’abolition du registre des armes à feu .D’ailleurs un des leurs devaient être honoré et recevoir un pistolet ou fusil en guise de récompense . Voilà ce qu’ils sont ces conservateurs. J’ai bien hâte de voir comment va réagir Ignatieff face à l’abolition du registre réclamé encore aujourd’hui par Harper lui-même. Il sera face à un dilemme au québec qu’il veut courtiser et je crois que Harper veut mettre Ignatieff dans l’embarras en redemandant cette abolition.
Le Bloc a toujours été cohérent et le sera toujours . Voyons M. Ignatieff que direz-vous?
Répondre à ce commentairePublié par nicole le 22 mars 2009 à 14:27
Une preuve de plus que M. Goodyear ne devrait pas avoir ce portefeuille! Espérons que le prochain à ce poste possède une formation scientifque plus poussée, qu’il soit libéral ou néo-démocrate, car je ne crois pas qu’on puisse espérer mieux avec les Conservateurs. Et surtout, quelles sont les positions du Bloc à l’égard de la gestion de la science et des technologies?
La seule chose dont j’ai la certitude c’est que le Bloc assume ses positions et que la science pourra fournir des ressources intellectuelles dont un Québec souverain aura besoin.
Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 22 mars 2009 à 18:40
Désolé, M. Vincent, mais l’évolution n’est pas « un fait », ni « le fondement de la biologie moderne ». Il faut être bien naïf ou bien mal informé pour soutenir de telles idées. Plusieurs aspects de la théorie de l’évolution sont remis en question par des membres éminents de la communauté scientifique. Et cette remise en question n’est pas fondée sur des vues religieuses, comme on veut bien nous le faire croire, mais sur les défis posés à l’évolution par les nouvelles données de la biochimie et de la génétique. Il suffit de quelques lectures sur le sujet pour se rendre compte que les choses ne sont pas aussi simples. Pour que l’évolution soit « un fait », il faudrait démontrer empiriquement qu’elle a eu lieu. Cette preuve n’a jamais été faite. Toute cette histoire de chasse aux créationnistes me fait penser à l’Inquisition, sauf qu’à présent vous devez confesser l’évolution ou vous vous retrouvez au pilori. Dérisoire !
Petite question : Avez-vous lu un seul livre consacré à la critique du darwinisme d’un point de vue scientifique ? Si votre réponse est « aucun », vous n’êtes tout simplement pas qualifié pour en parler. Vous pouvez croire ce que vous voulez, mais vous n’êtes pas autorisé à imposer votre opinion à quiconque.
Répondre à ce commentairePublié par Denis Grenier le 25 mars 2009 à 8:18
@Denis Grenier
» Nous évoluerons ou nous disparaîtrons en tant qu’espèce! « . Avez-vous entendu parler de Teilhard de Chardin? Sommité mondiale, géologue, paléontologue, philosophe ostracisé par ses pairs pour avoir épousé la théorie darwinienne. Les inconditionnels de la thèse créationiste fondée sur une interprétation aussi simpliste que réductrice du livre de La Genèse, défini comme fondement irrécusable de l’origine de la vie. Je me suis intéressé de près à cette polémique séculaire. Darwin était un génie, Teilhard de Chardin un Jésuite, sommité scientifique reconnu mondialement, chercheur inlassable des origines de la vie. Ces deux géants de la vision évolutioniste ont effectivement été contestés férocement par leurs pairs respectifs, parfois même avec une hargne et une méchanceté digne d’une forme d’obscurantisme n’ayant rien à envier à la sombre inquisition. La curie romaine a condamné ce cher Teilhard à l’exil. Il a frôlé l’excommunion, interdit de publier et n’a quitté le lieu de son » enfermement » qu’après son décès. Son enterrement dans un cimetière jésuite de New-York en 1955, ressemblait à celui de Mozart…un autre génie méconnu voire méprisé. Les obscurantistes qui s’opposent systématiquement à la théorie de l’évolution ne sont que des pigmés intellectuels, des nains à côté de ces géants de la pensée scientifique. Ceux qui ont conspué la théorie de Darwin ont pour la plupart utilisé des arguments fallacieux dont le seul et unique but n’était pas d’apporter un éclairage nouveau mais plutôt de disqualifier Darwin tout en le reléguant au banc de la communauté scientifique.
