Tout ce que le nouveau chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, propose aux Québécois, c’est une nouvelle illusion. Il suffit de prendre connaissance des propos tenus par le chef libéral pour réaliser qu’il se situe dans la vieille lignée libérale des Trudeau, Chrétien, Martin et Dion.
Comme gage d’ouverture, Michael Ignatieff affirme que les Québécois peuvent choisir d’être Québécois ou Canadiens, dans l’ordre qu’ils désirent. Vous pouvez bien être ce que vous voulez, nous dit-il, mais les politiques libérales, elles, seront canadiennes, point à la ligne.
Une politique du dédain
Le chef libéral se targue d’avoir reconnu la nation québécoise, mais c’est pour affirmer aussitôt qu’il n’y aura aucune nouvelle concession faite au Québec. La porte du magasin général est fermée, comme aimait à le dire Jean Chrétien. Reconnaître la nation québécoise, oui, mais tant que ça ne veut rien dire. Comme s’il suffisait de reconnaître l’existence de la nation québécoise pour ensuite piétiner toutes nos différences et tous nos choix. Il y là une sorte de dédain aristocratique qui nous rappelle les coups de force contre le Québec des années 1970 et 1980.
Les libéraux, y compris M. Ignatieff lui-même, ont réitéré à plusieurs reprises leur hostilité envers la loi 101. En 1995, M. Ignatieff écrivait ceci :
« […] le Québec est un cas classique d’État ethnique en formation. Aussi longtemps qu’il demeurera à l’intérieur du Canada, sa politique linguistique peut être limitée et, dans certains cas, contrecarrée […]. Si le Québec devenait souverain, les individus perdraient cette possibilité de recours et la voie serait ouverte à la tyrannie ethnique majoritaire. »
De même, les libéraux refusent d’accorder au Québec sa souveraineté culturelle et ils continuent de vouloir imposer l’idéologie canadienne du multiculturalisme au Québec.
Plus ça change…
Loin de se distancier des vieilles politiques libérales, Michael Ignatieff en remet, dans une fuite en avant qui annonce de nouvelles chicanes. Le chef libéral ne propose rien de moins qu’un gouvernement fédéral qui établira des « priorités nationales » en éducation, pour l’apprentissage, la formation et la petite enfance, quatre domaines de compétence du Québec.
Il veut aussi qu’Ottawa se mêle du transport de l’électricité, ce que même Jean Chrétien n’avait jamais osé faire. M. Ignatieff a aussi appuyé la volonté des conservateurs de créer une agence fédérale des valeurs mobilières, ce qui aurait pour effet de dépouiller Montréal au profit de Toronto. Il y a là comme un rappel de ce que les libéraux ont fait à Montréal en matière de transport aérien.
Déjà entendu
On s’attend certes à ce que les libéraux soient moins idéologiques que les conservateurs, mais, en fait, ils ne proposent que de remplacer une idéologie par une autre. Par exemple, Michael Ignatieff propose de rétablir les fonds pour le rayonnement international de la culture, mais pour « promouvoir les valeurs canadiennes ». Nous avons déjà entendu un tel discours qui soumet la culture à l’idéologie libérale du nation building et c’était sous Jean Chrétien.
En matière de politique étrangère, si le ton est différent, il n’en demeure pas moins que Michael Ignatieff a écrit de nombreux textes qui commençaient par « Nous, les Américains… » Comme Stephen Harper, il était favorable à la guerre en Irak, il a cautionné l’usage de la torture et il a appuyé la prolongation de la mission militaire canadienne en Afghanistan.
Tant pis pour le Québec!
Quant aux intérêts du Québec, lorsqu’ils sont confrontés à ceux du Canada, ils passent dans la trappe. Prenons l’exemple de l’énergie. Le Québec doit de toute urgence réduire sa dépendance au pétrole. Or, depuis 15 ans, aucun gouvernement canadien n’a agi pour réduire cette dépendance. Ni le gouvernement Chrétien, ni celui de Paul Martin, ni le gouvernement Harper. Michael Ignatieff, lui, poursuit dans la même veine en faisant l’éloge de l’industrie des sables bitumineux. Il va même plus loin, en faisant une affaire d’unité canadienne! Voilà qui démontre simplement que peu importe le chef, peu importe le parti, le Canada est devenu un État pétrolier et le Québec doit en subir les conséquences.
Un sérieux manque de crédibilité
Confrontés à la crise, nous entendons maintenant Michael Ignatieff affirmer qu’il est urgent de bonifier le régime d’assurance-emploi. Évidemment, c’est surprenant de la part des libéraux, eux qui ont fixé les règles actuelles et pillé 50 milliards de dollars dans la caisse. Mais la véritable question, c’est : pourquoi cela a-t-il pris quatre mois au chef libéral pour soudainement ouvrir les yeux? L’accord de la coalition prévoyait déjà de bonifier l’assurance-emploi, mais M. Ignatieff l’a démantelée. Au moment du budget, nous savions déjà que le taux de chômage allait bondir, mais M. Ignatieff a choisi de voter avec le gouvernement Harper, laissant tomber les chômeuses et les chômeurs.
