Manifestons pour la défense de l’école en français!

Publié par Jean Dorion le 16 septembre 2010 à 14:28 7 commentaires

Il y a près d’un an, le Québec a encaissé un autre dur coup concernant la protection de la langue française. En effet, en jugeant inconstitutionnelle la loi 104, pourtant adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec, la Cour suprême du Canada reconnaissait récemment le droit aux parents francophones ou allophones qui en ont les moyens de payer l’école anglaise à leur progéniture. La loi 104 obtient pourtant l’appui d’une large majorité de Québécoises et de Québécois. Elle empêche qu’un bref passage, souvent d’à peine quelques mois, dans une école privée de langue anglaise, une école passerelle, suffise pour qu’un enfant obtienne le droit de poursuivre ses études en anglais dans le réseau public ou dans une école privée subventionnée.

Voilà le danger qui guette une nation dont les lois sont subordonnées aux lois et aux institutions d’une autre nation : le Québec s’est donné une protection linguistique, mais c’est encore une fois une institution canadienne qui vient entraver la volonté de l’Assemblée nationale du Québec…

En réponse à ce jugement inconscient, Jean Charest s’est mis à plat ventre devant la Cour suprême en présentant son projet de loi 103 permettant aux enfants francophones et allophones de fréquenter l’école anglaise publique à la suite d’un passage de trois ans dans une école anglaise privée non subventionnée. Somme toute, ce projet de loi aux règles alambiquées confère le droit aux francophones et allophones qui en ont les moyens d’acheter une éducation en anglais.

Le Bloc Québécois refuse de voir la loi 101 à nouveau contournée!

Au Bloc Québécois, nous proclamons qu’il faut suivre l’avis du Conseil supérieur de la langue française et étendre l’application de la loi 101 aux écoles privées non subventionnées. Ainsi, si cela s’avérait nécessaire en raison de contestations, cette solution permettrait de recourir à la clause dérogatoire.

Le jugement de la Cour suprême semble ignorer que c’est par la fréquentation de l’école française que les enfants d’immigrants parviendront le mieux à maîtriser le français, langue commune et, partant, à s’intégrer à la société québécoise. Mieux très certainement que par la fréquentation d’institutions dont le rôle de « tremplin » va à l’encontre des préoccupations des Québécoises et des Québécois sur l’avenir de la langue commune, comme l’a affirmé le Conseil supérieur de la langue française.

Depuis 30 ans, la Charte de la langue française est l’objet de contestations juridiques jusqu’en Cour suprême. La loi 104, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec pour colmater une brèche dans la loi 101, n’est en ce sens qu’un épisode de plus où la Cour suprême du Canada nous a prouvé qu’elle est la cour d’une autre nation en niant le droit du Québec de se doter des moyens nécessaires pour protéger adéquatement sa langue.

Pour s’opposer au projet de loi 103, le Bloc Québécois s’est fièrement joint à la Coalition contre la loi 103, laquelle compte une trentaine d’organismes, dont notamment le Parti Québécois, Québec solidaire, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec et la Confédération des syndicats nationaux.

Le 18 septembre, mobilisons-nous!

La Coalition contre la loi 103 organise un grand spectacle le samedi 18  septembre prochain à 19 h 30 au Centre Pierre-Charbonneau de Montréal (3 000, rue Viau, Métro Viau) sous le thème « Notre langue n’a pas de prix ». Y participeront plusieurs artistes appuyant la coalition, dont Michel Rivard, Daniel Boucher, Loco Locass et Les Zapartistes. L’entrée est gratuite.

Québécoises et Québécois, défendons la survie de notre langue ainsi que le modèle d’intégration par l’éducation en français et participons massivement au Grand rassemblement pour la langue française! 

Au Bloc Québécois, jamais nous n’accepterons une loi qui affaiblirait notre langue d’expression commune au Québec, le français!