L’évolution, la sélection naturelle sont des phénomène réels, observables et scientifiquement documentés. À mon sens, la vérité, la certitude absolue n’existent pas. Les scientifiques proposent des hypothèses, tentent de les démontrer et de les développer au fil de leurs patientes recherches. Les percées scientifiques remettent heureusement et inévitablement en question les mythes et croyances. Paradoxalement, celles et ceux qui questionnent, critiquent les nouvelles théories, contribuent à leur validation.
Tout ce processus est parfait dans la mesure où nous sommes capables de garder l’esprit ouvert tout en respectant le niveau d’évolution des différents intervenants. Nul ne possède la vérité sur la voie de la complexification-conscience.
Pour ce qui est du ministre, il est grandement souhaitable et préférable que celui qui est responsable de la science et de la technologie soit capable d’une très grande ouverture d’esprit et qu’il mette de côté toute forme de dogmatisme réducteur. D’autant plus que nous entrons de plein pied dans une ère où la recherche fondamentale, les budgets qui lui seront attribués, pourraient avoir des implications majeures sur le traitement de problèmes relatifs au climat, à la santé, le développement de nouvelles technologies, indispensable et urgent pour relever les défis planétaires actuels.
Nous avons absolument besoin de cette ouverture et de ce sentiment d’urgence de procéder aux indispensables changements.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 25 mars 2009 à 12:28
@Daniel Charette
J’avoue ne pas connaître très bien l’itinéraire de Teilhard de Chardin. Merci de m’en donner un avant-goût.
Selon vous « l’évolution, la sélection naturelle sont des phénomènes réels, observables et scientifiquement documentés ». Bien entendu, tant que les termes utilisés ne sont pas définis, il serait bien difficile de vous contredire. L’évolution est un grand récit qui veut expliquer l’origine du vivant, et des espèces en particulier, en présument qu’elles se sont développées à partir d’ancêtres communs. La sélection naturelle se réfère au mécanisme de l’évolution qui permet à une espèce de se transformer pour en devenir une autre au fil des générations et de beaucoup de temps. Ce mécanisme était responsable, croyait Darwin, de l’émergence des variétés de pinsons qu’il avait observés sur les îles Galapagos. On peut dire aujourd’hui que ces variations, que l’on peut attribuer à la sélection naturelle ou à un autre mécanisme, sont bien documentées. Mais il s’agit-là de variations mineures, à l’intérieure d’une même espèce, ce qui est appelé « micro-évolution ». Ces variation ne franchissent pas la « barrière des espèces » bien connue des biologistes. La grande histoire, celle de l’évolution, ou « macro-évolution », n’a jamais été observée (c’est impossible) ni démontrée. Par exemple, aucun biologiste n’a pu donner une description crédible de la transformation d’un lézard en un oiseau, comme le veut la théorie. On est réduit à y croire ou ne pas y croire, ce qui est bien loin des paramètres des sciences « dures ». En ce sens, harceler un ministre pour le forcer à « confesser sa foi dans l’évolution » est dérisoire.
Sans doute l’Église a-t-elle été injuste avec un Teilhard de Chardin, mais actuellement ce sont les zélateurs de Darwin qui se comportent en obscurantistes. Faudra-t-il soumettre le ministre Goodyear au détecteur de mensonge pour savoir s’il dit la vérité ? Qui sait ? Sa confession évolutionniste n’était peut-être pas sincère ?
Répondre à ce commentairePublié par Denis Grenier le 25 mars 2009 à 13:42
Rendons à César ce qui est à César…La question était: » Gary Goodyear est-il à sa place comme ministre de la science et des technologies? « . Ce que Gary Goodyear croit en son âme et conscience lui appartient, personne n’a le droit de questionner cela. Cependant, touts ses commettants ne partagent pas nécessairement les mêmes convictions que le ministre. Alors, nous nous demandons si les croyances du ministre risquent d’entrer directement en conflit avec une approche strictement scientifique pour des problématiques qui ne concernent que la science et la technologie. Nous pensons qu’à ce chapitre, il pourrait s’avérer extrêmement néfaste pour la collectivité de mélanger les genres. En fait, dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons absolument pas nous permettre de confondre croyances et sciences. Il en ve de notre survie.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 25 mars 2009 à 19:54
Nous sommes bien d’accord sur ce point. Si nous ne confondons pas sciences et croyances, je ne vois aucune raison de nous inquiéter. Rien n’indique que Gary Goodyear ne sait pas faire la part des choses.
Note : La question des croyances n’est pas réservée aux convictions religieuses d’un individu. L’idéologie est aussi pénétrée de croyances.
