Le dossier de la réglementation des valeurs mobilières au Canada n’est certes pas aussi « hot » qu’une possible Coupe Stanley à Montréal… mais ses répercussions sont très importantes et porteuses de risques pour le secteur financier québécois.
On peut résumer ainsi la situation : le gouvernement fédéral désire créer une commission des valeurs mobilières unique à Toronto, prétextant que ce serait plus efficace, même si cette juridiction appartient au Québec et aux provinces.
Un concert unanime contre une commission unique
Généralement, quand un gouvernement crée une nouvelle structure, c’est pour corriger un problème. Or, le système de réglementation des valeurs mobilières au Canada fonctionne très bien. Une coalition de gens d’affaires l’a réaffirmé tout récemment. De Quebecor à Jean-Coutu, de Cascades à l’Association de femmes en finances et ses 350 membres, du Barreau aux notaires, en passant par les hauts dirigeants de Power Corp. et du Mouvement Desjardins, ça commence à ressembler pas mal à un concert unanime contre la commission unique! Avec un tel aréopage, on comprend tout à fait la position du Québec.
Depuis une dizaine d’années, de très grandes innovations ont été apportées au système, notamment le « régime de passeport ». On peut dire sans se tromper qu’un système intégré a été mis en place par le Québec et les provinces, et ce, en tout respect des compétences de chacun. Saluons cette réalité, dont l’efficacité est d’ailleurs reconnue par des organisations internationales comme l’OCDE et la Banque mondiale.
Récemment, le regroupement des autorités des marchés et commissions des valeurs a démontré sa capacité de réaction. En effet, il a débusqué rapidement, au début de mai, les irrégularités des marchés (tout aussi rapidement qu’aux États-Unis et en Europe) et il a signé des accords avec la Chine. Très bientôt, un congrès international des autorités des valeurs mobilières se tiendra à Montréal.
Un projet néfaste pour le Québec
Le projet du ministre Flaherty ne vise qu’à faire main basse sur une industrie très importante pour le développement du Québec et, incidemment, des autres provinces. Pourquoi faire disparaître des milliers d’emplois qualifiés et bien rémunérés? Pourquoi tuer les services en fiscalité, en comptabilité, en affaires juridiques et en technologie de l’information reliés aux valeurs mobilières qui sont adaptés aux entreprises d’ici? Pourquoi vouloir réparer ce qui n’est pas brisé? Pour faire plaisir à Toronto?
Hebdomadairement, je pose la question au ministre des Finances à la Chambre des communes. J’ai pour seule réponse des propos démagogiques. Ainsi, pour justifier cette intervention, le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, n’hésite pas à tourner les coins ronds et, comme on dit ici, « charrier pas mal fort ». Selon lui (rappelons qu’il est l’ex-ministre des Finances de l’Ontario), les mésaventures des victimes du criminel Earl Jones n’auraient pas eu lieu si la police des valeurs mobilières avait été à Toronto. Tous ceux qui savent comment ça fonctionne, y compris le ministre des Finances du Québec, se sont rebellés à bon droit contre une telle exagération. Earl Jones est un criminel qui n’était enregistré nulle part. Il n’aurait pas été mieux surveillé de Toronto!
Depuis quelques semaines, grâce au Bloc Québécois, le débat fait rage à la Chambre des communes et il commence à prendre aussi de l’importance dans la communauté québécoise des affaires. Souhaitons qu’il se généralise bientôt dans la population. Plus nous serons nombreux à questionner et à dénoncer la volonté du gouvernement fédéral de déposséder Montréal de ses atouts financiers au profit de Toronto, plus de chances nous aurons de faire entendre raison au très ontarien ministre des Finances du Canada.
Daniel Paillé
Porte-parole du Bloc Québécois en matière de finances
Député d’Hochelaga






Commandée par Bay Street, l’entreprise d’affaiblissement du Québec bat son plein. Ils iront de l’avant avec leur commission mobiliaire unique, basée comme par hasard, à Toronto, Ontario. Le Québec s’en retrouvera par le fait même, isolé. Décidément, avec des amis comme ça, le Québec n’a pas besoin d’ennemis!…
Publié par Daniel Charette le 19 mai 2010 à 17:01
En tout cas! la commission des valeurs mobilieres au Quebec ca vaut ce que ca vaut. Allez demander a Vincent Lacroix, Earl Jones et la caisse de depot. Conclusion; ce n’est pas une si mauvaise idee de concentrer ca a Toronto.
Sylvain Guillemette Reply:
juin 5th, 2010 at 10:04
Earls Jones? Comment Toronto aurait fait mieux? Il n’était même pas enregistré…
Sylvain Guillemette Reply:
juin 5th, 2010 at 10:06
En réalité, aux États-Unis c’est comme vous dites, mais il y a quand même des scandales de nature encore plus perturbante qu’ici. Je ne vois donc pas le lien avec Earl Jones, qui soit dit en passant, n’était pas enregistré.
Publié par Paul Pieter Kruijmer le 21 mai 2010 à 12:58
Je vous demande par tous les moyens que le parlement met à votre disposition de défendre la commission des valeurs mobilières du Quebec. Le pouvoir de décision doit rester au Québec. Il est évident depuis plusieurs années que la position des financiers ontariens.
Publié par André Myre le 26 mai 2010 à 20:59
Si ils ont de l’argent en extra pour réparer des truc qui fonctionne déjà bien, pourquoi pas payé un peu la dette du Canada? estimé à 500 milliards il me semble?
Publié par Mathieu Lavoie le 28 mai 2010 à 15:12
Il est impératif que les Québécois se réveillent et demandent à tous les parlementaires (élus) de se liguer contre cette nouvelle idée du gouvernement Harper d’affaiblir encore le Québec. Le projet de la Commission des valeurs mobilières ne tient pas debout. On veut encore centrer le pouvoir dans la zone Toronto-Ontario. L’Autorité des marchés financiers est une institution qui fonctionne bien malgré certaines faiblesses dans le passé. Il faut tout simplement un meilleur encadrement pour éviter que les fraudeurs abusent encore de la situation. Agissons !
Publié par Lise Couture le 29 mai 2010 à 17:51