Vous me pardonnerez d’être sceptique devant les promesses libérales. En 2000, déjà, les libéraux avaient promis de tels changements qui ne sont jamais venus. En 1993, peu avant les élections, Jean Chrétien avait promis « un changement de cap » qui s’est ensuite transformé en démantèlement du programme d’assurance-chômage. Depuis 2007, malgré leurs hauts cris, les libéraux ont toujours soutenu le gouvernement Harper, sous Stéphane Dion comme sous Michael Ignatieff.
La nouvelle illusion libérale
L’appel au changement de Stephen Harper en 2006, son fédéralisme d’ouverture, se sont avérés une illusion. L’appel au changement de Michael Ignatieff, pour le Québec, n’est qu’une illusion de plus. Nous avons démontré aux dernières élections que pour battre les conservateurs, il n’y a rien de mieux qu’un vote pour le Bloc Québécois. De même, pour éviter une autre déception, pour éviter de succomber à la nouvelle illusion libérale, le Québec peut compter sur le seul parti fédéral québécois, le seul pour qui c’est le Québec d’abord : le Bloc Québécois.
Le désir de changement est un sentiment noble et nécessaire en démocratie, mais, pour le Québec, le changement ne viendra pas d’Ottawa. Pour la nation québécoise, le véritable changement, c’est la souveraineté. Alors là : oui, tout sera possible.
Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois






Faudrait demander à nos compositeurs interprêtes de composer une chanson sur le thème de « L’illusion passagère »
Publié par nicole le 7 mai 2009 à 16:01
Je suggère un Hymne national Québécois, mais un bon que les gens vont aimer!
alberto delBurgo Reply:
mai 8th, 2009 at 6:01
J’ai toujours pensé que LE PLUS BEAU VOYAGE de Claude Gauthier ferait parfaîtement l’affaire
Publié par maxime caron le 7 mai 2009 à 17:02
Je me Souviens,
Cela vous rappelle t’il quelque chose ?
nicole Reply:
mai 8th, 2009 at 8:18
Entièrement d’accord sur la chanson de Claude Gauthier pour notre hymne national cette chanson vient me chercher à chaque fois , elle nous indique clairement de quoi est fait notre québec, mais « L ‘illusion passagère c’est pour montrer que Ignatieff ne fait que passer .
Publié par Claude Chevrette le 7 mai 2009 à 17:31
Je propose qu’il y aille plus de textes signés par gilles Duceppe(si c’est possible),le rapport de force est selon moi plus gand,c’est la sensation que j’ai eu en lisant se texte,merci à vous de vous battre pour cette cause ,qui est importante pour peut-être,beaucoup plus de gens que vous ne le croyiez!
merci
Publié par Marc L'Archevêque le 7 mai 2009 à 17:32
Nous les québecois sommes reconnus comme des »irréductibles gaulois, des chialeux, des bagarreurs ». Aussi faudrait-il que tout ce beau monde qu’on est, se battre vraiment pour une fois dans notre vie contre ces supposément chefs gaulois qui mènent et gèrent le pays comme le nôtre…C’est misérable…Vraiment…
Publié par Suzie Massicotte le 7 mai 2009 à 17:50
Michael Ignatieff affirme que les Québécois peuvent choisir d’être Québécois ou Canadiens, dans l’ordre qu’ils désirent. C’est faux, archifaux. Si je me dis d’abord Québécois, je suis tout de même par la force des choses Canadien. Il n’y a qu’un seul pays, un drapeau, un passeport. C’est un leurre. Il nous prend pour des imbéciles. À quand la vrai reconnaissance du pays Québec?
Michel Roussy
Montréal
Publié par Michel Roussy le 7 mai 2009 à 17:52
À quand la souveraineté?C’est la seule et unique solution!
Publié par Claude Roy le 7 mai 2009 à 18:15
Voilà probablement une partie de notre discour de campagne. Donc continuer monsieur Duceppe de fouiller le passé litéraire de Michael Ignatief ça fera de bonnes pubs lors de la prochaine campagne. Comme ça les québécois verron que Ignatief est un mange québécois.
Publié par Alexandre Préfontaine le 7 mai 2009 à 19:02
Ignatieff affirme:
« Si le Québec devenait souverain, les individus perdraient cette possibilité de recours et la voie serait ouverte à la tyrannie ethnique majoritaire. »
Est-ce que cela veut dire que tout pays souverain ouvre la porte à la tyrannie ethnique majoritaire.
