Copenhague : le gouvernement Harper en tête des opposants

Publié par Bernard Bigras le 16 novembre 2009 à 15:18 8 commentaires

Paru dans La Presse du lundi 16 novembre, ce texte est une réplique à l’éditorial d’André Pratte intitulé « Le Canada et Copenhague ».

Dans votre éditorial, vous estimez que les groupes environnementaux et moi-même déformons la réalité lorsque nous constatons que la position du Canada risque de compromettre l’adoption d’un accord sur les suites à donner au protocole de Kyoto lors de la conférence de Copenhague en décembre prochain.

Après avoir participé à nombre de conférences sur les changements climatiques et pour avoir échangé avec maintenant trois ministres de l’Environnement conservateurs, c’est par expérience que j’affirme que le Canada, sans être le seul, est au premier rang des pays qui cherchent à faire dérailler les pourparlers.

En rejetant toujours le blâme de l’inaction du Canada sur les gouvernements précédents alors qu’ils sont au pouvoir depuis maintenant tout près de quatre ans, en soulevant mille et un prétextes pour repousser encore et encore l’entrée en vigueur d’une réglementation crédible qui permettrait l’essor d’une bourse du carbone à Montréal et, surtout, en se fixant un plan basé à la fois sur une année de référence partiale (2006 plutôt que 1990) et des cibles d’intensité qui ne sont partagées par personne d’autre, les conservateurs ont volontairement fait l’impasse sur les propositions de la communauté internationale.

Pire, le Canada se fait maintenant l’apôtre de « circonstances nationales » pour justifier qu’il devrait faire moins d’efforts que les autres, alors même que des pays au climat encore moins clément réussissent à faire beaucoup mieux. Ce faisant, le Canada a ouvert la porte à toutes les excuses et dédouane les pays qui, comme la Chine et l’Inde, pourraient être tentés d’invoquer eux aussi leurs circonstances particulières.

Ce n’est pas pour rien que le Canada accumule, lors des discussions internationales, les prix Fossiles, remis aux pays les plus destructeurs de consensus. Et contrairement à la Russie et à l’Allemagne que vous citez en exemple, le Canada, lui, n’a pas réduit ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, loin de là.

Sachez que j’adhère toutefois à votre conclusion à l’effet que la position de négociation de chaque pays est tributaire de ses intérêts économiques. C’est justement pour cette raison que l’Allemagne est devenue un leader des énergies renouvelables, que la Chine lui emboîte le pas et que le gouvernement américain a décidé d’investir 150 milliards de dollars dans les énergies renouvelables.

Alors que le Québec a, lui aussi, tout à gagner à réduire sa dépendance au pétrole qui lui coûte des milliards de dollars par année, le Canada se définit comme une nation pétrolière. Pas étonnant, donc, que le Canada cherche à tout prix à éviter qu’un traité contraignant ne soit conclu à Copenhague. Ce que les conservateurs oublient de dire, c’est que, tôt ou tard, nous paierons la note.

Bernard Bigras
Porte-parole du Bloc Québécois en matière d’environnement
Député de Rosemont–La Petite-Patrie

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8 commentaires

  1. Bravo Bernard, bon texte qui explique bien les enjeux auxquels nous sommes confrontés et les choix environnementaux désastreux du gouvernement conservateur. Belle réponse à André Pratte.

    Répondre à ce commentairePublié par Claude DeBellefeuille, députée de Beauharnois-Salaberry le 16 novembre 2009 à 20:31

  2. Quand le pétrole sale mène le monde…

    La clé de notre réussite réside dans la conciliation du développement économique et du développement durable car les deux vont dorénavant de pair. Le problème des fossiles au pouvoir à Ottawa c’est qu’ils s’obstinent à opposer ces deux pôles désormais indissociables si nous voulons réellement limiter les dégâts tout en progressant économiquement. Des tragédies se vivent présentement ici et ailleurs dans le monde à cause du manque de « leadership » des grands pollueurs comme le Canada.

