Bilinguisation de l’UQAM : un précédent dangereux

Publié par Simon-Pierre Savard-Tremblay le 8 septembre 2009 à 10:26 11 commentaires

« Accepter volontairement la régression n’a rien de génial. Nous n’avons pas à chercher à plaire par tous les moyens à des gens qui ne pourront se satisfaire de moins que d’un bilinguisme imposé qui conduit à la désintégration culturelle et sociale. [...] en espérant que ceux qui n’ont pas compris finiront par comprendre. »
- Camille Laurin

C’est avec beaucoup de consternation que nous avons appris le 1er septembre dernier que six cours de gestion seront offerts exclusivement en anglais à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Cette situation constitue un recul important par rapport aux progrès que notre nation a enregistrés de peine et de misère au fil des ans.

Tout d’abord, l’UQAM est une université francophone. Il est donc inadmissible que des étudiants soient forcés de maîtriser l’anglais pour pouvoir réussir les cours en question. Des cours semblables sont probablement proposés dans des universités anglophones comme McGill ou Concordia. Les étudiants, en faisant le choix de s’inscrire à l’UQAM, souhaitent poursuivre leurs études en français.

D’aucuns nous diront que l’anglais est la langue des affaires et que la décision du département est des plus compréhensibles étant donné qu’il s’agit de cours de gestion. Or, si la connaissance de l’anglais constitue un avantage indéniable sur le marché du travail, elle ne doit aucunement constituer un préalable pour occuper un emploi à l’intérieur des frontières du Québec. L’individu qui fait le choix de ne parler que sa langue nationale se coupe de la réalité mondiale, mais personne n’a le droit de lui imposer l’apprentissage d’une seconde langue. Au Québec, la langue des affaires, c’est la langue française, et la défendre n’est aucunement un signe de fermeture.

En 1977, Camille Laurin a courageusement mis en place la loi 101. Par la vaste francisation des entreprises qu’elle impliquait, non seulement elle a permis aux Québécois de prendre le contrôle de leur économie, elle a également mené à l’enrichissement de plusieurs commerçants anglophones, qui pouvaient désormais compter sur une nouvelle clientèle francophone qui n’hésitait plus à fréquenter ces lieux, car ces derniers pouvaient maintenant leur offrir des services dans leur langue nationale. Or, la décision de l’École des sciences de la gestion (ESG) ouvre la voie à un immense retour en arrière. Le Forum jeunesse du Bloc Québécois (FJBQ) ne souhaite aucunement retourner à la situation qui prévalait avant 1977.

Dans un contexte où la langue française est constamment menacée et où nous sommes devenus minoritaires sur l’île de Montréal, où est située ladite université, cela est d’autant plus condamnable. L’ESG a agi ainsi afin de « doubler » le nombre de nouveaux arrivants. Il y a fort à parier qu’une trop grande proportion de ces derniers n’apprendra pas le français. Proposer l’enseignement en anglais n’oblige aucunement les nouveaux arrivants à se concentrer sur l’apprentissage de la langue locale.

Il faut se rappeler que le réseau des universités du Québec fut mis sur pied en 1969 dans le but d’offrir aux Canadiens français un système d’éducation démocratique et accessible qui lui faisait auparavant grandement défaut. L’UQAM, surnommée « l’université du peuple », est un bel héritage de la Révolution tranquille. Le but de l’École des sciences de la gestion, qui détient une excellente réputation, était que notre peuple puisse lui aussi avoir ses cadres et ses entrepreneurs, qu’il puisse lui aussi avoir sa juste part de son économie nationale.

Les fédéralistes ont toujours tenté de déconstruire notre identité collective en s’en prenant à nos acquis. Que ce soit en prenant d’assaut notre histoire nationale par des projets comme la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham ou par les attaques répétées de la Cour suprême contre nos lois linguistiques, l’État fédéral fait tout en son pouvoir pour faire du peuple québécois une minorité inoffensive dans un ensemble multiculturel et centralisé à l’extrême.

Aujourd’hui, la menace ne vient même pas des élites fédéralistes, mais des administrateurs d’un de nos joyaux collectifs, qui, par la porte qu’ils viennent d’ouvrir, deviennent dans les faits les complices de nos adversaires. Les haut placés de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM mettent en péril nos acquis en créant un dangereux précédent. Non seulement contribuent-ils à déconstruire l’université que nous avons collectivement bâtie, ils contribuent également à faire régresser la Charte de la langue française en touchant à deux de ses plus importants volets : l’éducation et l’économie. Depuis la thérapie de choc du Dr Laurin, nous avons enregistré des victoires et des échecs. Trop de ces derniers sont venus de nous-mêmes.

Le Forum jeunesse du Bloc Québécois (FJBQ) demande à l’administration de l’Université du Québec à Montréal de revenir sur sa décision, d’annuler les six cours en question pour ensuite les offrir en français. Sinon, son irresponsabilité nous coûtera cher, collectivement.