Ignatieff est-il vraiment conscient de ce qu’il dit?
Publié par Jacques Pelletier le 7 mai 2009 à 19:11
En énergie on pourrait etre autonome mais on se fait mettre des batons dans les roues.
Électricité
pétrole dans nos sous-sol
On pourrait avoir des voitures électriques avec autonomie de 200 K M
mais elles ne doivent pas dépasser 40 km/hr
Alors que la technologie le permet.
Allez voir et envoyez vos commentaires a nonos premiers ministres
http://www.youtube.com/watch?v=mxvPtKKAOtI
Publié par L Falardeau le 7 mai 2009 à 19:25
La seule façon de se faire respecter est de prendre charge de toutes ses affaires et de partager avec d’autres ce que l’on veut, après négociations civilisées.
Publié par André Vallée le 7 mai 2009 à 19:29
Le drame avec les gouvernements conservateur comme celui de Harper c’est qu’on se retrouve en plein désert au niveau démocratique; absence de droit sociaux comme l’accès à l’assurance emploi, absence d’aide au développement, à la création d’emploi, à la recherche scientifique ou à l’exportation de nos produits culturels.
Mais parfois dans le désert nous sommes tellement assoiffés que nous sommes attirés par des mirages, synonyme d’illusion comme avoir une vision de changement, d’un nouveau leader pseudo charismatique qui va nous sortir du désert conservateur et nous amener vers de beaux jours. C’est un air malheureusement trop connu, trop entendu. Le Québec n’a rien à faire avec les mirages libéraux de Trudeau, Turner, Martin, Dion ou Ignatief , le Québec doit faire face à sa réalité celle d’une Nation qui doit posséder tout ses leviers politique et économique pour poursuivre son développement et assurer son avenir. Fini les illusions!
Publié par Alain Leduc le 7 mai 2009 à 19:34
M. Duceppe,
Merci pour ce tour d’horizon. Cependant, où est la réaction. Je ne vois nul part dans votre texte une invitation au Peuple du Québec à s’indigner et à passer à l’action. Vous terminez avec ce qui semble une suggestion, la souveraineté, tellement elle est sur un ton faible.
M. Duceppe, Mme Marois et les autres, je suggère fortement que vous retrouvez ou que vous trouvez l’impétuosité nécessaire pour faire bouger les choses ainsi que la fougue et la vivacité pour faire bouger les Québécois et les Québécoises.
Cette mollesse commence à devenir très exaspérante.
Daniel Roy, C.A.
Publié par Daniel Roy ,C.A. le 7 mai 2009 à 19:56
Monsieur Duceppe,
Avec Ignorantief, c’est le même combat que celui du sinistre Troudow qui continue. Le Canade ( remarquez que j’écris ce mot comme on le prononce dans le monde entier, puisque c’est un pays anglo-saxon ) le Canade, dis-je, ne changera jamais, ni son idéologie imbécile et antiquébécoise. Vous parlez du style aristocratique du nouveau chef du Liberal Party of Canada. Rien d’étonnant, puisque son grand-père si ce n’est son père, je crois,était comte et occupait une fonction à la cour du dernier tsar de Russie, Nicolas ll, assassiné en 1917 par les communistes.
Publié par Raymond Savard le 7 mai 2009 à 20:05
Je suis d’accord qu’il faut agir au Québec. Si non on aura toujours un choix entre deux moins pires.
Publié par Pierre Lacaille le 7 mai 2009 à 20:23
Il faut rappeler aussi le fait que Ignatieff a enterré la coalition des partis d’opposition pour contrer les politiques néfastes et réactionnaires du gouvernement Harper. En voulant devenir premier ministre du Canada sans partager le pouvoir avec les autres, Igntieff a permis et permet encore au gouvernement Harper de sévir tant en politique intérieure qu’en politique étrangère.
Ignatieff parle de renouveau et nomme Coderre comme lieutenant au Québec. Quel paradoxe !!
Déjà La Presse de Power Corporation et Radio-Canada se jettent dans la campagne électorale qui n’est même pas commencée. La Presse met au premier plan un sondage sur une supposée avance des libéraux au Québec avec plus de 6 points. Ce sondage va à l’encontre de tous les autres sondages. De plus, Radio-Canada qualifie Ignatieff de chef charismatique !!
Ignatieff est un chef peu expérimenté sur le plan politique. Son aura d’intellectuel me fait sourire. Il faut l’attaquer sur ces points faibles. Déjà, ses prises de position en éducation ( étant lui-même ancien professeur d’université) doivent être dénoncées comme un empiètement dans une juridiction provinciale. En politique internationale, sa sympathie a-critique envers les politiques américaines doit être observé de très près.
