Le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, a annoncé la semaine dernière sa démission à titre de ministre de l’Environnement. Homme de principe et de consensus, son départ-surprise laisse plusieurs questions sans réponse.
Un départ qui suscite bien des questions
En effet, il est plutôt surprenant de voir cet homme ambitieux, qui a mené les récentes négociations à la conférence de Copenhague, quitter le poste de pilotage à quelques semaines du départ de l’équipe de négociation qui doit défendre la position canadienne à la conférence de Cancún sur les changements climatiques.
Pourquoi ce départ précipité à titre de ministre de l’Environnement, lui qui a quand même décidé de rester député jusqu’à la fin de 2010? Est-ce que le départ de M. Prentice vient du fait qu’il ne partageait pas la position de son gouvernement qui sera présentée sur la scène internationale dans moins d’un mois? Refusait-il d’être le bouc émissaire d’un gouvernement qui a perdu toute sa crédibilité sur la scène internationale?
Un défi de taille pour le gouvernement Harper
D’une part, à la suite de ces événements, le premier ministre doit faire preuve de plus de transparence qu’il l’a déjà fait en dévoilant dès maintenant la position du Canada qui sera défendue à Cancún du 29 novembre au 10 décembre prochain.
Depuis des années, le gouvernement conservateur se cache derrière les politiques réductionnistes des États-Unis pour justifier son inaction en matière de lutte contre les changements climatiques. Le Bloc Québécois n’a jamais cessé de l’enjoindre à jeter les bases d’une véritable politique de lutte contre les changements climatiques.
Nous apprenons à présent que le Conseil canadien des chefs d’entreprise (CCCE) presse le premier ministre en ce sens et que les dirigeants des 150 plus grandes entreprises du pays commencent à s’impatienter. Qu’attend le premier ministre pour écouter le Bloc Québécois, les groupes environnementaux et, maintenant, la plus importante communauté de gens d’affaires du pays?
La balle est dans le camp des conservateurs
D’autre part, le leader parlementaire, M. Baird, qui a été nommé ministre de l’Environnement vendredi dernier, mènera-t-il les négociations de Cancún, lui qui est surchargé et qui est loin d’avoir un bilan éloquent en tant qu’ancien ministre de l’Environnement?
Une chose est sûre, le départ de M. Prentice ouvre une nouvelle et ultime fenêtre de possibilités pour un gouvernement conservateur en quête d’une nouvelle crédibilité sur la scène internationale depuis qu’il a perdu son siège au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Saura-t-il relever le défi?
Bernard Bigras
Porte-parole du Bloc Québécois en matière d’environnement
Député de Rosemont-La Petite-Patrie






Effectivement, son départ précipité est surprenant. Dailleurs, plusieurs électeurs cette semaine me questionnent à ce sujet. Pourquoi Prentice décide-t-il de rester député? Pourquoi il quitte son poste de ministre? Les électeurs sentent que cela est très curieux et suspicieux.
Publié par Claude DeBellefeuille le 10 novembre 2010 à 12:10