Réflexions sur le vrai rôle des politiciens

Publié par Carole Lavallée le 11 mai 2009 à 16:16 4 commentaires

Monsieur Lagacé,

Les politiciens ne sont pas des stars, mais ils deviennent connus de la population idéalement lorsque leur dossier ou leurs déclarations méritent l’attention de la population. Et pour ce faire, ils doivent franchir le mur de l’indifférence des médias.

Mais plus important encore, est la raison fondamentale de notre engagement : améliorer le sort de nos concitoyens. Et, d’après moi, cela ne passe pas nécessairement par la notoriété.

Laissez-moi vous rappeler un texte écrit par une de vos collègues journalistes, Josée Boileau, lorsque mon collègue Benoit Sauvageau est décédé en 2006 :

En politique comme ailleurs, ce sont les flamboyants qui captent la lumière médiatique : les personnages, les grandes gueules, ou ceux qui ont déjà une renommée. (…) En politique plus qu’ailleurs, ce sont les travers qui font les manchettes : la langue de bois, les manigances partisanes, les privilèges que l’on s’octroie à soi-même ou aux amis, les basses manœuvres, les grands scandales.

Le bloquiste Benoît Sauvageau (n’était) guère attiré par le devant de la scène mais capable, avec talent, de monter au front pour les dossiers qui lui étaient assignés. Inconnu de l’électorat en général, mais apprécié de ses collègues, respecté de ses adversaires et appuyé massivement dans sa circonscription, où il obtenait des majorités impressionnantes. Quelqu’un tout à «son» affaire : contribuer au mieux-être de sa communauté. Ce qui nous ramène au sens premier de l’engagement politique, dont on parle trop rarement.

Parce que pour moi cet engagement politique est fondamental : à Ottawa, dans la circonscription que je représente, mais aussi partout au Québec. Je siège à Ottawa où je me fais le porte-voix des préoccupations des gens de mon comté et pour cela, je dois être en contact avec eux.

Saint-Bruno—Saint-Hubert est sur la rive-sud de Montréal, les enjeux sont nombreux et j’essaie d’être partout : à Saint-Bruno, à Saint-Hubert et à Ottawa. Et partout au Québec aussi pour promouvoir le dossier de la culture et des arts.

Le dossier du Patrimoine est substantiel et oblige à travailler intensément. Les séances de comités durent exceptionnellement trois heures et demie au lieu des deux heures habituelles. Il faut les préparer, lire, discuter, réfléchir avant d’aller s’asseoir aux tables des comités, recevoir les témoins, et leur poser des questions intelligentes qui éclairent le débat.

À Ottawa, je suis également membre fondatrice du Caucus de l’aérospatial, un enjeu important pour les étudiants, travailleurs, professionnels, et entreprises de mon comté.

Et puis avec mon collègue Luc Malo, nous faisons une tournée au Québec pour faire connaître sa motion sur les arts et la culture (rétablir le financement des programmes qui ont été coupés et financer décemment le Conseil des arts du Canada… en attendant de tout transférer à Québec) : d’Abitibi-Témiscamingue jusqu’à Bonaventure, en passant par Granby, Joliette, et Victoriaville.

Je trouve le temps de faire cette tournée en picossant dans l’agenda de mon comté où théoriquement je travaille les trois autres jours de la semaine. Je participe toujours avec plaisir aux activités des clubs d’âge d’or, ligue de ringuette et chambres de commerce de Saint-Bruno et de Saint-Hubert. J’en profite pour aller au-devant des citoyens qui me confient leurs commentaires, leurs besoins, leurs préoccupations. Et je reviens toujours enrichie de ces entretiens. Quand ce n’est pas mon agenda qui s’enrichit ! Je ne refuse jamais une invitation dans mon comté à moins qu’il me soit impossible d’y participer à cause de contraintes physiques ou géographiques. Il y a des soirs où je suis obligée de faire 3 ou 4 événements, mais je les fais avec plaisir parce que mes électeurs y sont présents et que je veux échanger avec eux.

Je travaille pour mes concitoyens, pas pour le téléjournal du soir : dans Saint-Bruno—Saint-Hubert, il n’y a ni quotidien, ni postes de télés nationaux. Très heureusement, nous avons de bons hebdomadaires.

Récemment, j’ai fait une « virée » à Washington de 36 heures avec quelques collègues du Bloc pour nous informer et pour expliquer les problématiques québécoises. Et j’ai passé deux jours à Vancouver au congrès du Parti libéral (échanges d’observateurs entre partis obligent). Je n’étais pas à Ottawa, ni dans mon comté, ni au Québec, mais ce n’était pas des vacances !

Et puis, une campagne électorale s’annoncerait (encore !) pour très bientôt. Cela ferait ma quatrième en cinq ans. Donc préparatifs, investiture et tutti quanti. Moi, la militante jusqu’aux tréfonds de mon jell-o, j’anime de façon très énergique l’association bloquiste du comté : assemblées militantes, brunchs politiques, cocktails de financement, etc.

Et le dimanche matin (même celui de la Fête des mères), je pioche sur mon clavier pour répondre à un blogue comme le vôtre !

Une jeune cohorte
Par ailleurs, vous comparez la cohorte actuelle des députés du Bloc (qui est majoritairement très récente) à celle des anciens députés élus en 1993. Laissez-moi vous dire que leur notoriété n’est pas venue spontanément. Cela a pris de quatre à cinq ans avant que les médias les reconnaissent et cela est venu, après le départ de Lucien Bouchard où l’ex-inconnu, Michel Gauthier, est devenu chef pendant plus près d’un an.

