L’OCDE prévoit que le taux de chômage au Canada atteindra 10,8 % en 2010. Cela signifie qu’il y aura 2 millions de chômeurs au Canada, dont une majorité n’a pas accès à l’assurance-emploi. Ça veut dire des milliers de Québécoises et de Québécois plongés dans une situation financière pénible, des régions entières en crise et une économie qui peine à redémarrer. Plus on attend avant d’agir, plus cette prévision risque de se réaliser.
Un meilleur accès au régime
Depuis des années, le Bloc Québécois exige des bonifications au régime d’assurance-emploi pour en élargir l’accès. Nous sommes évidemment surpris, mais aussi ravis, de lire et d’entendre Michael Ignatieff réclamer à son tour une norme universelle d’admissibilité de 360 heures, ce qui permettra à 148 000 personnes d’avoir accès à l’assurance-emploi.
Si nous sommes surpris, c’est qu’en voyant Michael Ignatieff dénoncer les règles actuelles du régime d’assurance-emploi, on pourrait croire qu’il n’est pas le chef du Parti libéral du Canada. Ces règles injustes, selon lui, ont en effet été créées par les libéraux eux-mêmes. Ce sont aussi des gouvernements libéraux qui ont présidé au pillage de la caisse d’assurance-emploi à hauteur de 50 milliards de dollars.
Nous sommes surpris du ton d’urgence de M. Ignatieff, puisqu’une telle réforme était inscrite dans l’esprit de l’entente de la coalition que le chef libéral a sabordée en janvier. S’il avait choisi une autre route, les familles touchées par la crise bénéficieraient déjà d’un meilleur accès au régime.
Aller plus loin
De même, en votant en faveur du budget conservateur en janvier, Michael Ignatieff a cautionné le gouvernement Harper qui a effacé la décision de la Cour suprême qui avait jugé illégal le détournement des surplus pour les années 2002, 2003 et 2005. Et il a du même coup cautionné ces règles injustes dont il parle aujourd’hui.
Nous sommes aussi ravis de voir le chemin parcouru par le Parti libéral du Canada sur cette question, mais si M. Ignatieff veut vraiment aider les travailleurs, il devra aller plus loin.
En limitant sa proposition au seuil de 360 heures, Michael Ignatieff fait l’impasse sur d’autres réformes urgentes. Actuellement, l’archaïsme du régime fait en sorte que les travailleurs qui ont droit à des prestations peuvent attendre jusqu’à deux mois, voire plus, avant de toucher leur premier chèque, ce qui met les gens dans une situation très pénible.
Si le chef libéral est sérieux, il doit également réclamer l’abolition du délai de carence de deux semaines, une mesure qui a depuis longtemps perdu toute justification.
Une approche de bonne foi
Il est également urgent de changer l’approche actuelle d’un régime qui part du principe que tout demandeur est un fraudeur potentiel. En plus d’être insultante pour les 99,9 % des travailleurs qui sont de bonne foi, cette approche est à l’origine de ces délais inacceptables.
Quand nous retournons nos rapports d’impôt, le gouvernement fédéral présume notre bonne foi et envoie le paiement rapidement, parfois en dix jours. La même approche de bonne foi doit être utilisée pour l’assurance-emploi, ce qui n’empêche nullement les contrôles et les enquêtes pour débusquer d’éventuels resquilleurs. Mais on doit absolument cesser d’exiger des gens qu’ils survivent financièrement pendant des mois sans aucun revenu. L’abolition du délai de carence et cette nouvelle approche de bonne foi permettront aux demandeurs de recevoir un premier versement en moins de deux semaines.
Mesures assouplies
De même, le régime offre des prestations insuffisantes, qui ne permettent pas aux gens qui perdent leur emploi de subvenir aux besoins de leur famille. Une véritable réforme devrait comprendre une hausse des prestations de 55 à 60 % du salaire gagné, l’augmentation de la rémunération assurable à 42 500 $ et un calcul basé sur les 12 meilleures semaines.
