Tout ce que les partis fédéralistes ont à proposer au Québec, c’est le recul et son inexorable affaissement au sein du Canada

Publié par Gilles Duceppe le 11 mars 2010 à 11:23 7 commentaires

Il fallait s’y attendre. Autant dans le discours du Trône que dans le budget du gouvernement conservateur, c’est comme si le Québec n’existait pas. C’est comme si ce gouvernement, au même titre que ceux qui l’ont précédé, voulait ignorer la nation québécoise. 

Voilà maintenant 20 ans que le Bloc Québécois est présent sur la scène fédérale pour défendre les valeurs et les intérêts du Québec. Vingt ans de travail, vingt ans de lutte pour faire valoir notre identité nationale, vingt ans de combats épiques pour empêcher l’érosion. 

Depuis la reconnaissance symbolique de la nation québécoise en 2006, à plusieurs reprises, le Bloc Québécois a proposé au Canada, sans pour autant demander l’impossible, des propositions concrètes n’exigeant pas de modification constitutionnelle et n’enlevant quoi que ce soit au reste du Canada. Elles ont été rejetées.

Le français malmené par le Canada
Que le gouvernement soit libéral ou conservateur ne change rien. Tous deux ont reconnu la nation québécoise, mais tous deux ont toujours refusé que cette nation soit maître des questions linguistiques chez elle. Et visiblement ce n’est pas à la veille de changer! La preuve, le chef libéral s’est absenté d’un vote sur un projet de loi visant l’application de la loi 101 aux entreprises fédérales. Et que dire de la place du français lors des cérémonies d’ouverture et lors des Jeux olympiques de Vancouver? 

Avec le jugement de la Cour suprême sur la loi 104 qui avait pour objectif de colmater une brèche de la loi 101, la majorité canadienne vient rappeler à la nation québécoise qu’elle ne la reconnaît pas et qu’elle a le pouvoir de lui dicter sa vision linguistique. C’est de la mauvaise foi, de l’hypocrisie et du mépris pour les Québécoises et les Québécois qui ont à cœur l’épanouissement de leur langue. 

Bref, tant que le Québec fera partie du Canada, la culture québécoise va demeurer à la merci des caprices d’un pays qui ignore cette culture et le statut de la langue française au Québec va continuer de s’éroder. 

Faire du Québec un pays
Après vingt ans d’absence de volonté politique, un constat s’impose : une offre constitutionnelle du Canada répondant aux besoins du Québec ne viendra jamais. Pire encore, le Canada tente de museler le Québec en diminuant son poids politique à la Chambre des communes. 

Ignorer le Québec dans le discours du Trône et dans le budget, ce n’est qu’un signe de plus de l’incapacité du Canada à répondre aux aspirations minimales du Québec. Ce que le budget fédéral annonce pour le Québec, ce n’est pas le statu quo, c’est le recul. Tout ce que les partis fédéralistes ont à proposer au Québec, c’est le recul et son inexorable affaissement au sein du Canada. 

Vingt ans après l’échec de Meech et le rejet sans appel des aspirations minimales du Québec, les fédéralistes n’auraient plus aucune crédibilité en faisant miroiter des promesses impossibles à tenir. Il a toujours été très clair que sur les questions de la langue, de la culture et de l’identité nationale, le Québec avait tout intérêt à faire la souveraineté. Il l’est tout autant pour l’économie et l’environnement. 

L’avenir de la nation québécoise n’est pas au sein du Canada, il est dans la liberté politique.  Dans un Québec souverain, les Québécoises et les Québécois auront un poids politique de 100 %. Le Québec sera un pays francophone, avec sa propre citoyenneté et sera maître de sa culture. 

Mais pour y arriver, nous devons toutes et tous unir nos voix et avoir la force de nos convictions. Faire du Québec un pays, c’est possible. Il ne reste qu’à y croire et à tout mettre en œuvre pour concrétiser ce projet des plus prometteurs. 

Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois

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7 commentaires

  1. Je suis bien d’accord avec vous, mais le peuple ne suit pas. On est en train de se faire lessiver de toute les façons possibles et on reste la à attendre. Mais attendre quoi au juste. Me semble que ce serait le temps de faire un référendum avec tout la merde qui se passe sous nos yeux, mais le PQ et le Bloc ne font que chialer au lieu d’agir.

    Ça me questionne beaucoup, le fait d’être à la merci de Charest et de Harper et de voir vos deux partis paralysés. Y a t’il un moyen de procéder à l’inventaire de la merde actuelle et de demander la séparation du Québec. Me semble que se serait le bon moment avec tout ce qui se passe actuellement.

    J’ai pas envie que ça dure un autre 40 ans moi!…

    Répondre à ce commentairePublié par maude levasseur le 11 mars 2010 à 16:06

  2. Bonsoir monsieurs Duceppe,

    Je regarde autour de moi, mes amis proches, ma familles, des collègues de travail, et je vois principalement trois types de personnes : les gens engagé pour la cause d’un Québec souverains, les gens qui ne croit pas en un Québec souverains fort, et d’autre personne qui, pardonné mon expression, n’en n’on rien à foutre.

    Je fais parti moi-même de ceux qui ne croit pas que le Québec peut être plus fort en dehors du Canada, tout comme je crois que le Canada ne peut que tomber plus bas qu’avec un homme comme Stephen Harper à la barre. Le nuage politique Canadien ET Québécois fait, pour ma part, bien pitié. Je crois sincèrement que le Québec est une nation bien distincte à l’intérieur du Canada, il faut être fou pour ne pas le voir, mais je crois que ses deux nations peuvent coexister et que seule l’incompréhension et l’ignorance fait partie du problème.

    Nous avons un pays, le Canada. On peut se sentir canadien ou canadienne, ou pas. Si nous partons, nous perdons notre voix vers les canadiens et les canadiennes. Nous avons des différents, nous avons même quelques problèmes à régler, mais la fuite n’est certes pas la solution. Pourquoi, mes amis et amies, on ne prends pas toutes l’énergie que vous mettez à défendre le Québec et vous ne l’investissiez pas à rendre le Canada meilleur ? 8 millions d’habitants qui ont une pensé bien a eux, 33 millions de personnes qui peuvent ce la partager. Et les 25 millions qui sort hors de nos frontières peuvent également nous en apprendre.

    J’ajouterais également ceci. J’aime le français, et je vous assure que mes enfants, mes petits-enfants, et leurs enfants a eux parleront le français. Mais je ne place pas le français au-dessus des autres langues, ni même l’espagnol, ni même le kirundi, ni même l’anglais. Pour moi, une langue est un moyen de communiquer. Elle ne me représente pas, elle ne m’identifie pas, elle permet de le faire. Ma personnalité ne changera pas parce que je parle une autre langue. Et j’aurais des commentaires certes à faire à ce sujet, mais je crois qu’il s’agira d’un billet sur mon blog.

    Répondre à ce commentairePublié par André Jacques le 11 mars 2010 à 23:09

  3. Monsieur Duceppe,

    tout d’abord merci pour votre courage, votre ténacité. Lorsque vous prenez la parole ou la plume, ce sont mes convictions qui sont exprimées haut et fort, en français, dans un pays qui m’est de plus en plus étranger.

    Le Québec français constitue une inestimable richesse pour le patrimoine mondial. Nous sommes l’Amérique française, une composante tout-à-fait unique de la diversité culturelle mondiale. Les langues sont à la culture ce que les couleurs sont à la peinture.

    La langue française est le coeur de notre nation. Authentique substrat de notre culture, elle structure notre pensée. Ce qui fait la beauté du monde et de la nature, c’est la diversité. Un monde sans diversité c’est une forêt coupée à blanc, une rivière desséché, une maison abandonné qui tombe en ruine, une usine, un chantier fermés!

