Pour chaque dollar investi dans les sables bitumineux, le Québec reçoit seulement 3 sous en retombées économiques

Publié par Daniel Paillé le 5 février 2010 à 14:30 12 commentaires

Depuis le sommet de Copenhague, bon nombre de commentateurs laissent entendre que les Québécoises et Québécois devraient remercier l’Alberta et ses sables bitumineux.

S’il est vrai que le Québec reçoit des paiements de péréquation, il faut voir ce qui a contribué à ce résultat. En effet, au fil des ans, le gouvernement fédéral a fait des choix qui sont contraires aux intérêts économiques du Québec. Les provinces dont l’économie repose sur les industries gazières et pétrolières, soit l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve, ont été favorisées par les politiques fédérales en matière d’industrialisation. Cela n’aide en rien les industries manufacturières et forestières du Québec.

Les décisions pro-pétrole nuisent au Québec

En raison des décisions pro-pétrole du fédéral, une poignée de gouvernements provinciaux privilégiés peuvent imposer davantage de richesses et engranger des revenus faramineux. À l’inverse, les perdants de cette politique industrielle, le Québec, l’Ontario et quatre autres provinces, obtiennent de la péréquation, mais voient des pans entiers de leur économie et les revenus qui en découlent péricliter. Bref, au sein du Canada, les provinces dites « pauvres » que la péréquation doit supposément aider continuent de s’appauvrir.

De plus, une étude publiée par le Canadian Energy Research Institute révélait que chaque dollar investi dans le développement des sables bitumineux se traduit par des retombées économiques de 2,54 dollars dans l’économie canadienne et internationale, comme par exemple en produits américains manufacturés. Or, de ce montant, le Québec ne reçoit que 3 sous! Est-ce au vu de ces maigres retombées que le Québec devrait cesser d’insister pour que soit mis en œuvre un plan rigoureux de réduction des gaz à effet de serre (GES) sous les niveaux de 1990, ce qui profiterait à l’économie québécoise? Certainement pas! C’est sans compter le spectre de tarifs à l’exportation qui plane sur nos entreprises à la suite de la décision du fédéral de rejoindre les pays délinquants en matière de lutte aux GES.

Ottawa pénalise encore une fois le Québec

Doublant ses torts d’un affront, le gouvernement fédéral a décidé unilatéralement de plafonner la péréquation en l’arrimant à la croissance moyenne du PIB canadien plutôt qu’aux écarts de richesse entre les provinces. Cette décision, qui a brisé le lien entre le pétrole albertain et la péréquation, a permis à Ottawa de détourner à ses propres fins les sommes qui auraient autrement été versées inconditionnellement au Québec et aux provinces par l’entremise du programme de péréquation.

L’objectif ultime serait évidemment de ne plus recevoir de péréquation. Alors comment faire? Il y a deux voies possibles. La première serait de convaincre le gouvernement du Canada de prendre en considération les intérêts du Québec et d’appliquer des politiques industrielles adaptées aux besoins du Québec, notamment pour la forêt, l’aérospatiale, la pétrochimie, les technologies de la santé et de l’information, la recherche et le développement dans les secteurs de pointe, l’énergie renouvelable, l’économie verte, etc. Les conservateurs amorceront-ils ce redressement? Permettez-moi d’en douter, mais nous verrons lorsque le gouvernement présentera son budget le 4 mars prochain.

Une nécessité : bâtir nos propres politiques industrielles

L’autre voie possible consisterait bien sûr à bâtir nous-mêmes et en fonction de nos propres besoins nos politiques industrielles au profit des Québécoises et des Québécois. Ce serait d’assumer pleinement la gouverne de nos affaires par la souveraineté. Dans un Québec souverain, le manque à gagner découlant de la perte des paiements de péréquation et des autres transferts serait largement compensé par les montants récupérés grâce à l’élimination des chevauchements. J’ai d’ailleurs l’intention d’y revenir.

Créer, appliquer, vivre et récolter le fruit de nos politiques, c’est bien plus stimulant pour le Québec que s’agenouiller en remerciant l’Alberta de sa bonne fortune conjoncturelle!