Jean Dorion
Porte-parole du Bloc Québécois en matière d’affaires intergouvernementales
Député de Longueuil–Pierre-Boucher

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7 commentaires

  1. If you don’t like English people, STOP listening to our music, watching our Movies, playing our video games, driving our American cars, using our English computers, eating at our English restaurants, etc……… We have so much to offer, and so do you… why not get along? France ain’t complaining…

    Francine Reply:

    @ Me

    Qui a dit que les Québécois détestent les anglophones? La nation québécoise est ouverte sur le monde, mais je crois qu’il est juste normal pour notre nation de vouloir un système d’éducation dans sa langue. On veut étudier en français parce qu’on est fiers de notre histoire, de notre culture et de notre langue. Ça ne nous empêche pas pour autant d’apprécier la culture des autres… et les autres d’apprécier la nôtre. D’ailleurs, le Canada est bien content d’avoir une « french province ».

    Et, pour terminer, le contexte n’est pas du tout le même en France et au Québec. Il ne s’agit pas de se comparer à la France, mais bien de prendre les décisions que nous voulons en tant que peuple québécois.

    Sylvain Guillemette Reply:

    Effectivement, ce n’est pas parce que nous voulons un pays bien à nous, avec s langue et sa culture, que nous crachons sur celle des autres. Votre commentaire est réactionnaire et vous démontrez vous-même une forme de racisme ici.

    Je ne suis pas nationaliste pour ma part, mais je considère que l’indépendance bien réelle de notre Québec est légitime et nécessaire, comme celle du Canada l’est, comme celle des États-unis d’Amérique le fut, etc..

    Je ne suis pas raciste, parce que comme les autres de ce monde, je veux mon pays à moi. Double-mesure?

    Publié par Me le 16 septembre 2010 à 22:59

  2. Vive le Québec, vive l’Amérique française!

    Le moment est venu de redresser la tête. Je réponds présent, pour moi-même, pour celles et ceux qui ont construit le Québec, ainsi que les générations à venir.

    Publié par Daniel Charette le 17 septembre 2010 à 4:52

  3. Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu’elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l’anglais.

    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d’enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu’au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.

    Une question pour le Bloc: quel est le degré de subventions du Fédéral aux universités anglophones du Québec versus celles aux universités francophones?

    Sylvain Guillemette Reply:

    Bonne question Raymond!

    Publié par Raymond, État du Québec le 17 septembre 2010 à 12:12

  4. Il est bon que la communauté internationale de même que les immigrants actuels et futurs sachent que la langue officielle du Québec est le français, étant bien entendu que les Québécois anglophones ont le droit de conserver leur langue.

    Il faut étendre la Loi 101 aux écoles non subventionnées.

    Aux États-Unis, les Latinos apprennent l’anglais qui est la langue officielle des USA, les Chinois aussi, et tous les autres allophones. Ils deviennent bilingues et bi-culturels. Ils s’intègrent bien à la majorité.

    Une fois que leur connaissance du français est acquise, il est souhaitable que tous les Québécois non-anglophones qui le désirent puissent apprendre aussi l’anglais. Cependant, l’enseignement de l’anglais n’a pas sa place au primaire pour les francophones et les non-anglophones. C’est vrai que les cerveaux des jeunes enfants sont des éponges qui peuvent absorber beaucoup de choses, mais en ce qui concerne le langage il est de loin préférable que l’enfant maîtrise très bien sa langue maternelle avant d’apprendre d’autres langues. Il est plus important à ce niveau de bien maîtriser sa langue maternelle et d’avoir une structure de pensée bien formée.

    C’est au secondaire que l’enseignement de l’anglais doit être fait, pas d’une façon homéopathique ou sur le même pied que le français, mais d’une façon sérieuse avec des cours d’anglais (et non pas avec des cours en anglais), et avec des périodes d’immersion en milieu anglophone. C’est de cette façon que moi-même, à un âge très respectable, j’ai appris l’espagnol de façon plus que satisfaisante, avec quatre cours universitaires de 45 heures (3 heures par semaine pendant 15 semaines), avec de l’étude et des devoirs tout au long, avec 3 stages d’immersion de 3 semaines chacun, avec de la lecture et l’écoute d’émissions hispanophones à la télé.

    Avec de telles conditions dans nos écoles relativement à l’anglais langue seconde, les écoles passerelles pour l’anglais n’attireraient personne.

    Publié par Raymond, État du Québec le 28 septembre 2010 à 18:13

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