Le Québec doit être mobilisé pour empêcher que les fédéralistes engourdissent le peuple, Le Bloc et PQ doivent être à l’avant-garde des luttes à mener pas seulement sur le plan parlementaire, mais aussi dans la rue.
Publié par Archambault le 7 mai 2009 à 20:51
Seul, le peuple québécois par 3 millions de signatures ou la montée aux barricades, peut demander des élections et renverser ce gouvernement, MAIS, si c’était possible, pourrions-nous faire confiance au PQ? Depuis quelques temps, j’en doute fort car maintenant je doute de presque tous les politiciens même ceux qui se disent souverainistes. Je ne fais plus confiance en aucun de nos politiciens soi-disant souverainistes parce que personne n’a oser mettre ses culottes et vogue la galère et les beaux discours, mais est-ce que je m’en f…royalement. Pas de référendum mais, un chef qui prend le pouvoir et déclare sécession du Canada immédiatement. Assez c’est assez!
Publié par Irène Morin from Québec (Canada) le 7 mai 2009 à 21:25
J’ai déjà au préableenvoyé un commentaire. Je disais, avec beaucoup de déception, que le beau contenant de monsieur Ignatieff manquait de conntenu, pour ne pas dire que celui-ci ne contient rien de concret. En serons-nous à voter pour le 2e moins pire ».. Et comme je disais, au Québec nous avons le Bloc , mais les autres provinces n’auront pas grand choix.
Publié par carmen poirier le 7 mai 2009 à 21:26
Sur la question du COMMENT on fait une souveraineté au 3e millénaire,
à l’image des pays d’Amérique du Sud, attendez-vous à ce que Québec solidaire apporte la question sur la place publique, une fois que son processus démocratique aura abouti cet automne.
J’invite tous les souverainistes à être attentifs.
Rendez-vous assuré.
Renaud Blais
Publié par Renaud Blais le 7 mai 2009 à 22:08
merci monsieur Ducceppe,pour votre franc parler que j ai toujours aimer,mon comentaire est celui ci ,non ce n est pas un comentaire c est une demande que j adreesse a mes freres quebecquois svp cela serais tellement plaisant si tout le monde au quebec iraient voter, je vous assure que cela chagerais la donne
Publié par Maurice Prince le 7 mai 2009 à 22:18
Il n’y a que nous qui devons rejeter Ignatieff comme Harper, au risque d’avoir Harper une troisième fois. Nous avons quand même eu le mérite d’avoir empêché Harper de devenir majoritaire. Notre seule chance de sauver notre Québec serait d’aller bloquer Ignatieff comme Harper et les réduire à des gouvernements minoritaires sans fin.
À moins que… le BQ aille ouvrir ses portes à des candidats hors-Québec qui estiment que le Canada, dans sa forme actuelle, est un assemblage dysfonctionnel qui ne peut être réparé qu’avec un Québec souverain. Et là, on peut rêver de Duceppe (ou de tout autre leader bloquiste si un tel acte se faisait sous un autre chef bloquiste bien de chez nous) qui réussirait enfin à faire réclamer le dû à Ottawa pour le Québec.
Le ROC ne voit jamais les avantages d’un Québec souverain sur eux. Ou, en tout cas, ne les a jamais vus. Je dirais que seul le Bloc Québécois peut les leur montrer.
Publié par Yvan Ung le 7 mai 2009 à 22:48
Il me semble évident que plus les québécois connaitront Ignatieff, moins ce dernier aura d’appuis dans notre « province ». La citation d’Ignatieff sur sa position linguistique en 1995 nous démontre effectivement très bien que le nouveau chef du PLC est dans la lignée de Pierre E. Trudeau.
En fait, en rappatriant la constitution et en y enchâssant sa Charte des droits et libertés sans le consentement du Québec en 1982, Trudeau s’est assuré que la politique linguistique de la seule province majoritairement francophone deviendrait restreinte par une loi cadre élaborée pour et par les provinces anglophones et le gouvernement fédéral.
L’accession à la souveraineté demeure la seule option viable pour le Québec et nous devrons y travailler sans relâche !
Mathieu Harkins
Publié par Mathieu Harkins le 7 mai 2009 à 22:56
Belle article sur Michael Ignatieff, de qui on ne peut s’attendre à autre chose de sa part. Aucune surprise. Il est intéressant de voir que la détermination du Bloc québécois, qui se veut un défenseur des intérêts du Québec et qui, jour après jour, conjugue ses efforts pour que nous puissions savoir ce qui se passe à Ottawa.
Continuons le combat jusqu’à ce que nous soyons Maître chez nous.