Finalement, on ne peut se contenter de prendre des mesures pour venir en aide à ceux qui perdent leur emploi, sans d’abord les aider à le conserver. Le programme d’assurance-emploi pourrait être d’un grand secours si seulement on assouplissait et adaptait les mesures favorisant la formation et le travail partagé.
Ces mesures ont déjà été proposées à de multiples reprises par le Bloc Québécois et ont été étudiées – et, pour la plupart, acceptées – dans les comités parlementaires. Elles pourraient être implantées en quelques semaines et permettraient d’injecter rapidement des milliards de dollars dans l’économie.
Si les propos de Michael Ignatieff sont autre chose que de la simple rhétorique et qu’il veut véritablement aider les travailleuses et les travailleurs, il a maintenant connaissance de tous les éléments pour compléter sa proposition.
Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois


On voit davantage quel public le Bloc Québécois pourra aller chercher hors du Québec: du monde qui n’ont pas accès à l’assurance-emploi et/ou qui profiteraient de l’abolition du délai de carence.
Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 27 mai 2009 à 9:14
Monsieur Ignatieff doit passer aux actes maintenant. Merci monsieur Duceppe et l’équipe du Bloc Québécois de rappeller à l’ordre ce grand parleur. Nous comptons sur vous, les québécoises et les québécois, pour pour faire valoir nos droits, surtout ceux des travailleurs en ces temps difficiles.
Répondre à ce commentairePublié par Mimi le 27 mai 2009 à 10:25
Socialiser les pertes, privatiser les profits…
Il me semble que j’ai entendu Flaherty prétendre que la bonifacation du programme d’assurance-emploi n’était rien d’autre qu’un complot socialiste.
Au moment où l’économie planétaire était en chute libre, les gouvernements n’ont-ils pas décidé de sauver les institutions financières à coups de milliards puisés à même les coffres de l’État?
Pourtant ça faisait des décennies que nous nous faisions dire que l’État ne devait absolument pas intervenir dans les lois du marché. La devise, le crédo de la finance était alors » moins d’État…plus de profits » ou encore, » le problème c’est l’État « .
Les terroristes du néolibéralisme ont donc décidé de laisser » jouer » les lois du marché, celles du profit à tout prix, en nous assurant que la richesse allait se répandre sur le monde comme si elle tombait du ciel, semblablement à la pluie bienfaisante jaillissant des stratus sur tous les justes et ceux qui le sont moins…
Que s’est-il passé réellement? Planétairement, globalement nous avons vécu toute une dérape! La recherche effrénée de rendements, de retours sur investissements a précipité notre monde dans un gouffre tellement profond que dix années ne suffiront pas à nous en sortir. Ça pourrait prendre dix fois dix années avant que les populations connaissent un vrai répit, d’ici-là, la masse croissante, marée montante des moins nantis vivra plutôt le dépit.
Donc, quand Flaherty a l’extraordinaire culot de dire que toute tentative de bonification du programme d’assurance-emploi relève du complot socialiste, je me demande où ils en sont rendus avec le complot capitaliste. Avec les taxes et les impôts des contribuables ils ont sauvé de la faillite les multimillionnaires tout en leur permettant de s’enrichir davantage à nos dépens, continuant de laisser libre cours aux évasions fiscales qui coûtent des milliards aux économies nationales.
Quand les financières, les sociétés multi-prédatrices de ce monde et les banques engrangent leurs milliards, les États, les peuples souverains récupèrent-ils les milliers de milliards détournés pour leur sauvetage? Aurons-nous droit à des versements d’intérêts?…Moi ce que je vois présentement, ce sont des mises-à-pied massives et des coupures dévastatrices, aussi aveugles que sauvages.
Quelle différence y a-t-il entre le communisme et le néolibéralisme?
Alors que le communisme élimine ceux qui ne suivent pas, le néolibéralisme laisse tout simplement mourir de faim ses » laissés pour compte « . Deux-mille-cinq-cents enfants de moins de cinq ans meurent quotidiennement.
