Biodiversité : le Canada doit aller au-delà des bons mots

Publié par Christian Ouellet le 2 décembre 2010 à 10:16 6 commentaires

On ne connaît pas encore les effets à moyen et à long terme des OGM pour la santé et l’environnement. Prenant acte de ce constat, le Bloc Québécois se bat depuis plusieurs années afin d’obliger le gouvernement fédéral à faire preuve de transparence dans ce dossier, à se situer clairement et à agir avec précaution dans l’intérêt de l’ensemble des citoyens qu’il représente.

Or, bien qu’il soit en vigueur depuis 2003, le protocole de Carthagène n’a toujours pas été ratifié par le fédéral. Carthagène vise entre autres à mieux protéger l’environnement et à assurer que le transport et l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) produits par la biotechnologie, c’est-à-dire la manipulation technologique des gènes, soient sécuritaires et conformes au principe de précaution. Libéraux et conservateurs ont tour à tour refusé de ratifier ce protocole.

Il est grand temps que le gouvernement du Canada prenne ses responsabilités et agisse pour protéger la santé et l’environnement. Il s’agit là d’une préoccupation partagée par une majorité de Québécoise et de Québécois. D’ailleurs, le 25 mai 2005, le gouvernement du Québec a confirmé son engagement à appuyer et à se lier au protocole de Carthagène lorsque le Canada l’aura ratifié. Nous attendons toujours.

J’étais récemment à Nagoya pour la 10Conférence des parties  (COP 10) organisée par la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. J’ai pu constater le sentiment d’urgence qui anime les représentants de la plupart des quelque 190 pays participant à cette rencontre. Une détermination qui a mené à une entente sur l’adoption d’un plan stratégique 2011-2020, avec 20 sous-objectifs visant à freiner le rythme effarant de la disparition des espèces. Ce protocole âprement négocié prévoit également mettre un terme à la biopiraterie et augmenter la superficie des aires protégées de la planète.

Or, bien qu’il ait salué l’accord, le Canada ne fait pas partie des signataires du protocole de Nagoya-Kuala Lumpur…

Le Bloc Québécois reconnaît l’importance primordiale qu’a et qu’aura la biodiversité dans nos vies et celles des générations à venir. Devant les enjeux liés à la diversité biologique, il est impératif que le fédéral signe et ratifie les protocoles de Carthagène et de Nagoya-Kuala Lumpur. L’enjeu de la biodiversité a indéniablement une importance vitale pour l’humanité. Il faut s’en occuper maintenant!

Christian Ouellet
Député de Brome–Missisquoi
Porte-parole adjoint du Bloc Québécois en matière d’environnement

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6 commentaires

  1. Et les principaux intéressés, par exemple Monsanto, en sont rendus à se munir de milices privées. Pas de farce!

    Monsanto vient de se payer l’ancien «Blackwater»!

    On en est là! Nous, on discute pour nous protéger de ces criminels endossés par les gouvernements complices, eux, se munissent de milices privées, dont les vertus meurtrières ne sont plus à prouver!

    Allons plus loin encore, interdisons les OGM. En ce moment même, 90% des denrées sur les tablettes des épiceries sont conçues à partir de Maïs ou de Soya. Elles sont pour la plupart, génétiquement modifiées!

    Quant à l’enjeu de la biodiversité, s’il ne s’agit pas de profit, les conservateurs s’en balancent! Ou si ce n’est pas sioniste, les conservateurs s’en balancent! Et si ça ne parle pas de complot pour envahir des pays comme l’Iran, qui voudrait se doter d’ADM comme celles d’Israël, les conservateurs s’en balancent aussi!

    Seule solution, des élections! Et encore! Nous aurons comme alternative, une bande d’hypocrites libéraux, mais nous serons au moins défaits de cette étiquette sectaire qui nous colle désormais au derrière, parce que nous avons un gouvernement sectaire…

    Publié par Sylvain Guillemette le 2 décembre 2010 à 11:47

  2. La nature nous offre l’abondance. En effet, à partir d’une seule semence, oui, une toute petite petite graine, on peut remplir des silos! On se constitue une petite réserve, laquelle assurera la prochaine récolte. C’est de cette façon que la nature contribue à notre enrichissement.

