Devant la pression exercée sur son gouvernement, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a annoncé ce matin que le gouvernement conservateur avait l’intention de déposer un projet de loi pour prolonger les prestations des travailleurs de longue date. Cette annonce est problématique à plusieurs égards.
D’abord, il faut rappeler ceci : toute mesure qui prolonge les prestations ne touche qu’une partie des prestataires, c’est-à-dire ceux qui se rendent jusqu’au bout de leur période de prestations. Mais surtout, cette annonce ne change rien à l’admissibilité au régime d’assurance-emploi. Que le projet de loi soit accepté ou non, il reste qu’en 2008 seulement 46,79 % des chômeurs touchaient de l’assurance-emploi, alors que cette proportion était de 84,49 % en 1989, avant que les conservateurs, et surtout par la suite les libéraux, ne resserrent considérablement les critères d’admissibilité… pour pouvoir payer la dette avec l’argent des travailleurs!
Mais le plus scandaleux dans ce refus de rouvrir enfin les critères d’admissibilité du régime, c’est cet entêtement idéologique à voir dans tous les chômeurs des fraudeurs potentiels.
Pas plus tard que vendredi dernier, on apprenait en lisant le rapport du Bureau du directeur parlementaire du budget, comment raisonne le gouvernement Harper dans son estimation du coût qu’engendrerait un critère d’admissibilité uniforme fixé à 360 heures. On y apprend en effet que le gouvernement, dans ses calculs, présume que plus de 180 000 travailleurs, s’ajoutant aux 166 000 chômeurs existants qui se qualifieraient en vertu de cette nouvelle norme, chercheraient à profiter de ces nouveaux critères en quittant volontairement leur emploi après avoir accumulé suffisamment d’heures pour être admissibles – et ce, avec la connivence de leur employeur, puisque l’on sait que les départs volontaires ne sont plus couverts depuis longtemps par le régime.
C’est ainsi – et seulement ainsi – que le gouvernement conservateur en arrive à la conclusion qu’une modification du seuil minimal coûterait environ 2,5 milliards de dollars, c’est-à-dire plus du double de ce qu’estime le directeur parlementaire du budget.
C’est difficile d’imaginer un gouvernement plus méprisant envers ses citoyens, et c’est particulièrement triste de réaliser que ce mépris et ces suspicions pénalisent les travailleuses et les travailleurs qui ont eu la malchance de perdre leur emploi.
Essentiellement, le gouvernement traite 180 000 Canadiens, et donc plus de 50 000 Québécois, de menteurs et de fraudeurs potentiels.
Une chose est certaine : les électrices et les électeurs québécois, eux, ne mentiront pas.
Josée Beaudin
Députée de Saint-Lambert
Porte-parole adjointe en matière de ressources humaines et de développement social






Selon ce que j’en ai compris , ce gouvernement veut encore créer deux catégories de citoyens, les chanceux et les malchanceux qui eux, ne seront pas admissibles. Ce gouvernemnt n’est que l’image de l’idéologie droitiste..
Répondre à ce commentairePublié par nicole L. le 14 septembre 2009 à 17:52
Tous les voleurs ont peur de se faire voler.
Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 14 septembre 2009 à 19:55
Je dirais que c’est entre les chiffres du directeur parlementaire du budget et ceux des Conservateurs. Plus proche de 1.5 milliard que de 2.5 milliards.
Je dirais qu’il y a une chose de plus à faire au-delà de ramener à 360 heures et d’abolir le délai de carence: annuler le programme « Célébrons le Canada » dans son intégralité (environ 10 millions) et distribuer 250$ à chaque prestataire qui change d’adresse pendant qu’il reçoit ses prestations (ne serait-ce que pour couvrir une partie des frais de déménagement!) Mais je crois qu’avec 10 millions, on ne pourra pas aider tout le monde en distribuant 250$ au changement d’adresse, même en supposant que les prestataires de l’AE aient la même bonne foi que les Bloquistes qui défendent leurs intérêts!
Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 15 septembre 2009 à 13:45
>>C’est difficile d’imaginer un gouvernement plus méprisant envers ses citoyens, et c’est particulièrement triste de réaliser que ce mépris et ces suspicions pénalisent les travailleuses et les travailleurs qui ont eu la malchance de perdre leur emploi.<<
Puisque ce gouvernement est si méprisant pourquoi ne le renversez-vous pas? Vous en aurez la chance vendredi!
Répondre à ce commentairePublié par PLasante le 15 septembre 2009 à 22:10
Sinon, on a toujours la motion de censure en octobre.
Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 16 septembre 2009 à 11:08
Avec les sondages qui favorisent les conservateurs pour devenir majoritaire je ne crois pas que quicongque va renverser Harper. Je suis souverainiste mais je ne desire pas voir les faces de Harper et Ignatieff sur nos lampadaires avant un siecle!
Répondre à ce commentairePublié par PLasante le 16 septembre 2009 à 19:03