Répondre à ce commentairePublié par Denis Grenier le 25 mars 2009 à 21:05
J’avoue que je n’ai pas confiance. Mes valeurs sont tellement aux antipodes de celles des réformistes-conservateurs. Même Joe Clark ne reconnaît toujours pas ce parti qui désinvestit dans la diplomatie pour augmenter d’autant le budget de l’armée. Moins de dialogue, moins d’humanitaire, plus de guerres?… Personnellement, j’abhorre ce gouvernement rétrograde, il me donne des boutons. Le fédéral n’est même pas capable de gérer ses propres affaires et il se permet d’empiéter sur les compétences exclusives du Québec. On prône un fédéralisme d’ouverture mais dans les faits, toujours les mêmes affronts envers le Québec. Commission des valeurs mobilières, diminution de la péréquation…quelques milliards, refuse de payer ses dettes envers le Québec…quelques milliards, bourses universitaires à condition qu’on priorise l’économie, on coupe dans la culture…là où ça fait particulièrement mal pour le Québec, on abolit près de 400 postes à la société Radio-Canada en français, on refuse de céder quelques bouts de terrain sur la colline parlementaire de Québec, on travestit le sens de la célébration de notre quatre-centième anniversaire et quoi encore…on veut nous faire célébrer nos défaites dans l’allégresse totale! Je vous épargne tout le reste. En ce qui me concerne, il n’y a jamais eu de doute, depuis quatre décennies, je n’ai qu’un seul et unique pays et je suis loin d’être fatigué, mon pays c’est le Québec pour la vie!
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 26 mars 2009 à 0:14
@Daniel Charette
Vous avez d’excellentes raisons de ne pas vous reconnaître dans ce gouvernement. Je ne m’y reconnais pas non plus. Mais j’avoue que la politique fédérale ne nous offre pas beaucoup de choix. Si je ne veux pas élire un gouvernement conservateur, dois-je donner mon vote au parti libéral ? Beaucoup de Québécois croient échapper au dilemme en votant pour le Bloc. On trouve ainsi le moyen de voter pour le Québec aux élections canadiennes. Brillant ! La politique fédérale se retrouve dans une impasse, qui favorise l’élection d’un gouvernement minoritaire et conservateur (dans le contexte actuel). Je ne vois pas comment on pourra dénouer cette impasse sans s’interroger, comme Québécois, sur notre implication et notre responsabilité lorsqu’il s’agit d’élire un gouvernement fédéral. On peut bien rêver d’un autre pays, mais, dans l’immédiat, c’est celui-là que nous avons.
Répondre à ce commentairePublié par Denis Grenier le 26 mars 2009 à 8:03
Pour moi, le bloc c’est le coin dans la buche. Je sais qu’à force de frapper sans cesse il s’enfoncera jusqu’à faire éclater ce fédéralisme monolithique. Ensuite, nous traiterons enfin d’égal à égal avec nos partenaires, dans le respect, comme il se doit!
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 26 mars 2009 à 21:02
En lisant la somme des commentaires, je réalise combien la démarche scientique reste imcomprise pour la majorité des gens. D’abord, je désirerais clarifier le sens du mot théorie en sciences car il diffère de celui qu’on lui accorde dans le quotidien. Théorie, tel qu’on l’entend habituellement, se nommme « hypothèse » en science. Quant à l’expression « théorie scientifique », elle réfère à une hypothèse qui a été confirmée par de nombreuses expériences ou observations scientifiques et qui a fait l’objet de publications scientifiques. Il est donc faux de dire que l’on peut croire ou ne pas croire en une théorie scientifique.
La théorie de l’évolution de Darwin correspond à cette description. Et s’il est vrai qu’il reste quelques incertitudes à son sujet, ce n’est pas dans l’existence de l’évolution elle-même mais dans les détails de son déroulement. Car s’il est vrai que que le passage d’une espèce à une autre reste parfois obscur, il advient régulièrement que l’on découvre de nouvelles espèces, sous forme de squelettes ou de fossiles, qui viennent combler ces lacunes qui persistent encore et renforcent ainsi la théorie de l’évolution comme autant de preuves supplémentaires.
