Lutte au déficit: contrairement aux libéraux, le Bloc Québécois ne veut congédier aucun fonctionnaire

Publié par Richard Nadeau le 6 octobre 2009 à 16:35 5 commentaires

Dans la foulée de l’article paru le 6 octobre dans Le Droit sur notre plan de lutte au déficit, certains ont cru que le Bloc Québécois voulait s’attaquer aux membres de la fonction publique. C’est loin d’être le cas.

Des réductions par attrition
En ce qui concerne notre proposition de réduire de 0,9 % la masse salariale du gouvernement au bout de cinq ans, il est à noter qu’il s’agit essentiellement de réduire, par attrition, le nombre de postes de hauts fonctionnaires, ce qui n’empêche nullement le gouvernement d’augmenter les effectifs là où le besoin s’en fait sentir, en particulier pour ce qui est des agents de première ligne et du personnel de soutien.

Cette proposition n’est pas nouvelle puisqu’elle a été tirée du plan d’économie proposé par le comité Léonard en 2004 (page 15). Ce plan prévoit des économies annuelles de 8 milliards de dollars après cinq ans, réparties entre la réduction de 3 milliards de dollars de la sous-traitance (services professionnels et spéciaux), la réduction de la masse salariale (2,8 milliards de dollars) et d’autres dépenses de fonctionnement (2,2 milliards de dollars).

En ce qui concerne la masse salariale, le plan suggère au gouvernement de ne remplacer qu’environ sept fonctionnaires sur dix qui partent à la retraite, et ce, pendant cinq ans. Le Bloc Québécois considère que ce sont principalement les hauts fonctionnaires qui doivent faire l’objet de cette révision et c’est d’ailleurs à ce niveau que les économies seront les plus importantes. Tous les députés du Bloc Québécois sont conscients que les fonctionnaires de première ligne et de soutien sont trop peu nombreux et nous ne souhaitons pas une réduction de leurs effectifs, bien au contraire. Nous croyons qu’il est possible pour le gouvernement fédéral de faire une révision rigoureuse et de réduire la masse salariale de façon significative, tout en augmentant les effectifs là où le besoin est évident.

Éviter de répéter les erreurs du passé
En exposant ses propositions pour lutter contre le déficit, le Bloc Québécois poursuivait les objectifs suivants : éviter de répéter le triste épisode des années 90 alors que des milliers de fonctionnaires ont été congédiés; éviter des compressions budgétaires dans les transferts destinés au Québec et aux provinces pour la santé, l’éducation et les services sociaux; éviter des compressions dans les transferts aux individus; éviter des hausses d’impôt ou de tarif qui viseraient la classe moyenne et éviter que le gouvernement ne pige encore une fois des milliards de dollars dans la caisse d’assurance-emploi comme il est prévu dans la dernière mise à jour des perspectives financières et économiques.

Les riches doivent faire leur part
Notre priorité, c’est que le gouvernement fédéral mette fin aux privilèges des banques en fermant la porte à l’utilisation des paradis fiscaux et en abolissant les privilèges fiscaux dont bénéficient les grandes pétrolières.

Nous proposons en outre d’examiner attentivement les dépenses militaires qui, selon nos calculs, vont s’élever à 490 milliards de dollars au cours des vingt prochaines années. Nous demandons au gouvernement d’imposer un moratoire à tout achat d’armement de plus de 100 millions de dollars.

En 19981, un particulier ayant un revenu imposable de 150 000 dollars aurait eu à payer 39 062 dollars d’impôts. Le même contribuable, en 20092, aura à payer 33 603 dollars, soit une diminution de 5 459 dollars. Nous pensons donc que les gens ayant un revenu imposable supérieur à 150 000 dollars devraient contribuer à la lutte au déficit en payant une surtaxe de 1 % pendant les quatre prochaines années.

Voilà des propositions qui nous apparaissent justes et équitables.

