Les conservateurs nous entraînent dans un vaste dérapage

Publié par Bernard Bigras le 12 avril 2010 à 14:25 4 commentaires

Les périodes de forte instabilité économique sont généralement l’occasion pour les gouvernements de mettre à l’épreuve leur créativité, afin d’offrir des solutions nouvelles qui répondent aux problèmes les plus urgents. Ainsi, à la fin de 2008, le directeur du programme des Nations Unies pour l’environnement et le secrétaire général de l’ONU appelaient les dirigeants de tous les pays à adopter le New Deal vert, cette initiative visant à encourager les investissements dans les technologies propres pour faire redémarrer l’économie.

Plusieurs pays ont répondu à cet appel et ont consacré une partie appréciable des fonds de leur plan de relance économique aux investissements verts. Nous aussi étions en droit de nous attendre à ce que le gouvernement Harper profite de l’occasion pour s’attaquer aux enjeux cruciaux en termes de développement durable. 

Or, tel ne fut pas le cas. On a encore constaté que, pour  le gouvernement conservateur, les initiatives visant les énergies propres ont une définition très limitée : charbon propre, captage et stockage du carbone produit par l’exploitation pétrolière ou encore l’industrie nucléaire.

Un budget clairement pro-pétrole

Ainsi, au nom de l’effort pour préserver l’environnement, les conservateurs offrent des subventions directes à l’industrie pétrolière de même qu’une panoplie de mesures pour favoriser l’exploitation des combustibles fossiles.

À cet égard, le dernier budget est sans équivoque. Il confirme que près de 800 millions de dollars sont consacrés annuellement au financement de projets de captage et de stockage du carbone. En vertu de cette technologie, le coût de réduction d’une tonne de GES revient à environ 761dollars. Une fortune!

Pire encore, le budget reste muet sur le renouvellement des fonds éco qui financent les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien, des programmes qui viennent pourtant à échéance dès l’an prochain.

Le Québec a choisi une autre route

Le Bloc Québécois croit que l’intérêt du Québec est ailleurs. Nous soutenons que le Québec a tout à gagner à diminuer considérablement sa dépendance au pétrole. Voilà pourquoi nous proposons une série de mesures afin de réduire nos émissions de gaz à effet de serre tout en nous permettant d’entrer dans l’économie verte du 21e siècle.

Nous sommes vivement inquiets de l’obsession de ce gouvernement à mener le dossier des changements climatiques et du développement des énergies vertes à sa façon, c’est-à-dire une façon qui est dictée par la stratégie partisane et menée par un nombre d’adeptes d’une forme d’obscurantisme.

Tant au niveau de la croissance économique qu’au chapitre de l’avenir de la planète, une révolution énergétique s’impose. Nous sommes engagés dans une phase cruciale au regard de l’avenir de la planète. Malheureusement, l’entêtement idéologique du gouvernement fédéral à soutenir les énergies du passé démontre encore une fois que le Québec, qui mise sur les énergies de l’avenir, ne pourra jamais s’épanouir dans le cadre fédéral. 

Bernard Bigras
Porte-parole du Bloc Québécois en matière d’environnement
Député de Rosemont—La Petite-Patrie

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4 commentaires

  1. Très juste, monsieur Bigras!

    personnellement, je crois que le Canada ne décide plus grand chose, hormis d’obéir aux dictats des oligarques de Bay Street. En plus, nos vrais ministres sont aux États.

    Que pouvons-nous changer à cela?

    D’abord le simple fait d’en être conscients peut nous aider à mieux comprendre que c’est l’économie artificielle (spéculation) qui mène le monde. Comme ils se sentent maintenant regaillardis grâce à la toute récente saignée générale, ils s’attaquent maintenant aux patrimoines collectifs, aux sociétés d’ État, bref, tout ce qu’ils n’ont pas encore réussi à nous arracher. Nous serions tellement endettés qu’il serait préférable que nous leur cédions touts nos actifs!…

    Dans ce contexte global, puisque nous ne pouvons pas décider pour les autres, nous pourrions choisir de décider pour nous-mêmes, par nous-mêmes. Le Québec a un modèle qui lui est propre, il n’en tient qu’à nous de décider d’assurer sa pérennité, le développement de son plein potentiel. Nous pouvons très bien contribuer à l’ensemble, en créant de nouvelles alliances, tout en accordant la priorité à ce qui est le mieux adapté à notre corps social, notre culture politique, économique, nos valeurs axées sur le communautaire, le partage et la justice. Miser sur nos forces, notre richesse, nos ressources. Nous n’avons pas que des dettes, nous avons aussi des actifs, enfin, ce qu’il nous en reste après des années de pillage intensif et sournois.

    Pourquoi choisir de nous inféoder à un pouvoir étranger? Nous comptons malgré tout parmi les vingt premières économies mondiales, ce qui représente en soi un véritable tour de force. Bon sang, qu’est-ce qu’on attend pour décider d’être maîtres chez nous?

    Publié par Daniel Charette le 14 avril 2010 à 17:09

  2. Il y a diverses stratégies autour des changements climatiques, dont certaines sont perverses :

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=18922

    Comme on le fait bien ressortir dans le lien ci-dessus, il y a une contradiction flagrante entre le discours alarmiste d’Al Gore et les taxes sur le carbone. En effet, si la situation est urgente, comment justifier le fait que certains pays plus fortunés pourront continuer de polluer davantage en payant des taxes sur le carbone? Les vraies solutions devraient se situer au niveau d’un virage vert global en modifiant profondément nos modes d’exploitation! Hélas!

    Tant et aussi longtemps que le gouvernement Harper concentrera autant de milliards dans l’industrie de la guerre et du pétrole, nous n’aurons pas les moyens de prendre le grand virage qui s’impose.

    paul pieter kruijmer Reply:

    Oui Pierre donnont le controle de l’afganistan aux talibans ca va tellement etre mieux..

    Publié par Pierre Bellefeuille le 30 avril 2010 à 13:25

  3. Je pense que vous les politiciens, votre travail ne devrait plus être pour un certain temps de siéger, mais de sortir et mobiliser toute la population. Le temps est venu d’agir.

    Publié par Pierre Bellefeuille le 30 avril 2010 à 13:26

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