BIen à vous,
pacifiquement vôtre,
Daniel Gingras
Publié par Daniel Gingras le 8 mai 2009 à 2:19
Il me semble qu’il serait pertinent de poser les questions suivantes à MIchael Ignatieff:
«À défaut d’ouvrir un débat constitutionnel, ce qui serait tout de même nécessaire puisque la Constitution actuelle du Canada a été imposée à la nation québécoise, comme du reste la Conquête, l’Acte d’union, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique et la jurisprudence de la Cour suprême qui sape les pouvoirs du Québec depuis plusieurs décennies, seriez-vous prêt, Monsieur Ignatieff, à abroger ou à modifier la loi sur la clarté référendaire pour reconnaitre qu’il revient à l’Assemblée nationale, et non au Parlement d’Ottawa, de décider si la question et le résultat du prochain référendum sont clairs?
Si vous reconnaissez que le Québec est une nation, admettez-vous qu’il est illégitime pour une autre nation de vouloir garder le Québec prisonnier d’un régime politique qui lui a été imposé et de s’ériger en juge suprême ayant le droit de vie ou de mort sur la liberté de la nation québécoise?»
Monsieur Duceppe, aux Communes, le 14 décembre 1999, vous aviez prononcé un morceau d’anthologie qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Il y a, dans ce discours, la matière nécessaire pour mettre M. Ignatieff au pied du mur et pour faire vibrer la nation québécoise.
http://www2.parl.gc.ca/HousePublications/Publication.aspx?Language=F&Mode=1&Parl=36&Ses=2&DocId=2332163
[...]
Le peuple du Québec est tolérant et pacifique, mais il ne veut pas vivre à genoux et n’accepte pas que d’autres prennent les décisions à sa place. C’est vrai aujourd’hui, ce l’était à l’époque. Des hommes et des femmes se sont levés contre l’intransigeance britannique de cette époque. On les a appelés les Patriotes. Nos ancêtres sont pour nous une véritable inspiration.
[...]
Les Patriotes ont été écrasés, on le sait, mais leur héritage est toujours vivant. À l’époque, toutefois, on ne retint pas les leçons de cette révolte. Le pouvoir répondit avec le Rapport Durham qui disait du peuple québécois, du peuple du Bas-Canada, que c’était «un peuple sans histoire, un peuple sans culture». Aujourd’hui, 160 ans plus tard, [le gouvernement libéral] nie l’existence du peuple québécois, fait de la culture québécoise une composante régionale de la culture canadienne et tente de saper nos institutions démocratiques.
[...]
Quand ceux qu’on appelle les Pères de la Confédération signèrent le Pacte de 1867, ils refusèrent à la population du Bas-Canada de tenir un référendum. On se contenta du vote de quelques parlementaires, tout comme en 1982 quand on rapatria la Constitution. Les Chambres des autres provinces et la Chambre ici décidèrent et on ne consulta jamais la population du Québec.
[...]
Le Québec a pourtant persévéré. Nous sommes les champions de la patience. Daniel Johnson père proposa «Égalité ou indépendance». Il ne fut pas écouté. Il fut même rabroué par Pierre Elliott Trudeau. Nous avons alors compris qu’il ne saurait y avoir d’égalité sans indépendance.
[...]
Un nouveau gouvernement fut élu à Québec, un gouvernement souverainiste, qui proposa une deuxième fois le projet souverainiste aux Québécois et Québécoises assorti d’un nouveau partenariat.
La question était claire. Nulle part dans l’avis de la Cour suprême ne voit-on que cette question n’était pas claire. Nulle part n’exclut-on une offre de partenariat avec des instances à vocation fédérale ou confédérale. On ne trouve cela nulle part dans ce jugement.
Pour Ottawa, le seul fédéralisme sur terre, c’est celui qui existe au Canada. La seule forme de relations, de collaboration entre les peuples, ce serait le Canada. Pour Ottawa, le monde n’existe pas.
[...]
Mais rien ne peut empêcher la volonté populaire, rien ne peut résister à la volonté du peuple. Le peuple du Québec ne pliera pas devant Ottawa et restera maître de son destin. Et un jour, nous verrons deux peuples qui se respectent, qui s’estiment après tout, et qui ne s’empêcheront pas d’évoluer dans le sens qu’ils le veulent respectivement.
[...]
Que le Canada se le dise: un jour, le Québec sera un pays souverain.
Publié par Bernard Desgagné le 8 mai 2009 à 4:30
Merci monsieur Duceppe pour votre engagement dans la défense des intérêts du Québec, votre ouverture envers un meilleur Canada , tant qu’on y sera, et finalement pour votre constance dans la promotion de la nation québécoise et de sa souveraineté.