Richard Nadeau
Député de Gatineau
Porte-parole du Bloc Québécois pour les questions touchant le Conseil du trésor


http://www.cra-arc.gc.ca/tx/ndvdls/fq/98_rt-fra.html

http://www.cra-arc.gc.ca/tx/ndvdls/fq/txrts-fra.html#fédéral

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5 commentaires

  1. C’est comme si vous vouliez faire profiter tout le pays en plus du Québec…

    Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 6 octobre 2009 à 17:21

  2. On a eu la chance de passer des lois en formant un gourvernement de coalition au mois de janvier. Maintenant c’est trop tard. Harper est là pour encore 10 ans! Ce n’est pas ce que je souhaite mais c’est ça qui arrive à cause de l’indécision de nos dirigeants.

    Répondre à ce commentairePublié par Pierre Las le 6 octobre 2009 à 19:06

  3. Le seul problème c’est que tout cela relève du bon sens…un langage étranger sur les collines parlementaires! C’est la raison pour laquelle nous nous enfonçons dans la guerre, le chômage, les déficits, les crises et la destruction de nos écosystèmes, supports de toute vie sur notre planète bleue.

    N’oubliez pas de leur dire de faire attention à la monnaie ainsi qu’à la vaisselle… royales! Inutile de leur demander ce qui s’est passé au juste, alors que même la G.R.C. semble totalement impuissante.

    Je me demande si c’est ce qui leur vaut les premiers prix de « saine gestion?… ».  » Au royaume des aveugles de la très haute finance , le borgne est roi! « . Je me demande bien qui en Europe a pu jouer de son influence pour décorer le très compétent ministre canadien de la manipulation des chiffres. Je trouve qu’il mériterait bien la croix d’honneur lui aussi…c’est vrai que la stabilité c’est important pour brasser des grosses affaires…$$$$$$$. Dommage que tout cela ne profite qu’aux multi- millionnaires! Un jour ou l’autre, et ce sera vraisemblablement l’autre… toute cette richesse monstrueuse finira bien par nous rejaillir dessus…en attendant, serrons-nous la ceinture, y paraît que plus on maigrit plus c’est facile…

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 6 octobre 2009 à 23:39

  4. Taxer les riches est une vieille idée qui n’aboutira à rien car ce sont justement les riches qui gouvernent le Canada; ils n’ont nullement envie d’augmenter leurs impôts !

    Répondre à ce commentairePublié par Garamond le 8 octobre 2009 à 9:55

  5. À ce compte là, pouvons-nous considérer que la justice est une vieille idée…au même titre que l’amour universel, le partage, la paix et même la civilisation?! En lieu et place de la loi de la jungle ainsi que du talion…

    Le moyen le plus sûr de ne pas réussir c’est de ne rien mettre en oeuvre. Et si nous nous contentions de critiquer, on nous reprocherait de n’être bon qu’à chialer. Au moins le Bloc a des idées pour aller de l’avant, changer les choses et innover en procédant différemment! Cela s’appelle être « pro-actif », dynamique, novateur.

    Ce que le Bloc suggère, c’est de cesser de s’en prendre aux plus pauvres parmi nous, en demandant aux mieux nantis de faire leur part. Cesser d’être complaisants en matière d’évasions fiscales, diminuer progressivement la taille de la fonction publique, éviter le gaspillage.

    Ce sont peut-être de vieilles idées…mais justement, si on se décidait enfin à les mettre en application! Arrêtons de subventionner les « pauvres » multinationales…qui veulent tellement notre bien qu’ils sont prêts à tout pour nous l’enlever. Attaquons-nous résolument aux évasions fiscales, pas juste en paroles mais en agissant vraiment pour récupérer ces milliards qui font cruellement défaut pour assurer la cohésion sociale, Oui c’est une vieille idée…mais elle n’a jamais été appliquée! Ça prend des femmes et des hommes qui se tiennent debout pour le leur rappeler.

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 8 octobre 2009 à 10:57

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