    Tandis que les organismes génétiquement modifiés sont la propriété des sociétés multinationales qui en détiennent les brevets. Or, leurs semences sont modifiées de telle sorte qu’elles ne puissent servir qu’une seule fois. Les graines, issues du produit de ces semences, sont inutilisables parce que conçues, voulues, non-fertiles.

    Les agriculteurs sont donc obligés de payer pour leurs semences, à chaque saison, en plus des redevances, devenant ainsi totalement dépendants et à la merci des sociétés multinationales. C’est ainsi que les criminels s’approprient le vivant, tout en ruinant les producteurs!

    Une autre conséquence terriblement grave de ce type « d’exploitation » à l’échelle planétaire, consiste en l’élimination des  » semences paysannes » ou « créoles » ou encore autochtones, sur lesquelles reposent l’équilibre, voire la survie de sociétés entières. En effet, une fois passé en mode O.G.M., impossible de faire marche arrière! Si il est possible de « fabriquer » de toute pièce une semence génétiquement modifiée à partir d’une semence autochtone, il est absolument impossible de faire le contraire, c’est un choix irrémédiable! DANGER!

    Nous avons été témoins de graves préjudices subis par des agriculteurs dont les champs ont été contaminés par des semences génétiquement modifiées et qui ont été poursuivis par la multinationale responsable de cette contamination, en l’occurence, Monsanto. Les producteurs, mis en demeure par les puissantes corporations, se voient acculés à la faillitte, victimes inocentes de cette arnaque à grande échelle.

    Les organismes génétiquement modifiés contribuent à l’élimination de la biodiversité tout en fragilisant les espèces. Advenant une épidémie, c’est une espèce dans sa totalité qui se retrouve menacée d’éradication. DANGER!

    On choisit tout simplement d’éliminer certaines espèces d’animaux parce que leur production n’est pas assez rapide, donc pas suffisamment « rentable ». Moins d’espèces, plus de risques d’attaques virales dévastatrices, sans pouvoir compter sur des génétiques différentes ou plus résistantes. DANGER!

    Ces criminels modifient la génétique d’une espèce animale, se constituent un brevet, de telle sorte qu’ils deviennent propriétaires des animaux issus de cette nouvelle génétique. DANGER!

    La nature nous prodigue l’abondance, la diversité et notre système d’exploitation va exactement dans le sens contraire, pourquoi?

    Parce que une toute petite minorité d’individus veut tout s’approprier sur la terre des humains. Ils veulent contrôler toute la chaîne alimentaire de la planète au grand complet, rien de moins! Et ils sont en train de réussir dans leur entreprise qui relève tout simplement de la folie furieuse, grâce à la contribution de nos bons gouvernements, tellement « responsables!… »

    Nous sommes de plus en plus dépossédés/es de nos terres arables, de nos productions, par un système qui nous asservira totalement…si nous les laissons faire!

    J’en appelle à la résistance. Vive l’union paysanne, vive la souveraineté alimentaire sur notre terre!

    Sylvain Guillemette Reply:

    Vous avez raison de mettre en garde la population, et j’aimerais souligner une partie historique de Monsanto, qui mise à part ses «crimes» soutenus par nos gouvernements, ceux qu’on connait bien, en a fait encore plus dans des pays comme le Vietnam.

    Au Vietnam, Monsanto a servi l’armée US pour créer l’épandage de l’Agent Orange, lequel avait été décrété par ce cher «grand démocrate», John Fritzgerald Kennedy! Pas de farce!

    Et tout cela (déréglementation sur les OGM) n’aurait été possible si ce n’était des républicains de George Walker Bush senior, et ici,des conservateurs.

    «Le grand chut!

    Pourquoi les médias institutionnels taisent ce gigantesque crime au point d’en faire le plus grand oubli à cheval sur deux siècles ?