Pour ce qui est du soi-disant renouveau du PLC avec Michael Ignatieff, je vois mal en quoi on devrait ëtre déçu puisque ce Parti est tout à fait fidèle à lui-même, c’est-à-dire Canadien à la Trudeau, donc forcément méfiant à l’égard de toute forme d’affirmation nationale du Québec, Il coryait que le nationalisme québécois était du tribalisme .Et ce Canada est l’oeuvre de québécois de la lignée libérale: Trudeau -Chrétien-Martin-Dion. Voilà notre problème,et Ignatieff ne sera que la cerise sur le sundae et il tentera avec séduction de nous faire avaler ce Canada. Notre problème est notre schizophrénie nationale. Mais que faire? Au minimum il faut résister, comme on le fait avec le Bloc depuis 18 ans. Il faut convaincre les Québécois qu’il vaut mieux exercer le pouvoir du refus et de la dignité et faire en sorte que le PLC et le PC soit le moins pourvus de députés québécois et toujours minoritaires , c’est la seule façon de faire comprendre au reste du Canada que ce Canada ne peut fonctionner. Mais il faut faire plus, il faut se sortir de l’illusion qu’un fédéralisme d’ouverture est peut-être possible. Il faut trouver des stratégies qui nous permettent de nous affirmer comme nation( même ,sil faut être délinquant) en attendant de s’affirmer comme pays. C’est peut-être de cette façon qu’un dialogue pourrait commencer avec l’autre grande nation au Canada, le Canada anglais. En fait , il faut trouver le moyen de parler directement à cette nation. Il faut donc innover politiquement, et monsieur Duceppe , vous avez cette capacité et la crédibilité nécessaire comme politicien pour ouvrir ce dialogue. Il en va de l’avenir du Bloc et de son efficacité. Merci!
Publié par Denis Forcier le 8 mai 2009 à 8:53
Complètement en accord avec les commentaires de plusieurs intervenants qui prônent la montée aux barricades. Le bloc et le PQ devraient être les fers de lance de notre combat pour l’indépendance du Québec.
Cessont de jouer dans les plate-bandes de la politique Fédérastre et menons la lute au Québec.
D’accord avec Daniel Roy.c.a., Irène Morin et Archambault.
« Québécois !!! dans la rue… »
Publié par Marcel lepot le 8 mai 2009 à 11:25
à tous les québéquois fier de l’être, comment peu t’on changé quelques chose quand un peu de monde bouge pour vôté et les autres recules et ne font que critiqué rien de plus , ce n’est pas faire du changement et du progret ca je dirais plus autre choses arêté de crié il faut agir .Ils disent être québéquois et quand tu leur demande pour qui ils ont vôté on nous répond bien souvent (je ne suis pas allé vôté moi y a pas assé de changements en politique ) comment peu t’on avoir du changement quand on attend que les autres le fasse pour nous .Allez sauté dans vos souliers et faite bougers vos pieds cé ben bon pour la santé et le portefeuil pensé s’y bien c’est votre devoir .
Publié par francine lafrance le 8 mai 2009 à 14:46
M. Duceppe,
Je me trouve chanceux comme Québécois d’avoir une alternative politique pour défendre mes droits au parlement fédéral. Ça sent bon la fraicheur des affaires clairs et propres.
Je trouve dommage que les autres provinces Canadienne n’est pas accès à des gens aussi dédiés à la défense de leur droit.
À chaque élection je suis peiné de voir les Québécois se faire prendre par les belles paroles enjôleuses de politicien menteur et despote.
Il a été prouvé à mainte reprise que les politiciens de toutes acabits commencent par vouloir aider le peuple et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire changent leurs capots de bord pour satisfaire leurs réélections et avenirs financiers via les amis du pouvoir.
Je rêves au temps ou les Québécois cesseront d’avoir peur de faire des choix et commenceront à voir clair dans le jeux des politiciens car ils en sont capables j’en suis persuadé.
J’ose espérer qu’à la prochaine élection, que nous enverrons un message clair au gouvernement fédéral avec 100% de député du Bloc Québécois. Qu’ils comprennent une foi pour toute que nous en avons assez des politiciens flatteurs, souriant, promettant le temps d’une élection.
En terminant un mot sur M. Ignatieff. Lors de la course à la chefferie du partie Libéral je pensait qu’il était le meilleur candidat et semblait donner un air de fraicheur dans ce clan verreux. De plus il disait comprendre le Québec et près à travailler pour améliorer notre position dans le Canada.
Et bien mon idée sur le personnage à bien changé lorsqu’il a remplacer M. Dion et qu’il avait le choix de tenir tête au conservateur et provoquer une élection, il n’a pensé qu’à lui et son rêve de devenir premier ministre. De plus en plus il ressemble à ses prédécesseurs Trudeau, Chrétien, Martin etc. près à dire n’importe quoi pour avoir le pouvoir. et faire à sa tête comme M. Harper.
Merci de travailler pour nous et j’espère que les autres provinces canadiennes se trouveront des défenseurs de leurs droits.
Publié par Jean-Louis Bowes le 8 mai 2009 à 14:55
M. Duceppe,
Je suis courtier hypothécaire et j’aimerais vous faire part d’une lacune importante de la part du gouvernement fédéral.