Simon-Pierre Savard-Tremblay
Responsable du contenu
Forum jeunesse du Bloc Québécois

Ont également signé ce texte: Jean-François Landry, Jason Bischoff, Arianne Bouchard, Sarah Désilets-Rousseau, Isabelle Hétu, Philippe Leblanc-Lamothe, Marie-Andrée Plante et Jean-René Roy.

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11 commentaires

  1. S’ils contreviennent à la loi 101, il ne faut pas les laisser faire!…Est-ce le cas?

    Publié par maude levasseur le 8 septembre 2009 à 14:32

  2. Et voila une autre étape vers la bilinguisation du Québec. s
    sa commencer « on veut nos enfants soient bilingue » après « on veut une ville bilingue international » montréal est devenus bilingue au nom de l économie de marcher. Demain sa sera le Québec entier ce jour là, avertissez mois pour que je puisse sacré mon camp en France au moins eux, ils non pas peur d imposés leur langue et culture au resortissants étrangers. Ici ont est faible et ils faut faire plaisir aux aurres. C est pathétique et honteux, mes pots marsaillais n en reviennent pas. salut Landry ne t’ inquiète pas on va encore sauvé Jeanne Leber. A bientôt ont ce téléphone et on déjeune….

    Publié par ALain Lacasse le 8 septembre 2009 à 15:02

  3. En passant je ne parle pas l anglais, pas parce que je ne suis pas bilingue et « renfermer » sur mois même mon chum, puisse que j ai fait 3 pays européen en 2 ans.C’ est une question de fiertée et de principes. Ce qui fait cruellement défaut au Québec.

    Publié par ALain Lacasse le 8 septembre 2009 à 15:12

  4. 1* Que feront ces étudiants après les cours ?
    2* Qui paiera pour ces étudiants???
    3* Serais-ce le début de l’université bilingue??
    Non Merci au québec c’est en français qu’on étudie et qu’on travaille

    Publié par nicole L. le 8 septembre 2009 à 17:00

  5. Heureusement que la protection du français est la  » mission sacrée  » des libéraux. Ça doit être aussi vrai que lorsque le grand bâtisseur affirme être le premier-ministre de tous les québécois/es. Libérons-nous des libéraux au plus vite, ça presse!

    Publié par Daniel Charette le 8 septembre 2009 à 18:48

  6. Si on faisait traduire tout le contenu de ces six cours en français, alors il n’y aurait plus aucune raison de les offrir en anglais… en espérant que l’UQAM prenne cette décision, auquel cas le processus se complétera en une ou deux sessions.

    Publié par Yvan Ung le 8 septembre 2009 à 21:49

  7. Le français est en danger au Québec. Pour toutes sortes de raisons. : manque de fierté, mollesse, à-plat-ventrisme, plus de la moitié des immigrants qui s’anglicisent, etc …

    L’anglais à l’UQAM: un épiphénomène.

    Car il existe au Québec un scandale systémique : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent autour de 25 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu’elles devraient avoir. On en est rendu au point où le Québec finance lui-même son assimilation à l’anglais.

    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d’enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu’au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.

    Quand finira-t-on de se tirer dans le pied?

    Publié par Raymond, État du Québec le 9 septembre 2009 à 9:33

  8.  » Quand finira-t-on de se tirer dans le pied?  »

    Le jour où nous serons  » maîtres chez nous « .

    Publié par Daniel Charette le 9 septembre 2009 à 11:25

  9. En premiere lieu, nous sommes francophones
    dans une province francophone donc faut respecter et de droit d exiger que cette langue qui est le francais soit une priorité… on priorise autant l alcohol que la langue… sans oublier nos tres chers (es) quebecois (es) sont aussi dans l erreur a faire apprendre leur enfants l anglais avant le francais.

    ceci est l erreur du peuple et non du gouvernement, qu on cesse de pointer faut se regarder soi meme avant tout.

    ce qui me desole en veut tant proteger notre langue et on ne fait rien… je ne trouve aucun livre en francais rien tous en anglais… comment vous voulez prevatiser la langue si on la transmet pas de la bonne maniere les livres.

    pour repondre a Daniel Charette : pour etre le mettre chez soi. faut freiner l abus du parti liberal du quebec qui ne cessent d ouvrir de grande horizon aux anglophones, ils investissent autant la que vers les francophones…

    etre maitre chez soi, sa commence par soi meme et donnant une education francophone et non anglophone.

    Publié par Michael.G le 10 septembre 2009 à 0:25

  10. Peu importe ce qui arrive, l’anglais va prendre le bord, nous avons reussie au Quebec a garder le francais a cause du babyboom francophone. Les Quebecois ne font plus de bebe comme avant et trop d’immigrants viennent envahir le territoire. La seule facon de contrer ce phenomene est de faire plus de bebe francophone….

    Publié par Lindsay le 24 septembre 2009 à 13:01

  11. Au Quebec si tu veux avoir un job, tu dois impérativement $etre bilingue, en particulier savoir parler l’anglais.

    L’anglais est la langue universelle pour le travail.

    Publié par parler l'anglais le 5 octobre 2009 à 4:14

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