Alors que le tic-tac du compte à rebours vers Copenhague devient assourdissant, voici cinq choses qu’il me semble utile de savoir sur le climat :
Pollution en Chine, une photo de Lu Guang (cliquez sur la photo pour en voir d’autres)
1. Si ça réchauffe, pourquoi ça refroidit? Bonne question!
2. Avec la récession, ça réchauffe moins? Malheureusement, non.
3. Les mesures prises depuis 10 ans n’ont-elles aucun effet? Au contraire!
4. Puisque ça marche, on n’a qu’à continuer comme ça? Euh, non!
5. Donc, quelles sont les probabilités qu’on évite le pire? Réponse : vous avez une pièce de monnaie?
1. Si ça réchauffe, pourquoi ça refroidit? Bonne question!
Réchauffement en dents de scie (Graphie : NYTimes) Cliquez pour voir l’image
C’est la planche de salut des négationnistes — et le calvaire des scientifiques. Après des années où le réchauffement fut spectaculaire– Katrina, la fonte de l’Arctique — les températures redescendent ces dernières années. Les scientifiques expliquent que l’augmentation continue de CO2 dans l’atmosphère fait monter la température, mais en dents de scie. Nous sommes sur “un plateau”. Selon le NYTimes qui fait le tour de la question ici (il faut s’inscrire mais c’est gratuit), nous avons 1/8 de chance que ce plateau dure 10 ans, mais 5/100 qu’il dure 15 ans. Cela rend le travail de persuasion du public plus difficile. Comme le dit le physicien Joseph Romm :
« les humains ne sont pas comme des grenouilles qui bouillent tranquillement, mais comme des grenouilles sans cervelle qui bouillent tranquillement! »
2. Avec la récession, ça réchauffe moins? Malheureusement, non.
Le sud pollue moins par personne. Mais ils sont plus nombreux. (cliquez pour voir l’image)
Normalement, oui, mais ce n’est pas la récession pour tout le monde. Aux États-Unis, grâce à la récession (!!), les émissions de CO2 ont chuté de 2,8% en 2008.
Pourtant, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté en 2008 de 2 %, notamment parce que la croissance économique de la Chine (pour 75 % de l’augmentation), de l’Inde et de d’autres pays émergents vont bon train. Bref, même avec la récession, ce 2% est une augmentation record dans l’histoire.
Washington estime qu’en 2009, les émissions de CO2 aux États-Unis vont être de 8,5 % plus basses que leur niveau de 2005. Mais comme la reprise économique est encore plus forte en Chine cette année que l’an dernier, il est possible que les émissions mondiales vont être malgré tout à la hausse.
3. Les mesures prises depuis 10 ans n’ont-elles aucun effet? Au contraire!
C’est la bonne nouvelle derrière tout ce carbone. Les émissions ont été réduites en 2008 en Europe à cause de la récession, mais elles commençaient à se réduire auparavant à cause de l’application des mesures environnementales. En 2005, les réductions dans les 15 pays européens actifs en la matière étaient de 0,8 % sur l’année précédente, et de 1,5 % par rapport à 1990. C’est peu, mais c’est dire que, malgré la croissance économique, cela marche. Globalement, l’Union Européenne et le Québec sont en piste pour ramener, en 2012, leurs émissions de GES à 6 % de moins que ce qu’elles étaient en 1990. Bref: quand on y travaille, ça marche !
4. Puisque ça marche, on n’a qu’à continuer comme ça? Euh, non!
On ne veut pas aller là! (Graphique WPost) Cliquez pour voir l’image
Un rapport de l’ONU publié en septembre a joué à prédire ce qui se passerait si tous les pays appliquaient intégralement leurs politiques environnementales les plus optimistes adoptées jusqu’à maintenant. Sachant qu’il faut absolument éviter une augmentation de 2 degrés de l’atmosphère terrestre (au-delà, le degré de misère humaine augmente rapidement), l’application des efforts déjà en cours résulterait, en fin de siècle, par une augmentation de 6,3 degrés ! (Ne rien faire donnerait 8,1, mais à ce niveau, nous serions beaucoup plus nombreux à ressentir la différence.) Conclusion d’Achim Steiner, directeur exécutif de l’Agence des nations unies pour l’Environnement :
« Avec chaque jour qui passe, les tendances lourdes que la science nous révèle sont d’une nature si dramatique que ne pas réussir une entente majeure à Copenhague serait vue historiquement comme inexcusable. »
5. Donc, quelles sont les probabilités qu’on évite le pire? Réponse : vous avez une pièce de monnaie?
En simplifiant à peine, on peut dire que si les pays réunis à Copenhague en décembre acceptent les recommandations des scientifiques réunis par l’ONU de réduire globalement de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, nous aurons 50 % des chances de ne pas passer le cap des 2 degrés supplémentaires. Ce n’est en réalité qu’une évaluation du risque. Plus on réduit, moins le risque est grand. Moins on réduit, plus on est cuit. Bref, à ce stade, il faut réduire et prier.
6. (Bonus) Et vous, blogueur, qu’en pensez-vous?