Daniel Paillé
Porte parole du Bloc Québécois en matière de finances
Député d’Hochelaga

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12 commentaires

  1. Nous sommes à la croisée des chemins. Être ou ne pas être artisans de notre destin.

    Publié par Daniel Charette le 11 février 2010 à 16:58

  2. C’est une question de volonté politique nationale que de choisir d’encourager l’économie verte. Malheureusement, le gouvernement en place, autant le gouvernement du Canada que le gouvernement du Québec, choisissent le camp de l’argent, peu importe sa couleur.

    voir cet article : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/282947/quebec-voit-des-occasions-d-affaires-dans-les-sables-bitumineux

    Publié par Julien le 12 février 2010 à 14:24

  3. Ma parole mais…c’est la ruée vers l’or « noir! ». Quelle surprise! N’allez surtout pas blâmer Jean Charets et ses fiers, nous savons tous et toutes que c’est mononc Paul qui est propriétaire de la limousine…

    Publié par Daniel Charette le 12 février 2010 à 17:48

  4. Jean Charest a probablement dit à la ministre Beauchamp de ne pas s’en faire… que ça allait passer comme du beurre dans la poele. La même chose qu’il a dite à ministre de l’éducation. On dirait que quelqu’un se moque de nous au Québec…

    Publié par Daniel Charette le 12 février 2010 à 18:01

  5. J’ai l’impression que ‘ti-Jean c’est fait savonner la cervelle! Il il oublié Copenhague et il pense que nous aussi…

    Publié par Daniel Charette le 12 février 2010 à 18:10

  6. Pauve ‘ti Jean. Quatre ans, c’est long! Je le comprends de vouloir prendre du galon.

    Publié par Daniel Charette le 12 février 2010 à 18:12

  7. Quoi de mieux qu’un engouement vers l’Ouest pour justifier l’exploitation de son pétrole…c’est sexy à mouiller!

    Publié par Daniel Charette le 12 février 2010 à 18:21

  8. Le fédéral est exsangue.

    Publié par Daniel Charette le 12 février 2010 à 18:32

  9. Le Québec est mieux de ne pas recevoir d’argent du pétrole car nous voulons être Vert. On ne peut d’un côté proclamer que l’environnement est important et de l’autre profiter du pétrole des sables bitumineux.

    Publié par Réjean Voisard le 15 février 2010 à 17:12

  10. Le Québec n’a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l’énergie hydro-électrique au Québec, alors que les riches compagnies pétrolières de l’Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d’Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux.

    Et l’Ontario n’est pas en reste, le fédéral y ayant dépensé dans le dernier demi-siècle des milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée dans cette province.

    Quand est-ce que le fédéral va subventionner le Québec pour les éoliennes? L’Ontario l’a été pour l’énergie atomique, l’Ouest et Terre-Neuve pour le pétrole, mais rien pour l’Hydro-Québec.

    Publié par Raymond, État du Québec le 15 février 2010 à 23:27

  11. Je me demande une question. Est-ce que Hydro-Quebec verse de l’argent a d’autre province ? est-ce que l’alberta recoit quoi que ce soit de nous ici ???

    Publié par Paul Saint-Germain le 18 février 2010 à 15:48

  12. J’aimerais vraiment savoir combien «coute» le gouvernement fédéral aux Québécois pour des compétences exclusivement fédérales pour lesquels il offre des services.

    D’après les chiffres de 2007, le fédéral a dépensé 55 milliards au Québec alors qu’il n’a reçu du Québec «que» 49 milliards.

    Derrière cette générosité, je me pose la question suivante : une fois les transferts fédéraux vers les provinces, les municipalités et les citoyens, Ottawa administre des programmes, finance des services, qu’offre-t-il aux Québécois?

    Comme le cout de tous ces programmes d’Ottawa est de 103 milliards au Canada, il me semble qu’à 20% de la population, qu’on doit lui couter entre 15 et 20 milliards pour qu’il nous serve dans ses champs de compétences exclusives, est-ce moi ou c’est cher pour le Québec, 15 milliards (ou plus) pour les affaires étrangères, l’armée, les pêches et les autres «gogosses».

    Au Québec, les dépenses de tous les «autres ministères » que la santé et l’éducation «coutent» 18 milliards au bas mot, il me semble donc que pour les compétences très triviales qu’Ottawa administre, que ça nous coute une beurrée.

    Avec notre fonction publique, nous pourrions «avaler» les compétences fédérales…

    Publié par Charles Gill le 27 avril 2010 à 15:30

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