Ce dernier (ministre des finances) n’a pas hésité à verser des millards de nos dollars pour aider les banques (25 milliards) avec comme but qu’ils continuent à prêter et aider les canadiens.
La Banque du Canada a abaissée son taux directeur pour que les banques se financent à moins cher et pour aider les Canadiens à faire de même.
L’idée a bien fonctionné pour les Canadiens qui achètent une résidence ou renouvellent leurs hypothèques. Mais il y a un bémol. Une partie de la clientèle hypothécaire (plus de 50%) se trouve exclue de ce processus et ce sont ceux qui sont en cours de terme (signer une nouvelle hypothèque à taux plus élevé il y a quelques années.)
Pour eux, l’accès à un meilleur taux passe par une pénalité contractuel énorme (10 à 20,000$) dû au faussé créé entre les taux d’hier et les taux d’aujourd’hui. (Voir Le Journal de Montréal de Lundi,Mardi et Mercredi section affaire) Le gouvernement devrait prendre conscience de cette situation car autant de Canadiens ne pourront contribuer à améliorer l’économie. La reprise économique dépend de la capacité des canadiens à dépenser.
Vous pouvez me contacter pour de plus amples informations.
Publié par Jean-Louis Bowes le 8 mai 2009 à 15:36
J’espère que les Québécois ne resteront pas indifférents et sans réaction aux propos tenus par Ignatieff. C’est un Trudeau incarné, même air méprisant et hautain que lui.D’ailleurs, la ressemblance physique et la voix est frappante. Je souhaite que monsieur Duceppe soit entendu et appuyé par tout le Québec.Le ( Je me souviens) sur les plaques d’immatriculation disparait de plus en plus sous des fioritures.Un peu de respect, voyons! Merci monsieur Duceppe nous vous apprécions et vous aimons beaucoup ainsi que toute votre équipe. Simone Rinaldi
Publié par simone rinaldi le 8 mai 2009 à 21:04
On m’avait rapporté qu’il y en avait un peu partout dans le ROC du monde qui supporterait le Bloc Québécois et qui voteraient pour les Bloquistes mais qui ne voteraient pas autrement (et de plus en plus dans le contexte actuel.) Tellement que certains comtés de l’Ouest canadien pourrait avoir un assez grand pourcentage de Bloquistes parmi ceux qui se sont abstenus de leur droit de vote fédéral pour mettre les Conservateurs en danger, en considérant toutes les voix qu’ils iraient bouffer de tous les bords. Même chez les Conservateurs eux-mêmes, ceux qui seraient désenchantés des saveurs de vanilles fédéralistes traditionnelles.
N’oublions pas, les Bloquistes, au départ, étaient des députés qui venaient d’un peu partout dans les tendances souverainistes du Québec, de gauche comme de droite. Encore aujourd’hui, le Bloc Québécois rejoint la plupart des tendances souverainistes de la province. Si le BQ parait gauchiste ailleurs au pays c’est parce que notre centre est un peu plus à gauche que chez les « canadians », ceux de qui on veut se libérer.
Publié par Yvan Ung le 8 mai 2009 à 22:19
Il est important que le probleme politique au Canada soit regle une fois pour toute. Cela empoisonne la vie du pays. Pourquoi ne pas reconstruire le Canada sur une union entre pays et provinces. Le Quebec serait un pays qui fera partie de l’union. Comme l’Europe l’a fait avec des pays tres divers. Tot ou tard pour des raisons strategique il y aurait une union militaire et economique avec les USA. Donc autant faire les choses proprement des maintenant. La lutte Quebec-Canada et les sourdes oreilles qui l’entourent n’ont que trop dure.
Amar – Los Angeles – CA
Daniel Charette Reply:
mai 10th, 2009 at 13:17
@ Amar
Entièrement d’accord avec votre point de vue! C’est tellement simple et évident qu’on n’en voit pas la limpidité…
Pourquoi » faire simple » quand on peut » faire compliqué » ?! Mon petit doigt me dit que certains financiers et oligarques n’ont aucun intérêt à ce que les choses changent dans le plusse beau pays canadian.
Le jour où les québécois (ses) seront maîtres chez eux, ce sera beaucoup plus difficile de venir ici faire la pluie pis l’ beau temps! » Mais y a quelque chose qui me dit qu’un beau matin… ma Rosalie, on mettra du beurre sur notre pain!… » (Tex Lecor).