    C’est à partir de ma langue natale, d’origine, que j’épouse toutes les autres langues, que je les découvre et m’enrichis. Quand nous nous battons pour notre langue, ce sont toutes les langues, toutes les cultures que nous préservons comme autant de biens souverainement précieux.

    Le Québec est un pays en voie de réalisation, non-seulement pensable mais indispensable. Nous savons que Rome ne s’est pas bâtie en trois jours. Ainsi, il y a de ces accomplissements qui requièrent l’intelligence, de l’action, de la patience, de la persévérance et du temps. Le Bloc québécois, c’est tout ça en plein coeur du parlement des dominateurs impénitents.

    Vive le Québec libre!

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 12 mars 2010 à 10:58

  4. Correction: Un monde sans diversité…une rivière desséchée, une maison abandonnée.

    Répondre à ce commentairePublié par Daniel Charette le 12 mars 2010 à 11:02

  5. Vivement sortir le Canada du Québec!

    À voir certains Québécois continuer à espérer depuis cent ans et voter pour les conservateurs et les libéraux à Ottawa, je pense que que le psychanaliste Clotaire Rapaille pourrait étendre son diagnostic de sado-masochistes à plusieurs de ceux-là, comme il l’a fait pour les habitants de la ville de Québec.

    Aime-moi, mon beau ROC! Frappe-moi, mon beau ROC! L’auguste Stéphane Dion l’avait compris en disant qu’Ottawa devrait faire mal au Québec.

    Le Canada des deux nations n’existe plus. Reconnaissons la réalité: il y a au nord du 45e parallèle deux pays, deux mentalités, deux langues. Votons en conséquence. Votons pour le Bloc, le seul parti voué aux intérêts des Québécois. Les autres partis veulent notre bien, mais ne leur donnons pas.

    Répondre à ce commentairePublié par Raymond, État du Québec le 13 mars 2010 à 13:30

  6. Bravo ! Mr Duceppe encore une fois d’avoir le courage de dire la vérité
    20 ans après Meech , les référindum volés il y a encore des Québeçoises et des Québeçois qui sont loin d’être lucides et préfèrent la sécurité de leur couche chaude pleine de m…..que de prendre la courage de se faire un pays (tout comme l’on fait les Bahamas! en 1976) d’ou je reviens et qui m’ont prouvé qu’il vaut plus d’être pauvre et avoir la fierté que d’être un débile serviteur esclave….. Le discours du trône et le budget ne font que prouver les 2 axes du Canada qui intéressent les partis fédéraux, l’automobile en Ontario et les sables bitumineux en Alberta.
    que j’ai donc hâte mais je n’attendrais pas un autre 20 ans….
    Vive le Québec libre la phrase de DeGaule est plus que jamais d’actualité
    Mario Carrara

    Mario Carrara

    Répondre à ce commentairePublié par Mario Carrara le 19 mars 2010 à 5:04

  7. mr.duceppe,a ce que sache,le parti et les principes que vous defendes ont ete elabores par mr.RENE LEVESQUE,
    l<idee de souverainete a ete formule et defendu par mr. RENE LEVESQUE!!
    alors,ne me parle pas de 20 ans de combat,c<est de 40 ans de combat,meme mr.DANIEL JOHNSON(PERE) en avait effleurer la notion!(idee)!
    ce qui est important pour le QUEBEC c<est que faisons nous pour :agriculture,forets,eau,education,personnes agees,sante,justice,equite,relation internationales,immigration,pollution!!!!!!ect!
    economie d<un pays,c<est plus que de la politique de parti et de pouvoir,c<est la gestion de ce que les electeurs demandent et attendent de leur gouvernement elu!!!
    chacun se sauve avec la caisse,travail facile,le je m<en foutisse a pignon sur rue!plus personne veux gerer pour le bien de son pays,seulement pour le bien de son portefeuille et de son petit pouvoir egoiste et mesquin!
    un pays ca se batit avec un plan a long terme,avec courage,honnetete,respect et espoir pour tous!
    pas pour une petite gang !

    Répondre à ce commentairePublié par michel filiatrault le 9 mai 2010 à 0:18

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