Mission accomplie!

Publié par Gilles Duceppe le 16 octobre 2010 à 11:26 3 commentaires

Un grand nombre de facteurs laissent croire à une accélération de l’Histoire qui amènera, dans un avenir relativement proche, les Québécoises et les Québécois à se prononcer une troisième fois sur leur statut politique. Une fois que les Québécois se seront prononcés, et s’ils choisissent la souveraineté, la communauté internationale sera appelée à reconnaître un nouveau pays. Les États-Unis, tout comme le Canada d’ailleurs, y gagneront un allié de plus, alors que le monde verra l’éclosion d’un pays démocratique, à l’économie ouverte.

Voilà en somme le message que j’ai lancé cette semaine, en compagnie de mes collègues Claude Bachand et Jean Dorion, à l’occasion d’une série de rencontres avec des représentants du Département d’État américain ainsi que de divers groupes qui ont un impact dans la vie économique américaine, notamment ceux du Woodrow-Wilson Institute, du Hudson Institute et du Canadian-American Business Council.

J’ai pu leur brosser un tableau des perspectives politiques au Québec et au Canada telles que je les vois. Faire le point sur la situation présente à Québec où la grogne se fait de plus en plus sentir face à un gouvernement ­– celui de Jean Charest – qui déploie une part importante de ses énergies à tenter de mettre en sourdine les nombreux conflits qui surgissent entre Québec et Ottawa. Je leur ai parlé de la chef de l’opposition, Pauline Marois, une femme au leadership affirmé, aux idées renouvelées et qui coordonne une organisation dynamique et en pleine santé.

J’ai aussi insisté sur les liens économiques importants qui caractérisent déjà les relations entre le Québec et les États-Unis. Des liens qui font en sorte que, en 2008, la valeur des exportations de marchandises du Québec vers les États-Unis s’était élevée jusqu’à atteindre 51 milliards de dollars contre 35 milliards vers le Canada.

Sur le plan énergétique, le Québec deviendra également un allié précieux pour les États-Unis considérant ses infrastructures gigantesques en matière hydroélectrique et son potentiel non moins impressionnant au regard de l’énergie éolienne. Pour les États-Unis, se libérer de la dépendance au pétrole étranger est un enjeu aussi crucial, sinon plus encore, qu’au Québec, puisqu’à la réalité économique s’ajoutent les considérations de sécurité.

J’ai évidemment constaté au fil de mes rencontres que les États-Unis veulent protéger la relation qu’ils entretiennent depuis longtemps avec le Canada. Loin de moi d’ailleurs l’intention de remettre cette relation en question. La mission que notre délégation s’était fixée était de leur faire comprendre qu’un Québec souverain ne compromettrait en rien les relations entre les États-Unis et le Canada puisqu’il serait un allié proche des deux pays. Là-dessus, je crois pouvoir affirmer que cette mission fut un succès.

Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois

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3 commentaires

  1. Bravo à M Duceppe

    Il se comporte en vrai homme d’État. Son sens des responsabilités, son esprit démocratique et son respect du parlementarisme sont appréciés de tous. Il jouit d’une très bonne image même au Canada anglais.

    Publié par Raymond, État du Québec le 18 octobre 2010 à 22:46

  2. Hawaiien, le président américain se rappelle très bien d’où lui vient son droit. Il lui vient d’un pays annexé. Si mon histoire du Canada est bonne c’est le Québec de plein gré qui s’est réuni à Charlottetown en 1865. Libre d’adhérer au Canada, libre d’en sortir. A cet effet les Etats-Unis n’ont pas de leçon à donner aux pays concernant la reconnaissance d’un Québec souverain.

    Publié par Luc Guimond le 25 octobre 2010 à 18:05

  3. Je viens de lire le livre Gilles Duceppe Entretiens avec Gilles Toupin. J’attendais depuis longtemps ce genre d’ouvrage de la part du PQ; mais je me rends compte qu’aucun parti n’était mieux placé pour nous le livrer. Sans pour autant diminuer l’apport du parti provincial. Je vais le recommander en toute fierté à mes connaissances. L’enseignement y est abondant. Il ne faut pas oublier que personnellement nous n’avons pas le temps de faire toutes ces recherches mais quand elles sont publiées nous nous devons de les lire. Merci. R. Arbour.

    Publié par Roger Arbour le 13 janvier 2011 à 20:35

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