Encore une fois, le gouvernement conservateur tente d’imposer son agenda idéologique aux femmes du Québec en rouvrant le débat sur l’avortement. Le président du caucus anti-avortement, le conservateur Rod Bruinooge, a présenté un nouveau projet de loi, C-510, qui vise à interdire de contraindre une femme à un avortement, notamment par des menaces physiques ou financières, des actes illégaux, ou « par l’exercice de pressions ou par l’intimidation, y compris le fait de harceler ou d’importuner par des arguments ou l’expression de sa rancune ». C-510 est présentement à l’étape de la deuxième lecture à la Chambre des communes.
Plusieurs considèrent que ce projet de loi, qui isole les femmes qui songent à l’avortement, est paternaliste envers les femmes et fait courir des risques additionnels aux fournisseurs de services d’avortement. En effet, ce projet de loi ouvre la porte aux soupçons dirigés contre tous ceux et celles qui aident une femme à décider si elle veut avorter ou non. Pourrait ainsi devenir suspect un intervenant en avortement ou encore une personne pro-choix interagissant avec une femme enceinte. On veut ainsi donner l’impression que les cliniques contraignent les femmes à l’avortement et que cette pratique est à ce point courante qu’elle nécessite un dissuasif législatif. Pourtant, les menaces et autres actes illégaux sont déjà couverts en vertu du Code criminel et les intervenants travaillant dans les cliniques font un dépistage de toute éventuelle coercition sur les femmes souhaitant avorter. Si l’on veut réellement protéger les femmes contre des conjoints violents, il faut des solutions meilleures et plus complètes que ce projet de loi!
Il n’y a pas qu’à l’interne que ce gouvernement remet en cause le droit au libre choix. Alors que la ministre responsable de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) annonce son plan pour la santé maternelle et infantile pour les dix pays les plus pauvres, nous ne savons toujours pas si les organismes qui offrent des services liés à l’avortement continueront à être financés. Or, tous les outils de contrôle des naissances de ce plan, y compris l’avortement, doivent l’être.
La Fédération du Québec pour le planning des naissances, la Fédération des femmes du Québec et l’Action canadienne pour la population et le développement sont parmi les opposants à ces décisions idéologiques et rétrogrades. Ce gouvernement conservateur doit cesser une fois pour toutes de porter atteinte aux droits des femmes, chèrement acquis!
Nicole Demers
Porte-parole du Bloc Québécois en matière de condition féminine
Députée de Laval






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