Même chose aujourd’hui, la plupart des députés du Bloc sont nouveaux. Il y a d’excellents éléments : des jeunes, entre autres, qui préfèrent se faire les dents à l’ombre que de les montrer devant les caméras de télé.

Mais nous avons aussi des séniors … avez-vous oublié, entre autres, Francine Lalonde ?

Et les autres partis ?

Puis-je vous suggérer d’imposer aux autres formations politiques le même exercice que vous imposez au Bloc et de poser la même question : « Outre votre député, un ministre ou un ex-ministre, nommez-moi trois députés québécois du Parti conservateur du Québec? du Parti libéral du Québec (qui siègent depuis, il nous semble, des décennies) ? du Nouveau parti démocratique du Québec (cette dernière, vous le savez, est un piège !).

L’écosystème d’Ottawa et des médias est ainsi fait qu’il n’y a de la place au téléjournal que pour les stars. Mais je dois vous dire que ces temps-ci, je préfère être anonyme et m’appeler Carole Lavallée que de faire la une de tous les médias et de m’appeler Ruby Dhalla ou Maxime Bernier.

Je ne veux pas « faire les médias pour faire les médias », surtout pas pour parler de ma vie personnelle (même si je n’ai rien à cacher et qu’elle est particulièrement fascinante). Par contre, si vous voulez vraiment entendre les arguments percutants du Bloc Québécois sur les arts et la culture, si vous voulez entendre parler de l’évolution de l’industrie de la télévision, du rétablissement du programme en culture, des ineptes Prix du Canada, ou de notre impérissable projet de souveraineté du Québec, je suis disponible en tout temps.

Et tant qu’à faire, j’aimerais aussi vous entretenir du développement de l’industrie aérospatiale, des travaux d’amélioration essentielle de la piste de l’aéroport de Saint-Hubert, du service de Postes Canada au Domaine Le Marquis ou de la rénovation de l’aréna Michael-Bilodeau de Saint-Bruno.

Et si c’est une condition sine qua none, je vous le ferai de façon colorée. Mais avec respect pour mes adversaires.

Carole Lavallée
Députée de Saint-Bruno-Saint-Hubert
Porte-parole du Bloc Québécois en matière de patrimoine

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4 commentaires

  1. La politique fédérale et provinciale ainsi que les journalistes de radio-cadenas et de la grosse presse épaisse, c’est du spectacle! Un gros  » show  » abrutissant qui tourne en rond pour mieux étourdir, engourdir les masses.

    Quand on suggère que vous n’êtes pas  » dans le coup  » , vous leur répondez que vous êtes complètement mobilisée pas votre engagement au service de vos concitoyennes, concitoyens. Vous n’avez pas le temps de vous pavaner devant les caméras et les caméras ne sont pas où elles devraient être…au coeur de nos communautés. Ils ont tellement peur d’entendre la vérité, de connaître la réalité des gens qui payent leur salaire. Fallait les entendre se lamenter, se scandaliser, les journaleux lors de la commission sur les accomodements raisonnables. Comme ils étaient outrés d’entendre les gens s’exprimer dans le langage de la vraie vie telle que vécue au quotidien, sans fard ni artifice! Ces gens humbles que vous côtoyez , écoutez et supportez courageusement.

    Vous faites bien de leur dire  » si vous voulez m’entendre, me voir, vous me trouverez parmi les femmes et les hommes de mon comté « .
    Oui, vous y êtes à votre place et c’est vrai que le bien ne fait pas de bruit!

    Madame Lavallée, vous êtes une femme politique inspirante. Merci pour votre engagement.

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 11 mai 2009 à 22:05

  2. Madame Lavallée,

    Je suis un électeur de votre comté et je me réjouis de voir que vous faites un bon travail pour notre circonscription, contrairement à certains députés qui défraient régulièrement les manchettes.

    Le grand art politique, tel que je le conçois, nécessite d’être présent pour les citoyens qu’on représente, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Selon moi, si les médias devaient intervenir à l’approche d’un gros projet, on devrait au moins laisser la population touchée par ce projet y exprimer leurs opinions; ainsi leurs élus pourront effectuer les décisions avec les opinions de leurs concitoyens en compte. Au moins, vous les Bloquistes, vous pouvez véritablement dire que vous êtes présents pour vos circonscriptions, pas comme ces fédéralistes qui préfèrent se retrouver sur les feux de la rampe.

    Si seulement « Radio-Cadenas » pouvait montrer davantage les réactions de la population avant un projet à la place des potins de leurs chefs…

    Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 12 mai 2009 à 13:06

  3. Les « Lagacé » de ce pays sont à la solde de « Deamarais, mangent -digèrent-écoutent- disent ce que Deamarais leur commande. Ce sont des êtres dépendants incapables de penser par eux-mêmes

    Répondre à ce commentairePublié par nicole le 12 mai 2009 à 18:33

  4. Madame Lavallé.

    Comptant que vous souleviez cette Question.

    Carriériste ou idiologue?

    La question ce pose, car en 2009, je constate madame après 35 ans de militantisme, que les députées ont changés et pour certain (es) la cause aussi.

    Est-ce que je vais pouvoir encore être capable de naviguer sur cette fine vague entre mon inspiration d’avoir un pays et supporter le poids de gérer les problèmes des autres encore bien longtemps?
    ET CECI N’EST PAS UNE QUESTION DE TEMPS’
    mais de volonter.
    être ou ne pas être un administrateur publique au service d’un autre pays( Canada).

    Alain Lacasse.

    Répondre à ce commentairePublié par Alain Lacasse le 13 mai 2009 à 11:03

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