J’ai passé une partie de l’été à me plonger dans ces dossiers pour Imaginer l’après-crise et faire ma propre modeste contribution à la résolution de ce problème. J’en sors dans un état de pessimiste sceptique. Je suis pessimiste sur notre capacité collective d’éviter le pire. Mais je reste attentif (et actif) pour que la moindre étincelle d’intelligence collective me donne tort.
(Voir les terribles images de la pollution en Chine, par le photographe Lu Guang, ici.)
Avec la permission de Jean-François Lisée, directeur exécutif du CERIUM, conseiller de Jacques Parizeau et Lucien Bouchard (1994 à 1999).
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En effet, plus que 11 jours avant Copenhague. Je suis résidente de Laurier-Ste-Marie ainsi que membre de Greenpeace. Je viens tout juste de recevoir dans ma boîte aux lettres un dépliant de mon député, M. Gilles Duceppe, où l’on y inscrit les priorités du Québec. On peut y lire que les priorités du Québec sont « la santé, l’éducation et la famille ». Où se trouve donc l’environnement? 11 jours avant Copenhague, les priorités du Québec, exprimées par le bloc, devraient peut-être inclure l’environnement!
Julie Nault-Beaucaire
Candidate à la maîtrise en communication, UQAM
Publié par Julie Nault-Beaucaire le 25 novembre 2009 à 13:22
Bonjour,
Tout ça est fort spécial. J’ai envoyé copie de votre article à plusieurs de mes amis.
Merci pour l’information
Pierre
Publié par pierre st vincent le 25 novembre 2009 à 13:36
[...] (Photo du photographe chinois Lu Guang, trouvée sur le blogue de Jean-François Lisée.) [...]
Publié par Climategate : on ne pourra pas dire que je n’en ai pas parlé… « Renart L’éveillé / Carnet résistant le 26 novembre 2009 à 3:19
N’ayez pas peur…
ne craignez rien. Justement, la prière nous sauvera tous. La prière c’est simplement une pensée amoureuse…touts ceux qui aiment prient.
Beaucoup, beaucoup d’êtres prient sans le savoir…continuellement. Un grand nombre pensent qu’ils prient mais ils sont dans l’erreur, ils manquent la cible. Il faut que le coeur, l’esprit et l’âme soient engagés. Il y a des anges partout autour de nous, dans nos vies…surtout, souvenez-vous, le bien ne fait pas de bruit, recherchez la paix, le silence.
Le monde cherche à nous faire peur pour mieux nous égarer. Nous ne sommes pas seuls, des puissances tellement grandes que nous pouvons à peine l’imaginer veillent sur chacun, chacune de nous, le jour et la nuit. Elles sont « créatrices ».
N’ayez pas peur…soyez en paix! Faites simplement ce que vous croyez sincèrement, en votre âme et conscience, être juste. Vous serez innondés/es de lumière, sans aucun effort, vous serez source de réconfort. Dieu est Amour.
Publié par Daniel Charette le 26 novembre 2009 à 17:10
Rester calmes et confiants, tout en faisant ce que nous croyons être juste en notre âme et conscience…rien ne sert de s’en faire, ce serait encore pire.
Être heureux, profiter de la vie, aimer le vivant, le protéger et le chérir. Ce que beaucoup de gens font déjà…tout simplement.
Paix.
Publié par Daniel Charette le 26 novembre 2009 à 17:42
Désolé pour la répétition…mon commentaire précédent n’apparaissait pas. Je vous offre donc ce spécial « deux pour un ».
Publié par Daniel Charette le 26 novembre 2009 à 17:51
Vous êtes vraiment sûrs qu’un Québec souverain réussirait à aller à un niveau ouest-européen d’émissions de GES?
Daniel Charette Reply:
novembre 28th, 2009 at 0:56
Si il y a un endroit au monde où c’est possible c’est bien ici, au Québec. Toutes les ressources, toutes les conditions, toutes les technologies, l’eau, le vent, le soleil, le sol, les marées, notre extraordinaire faculté d’adaptation, notre ingéniosité…nous pourrions être un « leader » mondial dans le domaine des énergies « vraiment » vertes. Nous pourrions être tout-électrique!
Mais, pour notre plus grand malheur, au Québec nous avons un sourd, aveugle, atteint d’ivresse mentale, avec les deux mains cramponnées au volant et qui nous crie « maintenons le cap…l’économie de mes amis d’abord ». Il a vraiment perdu le nord!
Publié par Yvan Ung le 27 novembre 2009 à 20:01
Bravo !
Continuer votre bon travail que j’apprécie grandement. Si le Québec serait présent comme pays il serait probablement plus facile pour nous de faire pression sur nos voisins. Dans ce sens, il serait bon que le Bloc Québécois dise au Québécois ce qu’il nous en coûte de faire partie d’une fédération qui profite de l’effort des provinces de l’Ontario et du Québec pour laisser polluer l’Alberta et la Saskatchewan à plein régime. Autrement dit si ce n’était de ces deux provinces il ne se ferait presque rien contre la réduction des GES.
Je sais que cela a été dit mais il faut souvent répéter notre message pour que celui passe auprès de la population. Je ne crois pas que le gouvernement du Québec vous contredira puisque la ministre de l’environnement du Québec a fait des déclarations similaires.
Merci
Publié par Paul-Émile Paquette le 14 décembre 2009 à 15:38