    Une conversion aussi urgente qu’indispensable doit s’opérer sans plus de délais si nous ne voulons pas que le climat s’emballe irrémédiablement. Mais ces braves dynosaures conservateurs préfèrent continuer à fermer les yeux tout en prétendant que changer résolument nos modes de développement serait trop dommageable pour l’économie canadian, alors que c’est faux! Ce serait dommageable pour les profits faramineux des oligarques qui exploitent les énergies fossiles d’accord, mais ce serait à moyen-long terme extrêmement profitable pour la collectivité, laquelle tirerait grand profit de la nouvelle économie dont nous pourrions dès lors provoquer l’émergence. La technologie est là, il n’en tient qu’à nous de la parfaire, la développer et l’appliquer. Toutes ces étapes peuvent engendrer d’excellents retours sur investissements.

    Tous les pays qui s’y mettent sérieusement en récoltent déjà les fruits et ils prennent une avance considérable sur nous. En effet, plus nous perdrons du temps très précieux à tergiverser, plus l’écart se creusera entre ceux qui seront à l’avant-garde et les cancres…sans oublier que le prix à payer sera d’autant plus énorme dans le marché du carbone.

    Par leur très grave négligence, à cause de leur parti-pris pour les pétrolières et l’industrie automobile,les irresponsables qui sont en poste à Ottawa sont en train de nous enfoncer avec eux, dans les sables mouvants bétumineux.

    Pendant ce temps, au Québec, le grand bâtisseur de gouffres financiers s’emploie à déployer en catimini, selon sa méthode habituelle, pièce par pièce…le fameux projet « trailbraker », lequel s’aligne directement sur la « stratégie » énergétique tout aussi destructrice que contre-productive du gouvernement canadian.

    En dehors du Québec, qui a intérêt à ce que nous réalisions la souveraineté énergétique suite à la mise en oeuvre et à l’exploitation de notre plein potentiel d’énergies renouvelables et de l’application de technologies du vingt-et-unième sciècle?…

    Non satisfaits de tourner sciemment et volontairement le dos à une formidable occasion de transition vers la nouvelle économie, en plus les fédéraux veulent nous forcer à leur emboîter le pas dans cette noire aventure, au plus grand mépris de l’urgence planétaire extrême et même du simple bon sens…tout attentionnés qu’ils sont envers les intérêts $$$$$$$$ de leurs principaux commanditaires! Je déclare que tout cela est non seulement absurde mais également criminel.

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 17 novembre 2009 à 1:55

  3. Je n’ai jamais lu ou entendu pratte dire que le Bloc a eu raison ou a raison , sur tel ou tel sujet, ce serait une première mondiale qu’il faudrait publier à la grandeur du canada s’il le faisait. Mais ne nous faisons pas d’illusion il ne le fera pas , Je l’ai entendu encore ce matin répéter que le Bloc a exagéré en affirmant que le canada était le coupable ..

    La seule solution comme l’a répété M. Parizeau c’est de faire nos propres lois dans notre propre pays POINT

    Pratte perdra son job de critiqueur officiel des souverainistes et j’en récolterai une grande satisfaction personnelle.

    Répondre à ce commentairePublié par nicole L le 17 novembre 2009 à 16:57

  4. Si, après nous, l’Ontario voulait devenir souverain, Toronto et Québec voudront tenter leur chance pour ratifier l’Accord de Copenhague à part… il ne resterait plus que l’Ouest canadien (Calgary peut-être) à tout refuser.

    Répondre à ce commentairePublié par Yvan Ung le 20 novembre 2009 à 14:27

  5. [...] alone is enough to warrant commital to an insane asylum for the sake of not only the health of the person demanding it but also for the safety of the rest of the citizens who will be forced to suffer at the [...]

    Répondre à ce commentairePublié par The Madness of Copenhagen | ThePolitic.com le 21 novembre 2009 à 9:03

  6. Se cacher la tête dans les sables bitumineux…ça, c’est de la folie furieuse! Le temps des discours est révolu, nous devons agir dès maintenant. Visons donc 50% pour 2,050 et prions pour que ce soit suffisant. Il en va de la sécurité de milliards d’êtres vivants.