Publié par Amar Goudjil le 9 mai 2009 à 16:04
M. Duceppe, vous dites que M. Ignatieff a cautionné l’usage de la torture dans son article écrit au New York Times. Or, dans l’article en question il argumente en faveur d’une interdiction absolue de la torture, ainsi que de permettre l’accès à un avocat aux détenus des prisons secrètes américaines afin de prévenir de tels abus. Peut-être ne devriez-vous pas assumer que tous vos lecteurs sont des unilingues francophones? Certains d’entres nous pouvons lire l’anglais et pouvons comprendre ce que M. Ignatieff dit vraiment dans son article.
paul pieter kruijmer Reply:
mai 10th, 2009 at 13:34
La torture n’est pas un acte de noblesse certe. Ma la question fondamentale qu’il faut ce posser, c’est combien d’attentants terroristes ont pu etre evites grace a la torture.
Daniel Charette Reply:
mai 10th, 2009 at 14:57
La question fondamentale: » pourquoi tant d’injustices? »
À l’intérieur de tours jumelles, il y avait des explosifs. Des témoins ont bel et bien entendus des explosions provenant des étage inférieurs. Alors…qui a installés ces explosifs appelés thermites? Des poutrelles d’acier ont été littéralement sciées par la chaleur extrême provoquée par la fusion de métaux qui ne fondent pas à des températures de l’ordre de celles induites par un incendie fût-il d’une extrême ampleur.
Est-il vrai qu’un individu soumis à la torture répondra n’importe quoi allant dans le sens de ce qu’on veut entendre juste pour que cesse son supplice?
Si on défend les phoques…comment justifier la souffrance des êtres humains par la torture ou par la faim? Qui pointera du doigt les responsables des 25 millions de morts par année, à cause de la famine, de la rareté des denrées de base? Pas les spéculateurs je suppose!
paul pieter kruijmer Reply:
mai 10th, 2009 at 17:31
Je ne savait pas que les terroristes avaient aussi installes des bombes avant l’attaque. He bien on apprend a tout les jours.
Publié par Mathieu le 10 mai 2009 à 11:27
@ Mathieu
Vous n’avez pas tort au sujet de cet article. Toutefois M.Ignatieff se trouvait à cautionner la politique de l’ancienne administration en approuvant la guerre de Bush et cie. Ses bottines ne suivent pas ses babines!
Écrire de beaux textes remplis de considérations philosophiques est une chose, se lever debout pour protester à la face du monde en étant congruant par rapport à ses soi-disant convictions en est une autre. Personnellement, je n’ai jamais entendu ou vu de sa part une affirmation énergique, claire, nette et précise de ses propres principes, tels qu’évoqués tout au long de son très louable plaidoyer.
Avec monsieur le comte, nous avons toujours l’impression d’être dans un espèce de brouillard intellectuel. Oui vous êtes une nation mais ça ne doit pas changer quoi que ce soit à votre situation. Oui je comprends que le carcan constitutionnel vous étouffe mais nous n’avons aucunement l’intention d’y changer quoi que ce soit. Oui je suis contre la torture mais je ne le dis pas trop fort. Je suis pour telle ou telle politique mais j’appuie le parti qui va exactement en sens contraire. Une coalition si nécessaire…mais pas nécessairement une coalition…??!! Pour ensuite déclarer qu’il ne saurait en être question.Il ne faisait donc qu’attirer sur lui toute l’attention, en jouant avec le processus démocratique tout comme ses illustres mais non-regrettés prédécesseurs. Quel changement!
Si ça continue dans ce sens et je ne vois pas par quelle opération du » Saint-Esprit » l’individu pourrait changer… encore un peu et nous entendrons comme un écho d’outre-tombe » un non voudra dire oui et un oui voudra dire non « .
Personnellement, j’ai déjà joué dans ce film qui finit en queue de poisson rouge! » Je me souviens » d’un certain aristocrate qui avec ses airs de monarque gouvernait par simulacres au pays de la perpétuelle arnaque! Aujourd’hui, c’est à mon tour de dire NON merci!
Publié par Daniel Charette le 10 mai 2009 à 14:33
« La tyrannie ethnique majoritaire », en cas d’accession du Québec à la souveraineté est tout le contraire d’une tyrannie ethnique.
En effet, il s’agit d’un des droits fondamentaux les plus importants enchassés par l’Organisation des Nations Unies (ONU): le droit des peuples à l’auto-détermination qui est l’expression la plus pure de la démocratie comme étant le pouvoir du peuple. Au contraire, l’accession du Québec à la souveraineté prévoit le respect des droits des autres minorités.
On peut traiter de « tyrannie ethnique majoritaire », lorsque 260 millions d’anglo-saxons tentent d’imposer leurs dires à une poignée de personnes sur un continent. Voilà une véritable « tyrannie ethnique majoritaire ».
Publié par Maxime Deschamps-Larue le 12 mai 2009 à 13:09
Les partis fédéralistes défendent les intérêts de la nation canadienne. Point final.
Publié par Maxime Deschamps-Larue le 12 mai 2009 à 13:34