Tous les empires ont cherché à conquérir le monde, le nouvel ordre mondial n’est rien d’autre que la dernière version du même projet mégalomane! Et on vient nous parler de complots socialistes!…
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 mai 2009 à 14:52
Correction: 26,000 , vingt-six mille enfants de moins de cinq ans meurent à chaque jour de malnutrition, de manque d’eau potable et à cause des guerres.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 mai 2009 à 15:03
Arrivée de Bush #2, World-trade center, départ de Bush, crise financière totale! Entre les deux guerres dévastatrices! Wow…
Méfiez-vous surtout des complots socialistes et des terroristes n’est-ce pas?!
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 mai 2009 à 15:09
Et maintenant » Ladies and gentlemen » nous vous annonçons…le nouvel ordre mondial! Wow…
La fin des nationalismes…un seul et unique grand troupeau planétaire! Wow…
Oyez, oyez, braves citoyens (nes)…
Grande exposition d’armements à Ottawa…si la vie vous intéresse, le Canada protecteur des droits et libertés partout ailleurs dans le vaste monde! Wow…Sans aucun doute le nouvel ordre mondial sera assuré!
Moi qui ne dormait que d’un oeil…je pourrai bientôt dormir les deux yeux grands ouverts! Grâce au fédéral…et dire que certains ne se reconnaissent pas là-dedans, quelle ingratitude!
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 mai 2009 à 15:23
Quant à moi ce sont les 4 revendications mises de l’avant par la campagne actuellement en cours au Québec par le réseau des comités de chômeurs et des sans chemises qui doivent être retenues:
-une plus grande accessibilité aux prestations
-une augmentation du taux d’indemnisation
-abolition du délais de carence
-Programme d’Aide aux Travailleurs Âgées (PATA)
Quand je pense aux milliards que le gouvernement a volé pendant plusieurs années dans les cotisations vouées au programme d’assurance-emploi, je suis proprement révolté que maintenant que les chômeurs en ont besoin et que ce serait une contribution non seulement aux familles éprouvées mais également au soutien de la consommation dans l’ensemble des régions du Québec et du Canada, le gouvernement (et Ignatief avec son tout petit amendement) font la sourde oreille.
Dans quel monde immonde vivons-nous quand des anciens pdg de Bell, Banques et autres Power Corporation qui empochaient des millions en salaire annuel avec prime de départ doublé d’une pension à vie à leur départ et qu’on envoie promener à l’aide-sociale la moitié des cotisants à l’assurance-emploi quand ils perdent leur emploi !!??!!
Répondre à ce commentairePublié par Pierre LaGrenade le 27 mai 2009 à 20:09
Cinquante milliards de dollars volés par le fédéral à la caisse de l’assurance-emploi. Cela fût déclaré illégal par la cour fédérale mais l’argent n’a jamais été remis aux travailleurs, travailleuses.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 mai 2009 à 22:15
Deux poids, deux mesures!
Ceux et celles qui font les lois semblent être au-dessus des lois. Les tribunaux sont obligés de les rappeler à l’ordre mais ils se fichent de l’avis des tribunaux.
Par contre ces mêmes imposteurs n’hésiteront pas à ficher les individus avant même qu’ils aient été trouvés coupables de crimes. Ils resserrent la loi pour les autres et eux les transgressent allègrement. Les fédéraux sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins! Voilà le genre d’individus auxquels nous avons affaire.
Pour eux, la fin justifie les moyens.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 27 mai 2009 à 22:29
Je fais parti des professionnelles qui n’a pas de revenu depuis (2001).J’ai passé ma vie à payer mes taxes,mes impôts,mes assurances-responsabilité professionnelles. J’étais très assuré au niveau de ma protection et ma sécurité.
Aujourd’hui plus rien et si on a le malheur d’aller gagné un peu d’argent pour vivre… le gouvernement nous le réclame, pourquoi?
Heureusement qu’il me reste mes valeurs familiales
et ma débrouillardise…mais pour combien de temps encore ? J’ai 60 ans et je veux vivre encore …
de…P.A….une militante
Je veux avancé dans la vie
avec l’expérience académique que j’ai acquis.
J’espère que vous allé m’aider…je compte sur vous !
Merci de votre support.
Répondre à ce commentairePublié par Archambault le 30 mai 2009 à 13:09