    Si vous considérez ces cibles de réduction comme étant de la folie furieuse, eh bien, allons-y pour la folie furieuse, pour vous faire plaisir et pour limiter les dégâts!

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 30 novembre 2009 à 14:35

  7. Si nous combattons le feu par le feu, pourquoi ne pas opposer une forme de folie furieuse à « La folie furieuse » du capitalisme destructeur. Je le répète, la situation actuelle représente une formidable occasion de changer nos modes de dévelopement en instaurant l’économie durable. À partir de maintenant, nous devons cesser d’opposer économie et environnement, puisque les deux sont indissociables, ceci est devenu une évidence!

    Donc, tout développement qui ne respecte pas l’équilibre écosystémique, comme l’exploitation des sables bitumineux ou encore la filière nucléaire, doivent être sérieusement reconsidérés dans une perspective de protection des organismes vivants dont nous sommes.

    Le devoir premier d’un État, consiste à assurer la sécurité et le bien-être de ses citoyens/nes, certainement pas d’enrichir une petite minorité d’oligarques multimilliardaires au mépris de la santé et de la survie de la multitude, prise en otage par une bande de truands…qu’ils soient de Bay Street, de Wall Street ou d’ailleurs.

    En toute justice, les ressources naturelles d’un pays devraient appartenir à tous les gens qui habitent ce pays. L’État, représentant du peuple, devrait avoir tous les droits sur ses ressources dont celui de les protéger en obligeant les entreprises à respecter les lois nationales et internationales concernant l’exploitation de ces ressources.

    Vous allez me dire:  » mon pauvre vieux, mais toutes ces lois existent déjà!… », ah bon, alors comment se fait-il que tant de pays qui regorgent de richesses naturelles connaissent un état de délabrement social absolument épouvantable? Ces lois ne seraient pas respectées? Donc, les sociétés transnationales ne respectent pas les lois des nombreux pays victimes de leurs méfaits! Les dirrigeants de ces pays seraient-ils corrompus? Qu’en est-il de nos richesses naturelles…de nos représentants élus/es? Sont-ils différents des autres…leur permettent-ils de faire tout et n’importe quoi, monnayant certaines compensations en argent sonnant…et autres « bénéfices marginaux » comme un deuxième salaire non- officiel par exemple.

    Alors,…quand toute une population demande quelque chose à son gouvernement et que celui-ci fait la sourde oreille, que faisons-nous?
    Quand nous savons que nous nous faisons escroquer…que faisons-nous? Sommes-nous devenus un pays du tiers-monde?

    Notre réveil…c’est pour quand?!

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 30 novembre 2009 à 15:48

  8. Une autre chose que je me demande aussi…alors que des sociétés étrangères viennent sur notre territoire national pour procéder à des activités reliées à l’exploitaion de nos richesses minières par exemple et au moment où nous prenons conscience que les dites opérations mettent notre santé et notre sécurité en péril tout en menaçant nos écosystèmes…avons-nous le droit de nous défendre?
    Est-ce que le seul droit que nous avons c’est celui de les laisser nous empoisonner à petit feu, lentement mais sûrement? Comme dans la municipalité de Shanon par exemple, alors que le fédéral savait…mais non bien sûr ils ne savaient pas! Jusqu’où pouvons-nous aller pour défendre nos vies, celles des enfants et notre environnement?

    Mais je sais que le moyen le plus simple, le plus facile et le moins violent c’est de se lever debout, d’aller voter pour vraiment changer les choses qui doivent et peuvent l’être. Nous pouvons nous donner le pouvoir en choisissant de voter pour des femmes et des hommes qui se tiennent debout face aux vendus que nous payons pour nous mentir et nous voler.

    Assez c’est assez!

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 30 novembre 2009 à 16:20

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