Quant aux nouvelles découvertes liées à la comparaison moléculaire en générale et génétique en particulier, si elles remettent parfois en cause la classification des espèces, elles ne remettent nullement en cause la théorie de l’évolution. En effet, la classification traditionnelle, depuis Linné qui en a jeté les bases, a été principalement basée sur les analogies, ou ressemblances, entre les espèces. Hors, les ressemblances sont souvent fortuites et résultent à la fois du hasard et de l’adaptation aux conditions environnantes. Ainsi, les comparaisons d’ADN, de protéines et d’autres molécules contribuent de façon extraordianire à l’accroissement de notre compréhension de l’évolution.
Quant au fait que le ministre Goodyear ne croit pas en la théorie de l’évolution, elle démontre son incompréhension de ce qu’est la science et, à ce titre, je ne peux que m’interroger sur sa compétence à défendre la recherche de connaissance : il n’y a qu’à voir comment son gouvernement a pu décider que la recherche en économie avait une valeur supérieure à la recherche en histoire ou en psychologie, par exemple.
De plus, en tant qu’enseignante, son attitude me heurte violemment dans l’exercice de mon travail. Tout pédagogue, psychologue et neurologue vous dira qu’un des obstacles majeurs au transfert de connaissance est la présence de croyances erronées chez un étudiant. Ainsi, avant même que de pouvoir construire sur les acquis de l’étudiant, l’enseignant doit dépister et déconstruire les connaissances fautives préalables des étudiants, une tâche non seulement ardue mais délicate. En refusant d’admettre la théorie de l’évolution, une thérie maintes et maintes fois démontrée par les faits, le ministre Goodyear nuit de honteuse façon à la transmission de connaissances scientifiques. Ne serait-ce que pour cela, en tant qu’enseignante, je ne puis que réclamer sa démission. Après tout, il ne s’agit pas d’un commis, d’un homme d’affaire ou d’un garçon de café : il est LE ministre des sciences et des technologies.
Je tiens à préciser que ma position n’a rien à voir avec le fait que monsieur le ministre Goodyear soit croyant, avoir foi en l’existence de Dieu n’étant pas incompatible avec l’acceptation de la théorie de l’évolution comme semble le croire M. Goodyear. Le Vatican n’a-t-il pas reconnu la théorie de l’évolution? En se cachant derrière sa foi, le ministre Goodyear ne fait que démontrer son manque affligeant de culture scientifique.
Annie-Claude Bossé, professeure au collégiale.
Répondre à ce commentairePublié par Annie-Claude Bossé le 1er avril 2009 à 10:18
@ Annie-Claude Bossé
Il est très difficile de discuter d’une question avec une personne qui adopte une attitude dogmatique et qui affirme qu’une proposition d’explication naturaliste sur l’origine du vivant comme celle de Charles Darwin est un « fait scientifique ». Vous dites vous-même qu’une théorie scientifique est une hypothèse qui a été confirmée par de nombreuses expériences ou observations scientifiques. Or, quand au juste l’hypothèse de Darwin a-t-elle été confirmée par cette série d’expériences, comme l’exige la démarche scientifique?
Pour ma part, plutôt que de m’en tenir à l’opinion dominante, j’ai préféré faire mes classes en acceptant d’entendre ce que des scientifiques pouvaient bien avoir à reprocher à l’évolutionnisme. Je vous recommande l’ouvrage de Michael DENTON, Évolution une théorie en crise, publié chez Flammarion. Ce petit livre expose admirablement les objections d’un scientifique et généticien à la théorie. On dit qu’une théorie est proprement scientifique lorsqu’elle est «falsifiable» (c’est-à-dire lorsqu’on peut démontrer qu’elle est erronée). Il me semble que le dogmatisme de certains scientifiques à l’égard de l’évolution et leur refus qu’elle soit critiquée est une attitude suspecte. Y aurait-il de l’idéologie sous le tapis?
Le Vatican a affirmé que l’évolution n’était pas incompatible avec la foi. Il s’agit, en l’occurrence, d’une évolution programmée et guidée par une Intelligence toute puissante. Accepteriez-vous une pareille profession de foi du ministre Goodyear?
Répondre à ce commentairePublié par Denis Grenier le 4 avril 2009 à 20:27
J’ignorais que des étudiants du collégial pouvaient être influencés par la politique fédérale au point de rendre une simple « déconstruction de leurs croyances fautives » ardue! J’ai du mal à saisir ce passage concernant le « transfert de connaissances » dans le texte de mme Bossé. En quoi un Ministre des sciences et des technologies pourrait-il rendre le « transfert des connaissances » entre un enseignant et ses élèves plus facile? Avec une loi spéciale?
Répondre à ce commentairePublié par Claude Lefebvre le 4 avril 2009 à 23:18