    A la barre des accusés au procès de New York: Dow Chemical, Monsanto Company, Monsanto Chemical Co., Hercules Inc., Occidental Chemical Corporation, Thompson Hayward Chemical Co., Harcros Chemicals Inc, Uniroyal Chemical Co. Inc., Uniroyal Inc., Uniroyal Chemical Holding Company, Uniroyal Chemical Acquisition Corporation, C.D.U. Holding Inc., Diamond Shamrock Agricultural Chemicals Inc., Diamond Shamrock Chemical Company, Diamond Shamrock Refining And Marketing Company, Occidental Electrochemicals Corporation, Hooker Chemical Corporation, Hooker Chemical Far East Corporation, Hooker Chemicals & Plastics Corp., Chemical Land Holdings Inc., T-H Agriculture & Nutrition Co., Thompson Chemical Corporation, Riverdale Chemical Company, Pharmacia Corporation, Maxus Energy Corp., Diamond Alkali Company, Ansul Incorporated, Hoffman-Taff Chemical Inc., Elementis Chemicals Inc., United States Rubber Company Inc., Syntex Agribusiness Inc., ABC Chemical Companies 1-50, Syntex Laboratories Inc., Valero Energy Corporation… entre autres.

    Ces compagnies et sociétés sont accusés d’avoir fabriqué les produits de la plus grande guerre chimique de toute l’histoire de l’humanité menée par l’armée des Etats-Unis d’Amérique sur le Vietnam. Les victimes sont des millions et des millions. Après trois générations, certaines naissent encore avec deux têtes, sans cerveau, sans yeux, sans bras ni jambes, avec des organes externes, quand ce n’est pas avec les parties génitales au milieu du visage. Et il est quasi impossible d’alerter l’opinion publique internationale sur ce gigantesque écocide à cause du mutisme des médias.

    Et quand, de loin en loin, un média parle de l’Agent Orange, c’est souvent avec le sang froid du scientifique afin d’éviter toute sensiblerie tandis que des centaines de milliers d’enfants crèvent la gueule ouverte !

    D’où vient cette compromission ?

    Tous ces médias vivent grâce à leurs annonceurs. Et qui sont les donneurs d’ordre des publicités sur les chaînes de télévisions, sur les canaux radiophoniques, dans les magazines et les journaux? Banques, Assureurs, Constructeurs d’automobiles, équipementiers, grande distribution, etc., autrement dit ceux qui constituent les transnationales.

    Parmi les accusés au procès de New York, prenons Dow Chemical, premier groupe mondial de chimie qui a 1 site de fabrication en Afrique du Sud, 3 en Allemagne, 2 en Argentine, 1 en Australie, 1 à Barbades, 1 en Belgique, 2 aux Bermudes, 5 aux Brésil, 1 au Chili, 3 en Chine, 2 en Colombie, 2 en Corée du Sud, 2 au Costa Rica, 3 en Espagne, 1 aux USA, 4 en France, 2 dans l’Ile de Guernesey, 5 à Hong-Kong, 2 à l’Ile Maurice, 4 aux Iles Caïmans, 2 aux Iles Vierges Américaines, 1 aux Iles Vierges Britanniques, 1 en Indonésie, 3 en Irlande, 4 en Italie, 2 au Japon, 6 à Jersey, 1 en Malaisie, 2 au Mexique, 4 au Panama, 1 au Paraguay, 2 aux Pays-Bas, 1 au Portugal, 3 au Royaume-Uni, 1 en Russie, 3 à Singapour, 1 en Suède, 5 en Suisse, 3 en Uruguay et 1 au Venezuela. Hormis quelques rares exceptions, dans presque tous ces pays des entreprises ont été poursuivies pour violations des droits du travail, violations des droits de l’homme et blanchiment de l’argent du crime.

    AXA (France) détient 6,3% du capital de Dow Chemical, Barclays Plc. (Royaume-Uni) détient 3,10%, Capital Research & Management Inc. (USA) détient 9,5%, Citigroup Inc. (USA) détient 1,9%, Dodge & Cox (USA) détient 3,9%, Mellon Financial Corp. (USA) détient 1,4%, Morgan Stanley (USA) détient 1,6%, State Street Corp. (USA) détient 4,3%, Vanguard Group Inc. (USA) détient 1,6%, Wellington Management Co. (USA) détient 2,5%, pour faire court.

    Parmi ceux qui détiennent une part du capital de Dow Chemical, prenons pour exemple AXA (France) qui détient 6,3% et qui est, en 2006, le deuxième assureur mondial par la capitalisation boursière. AXA n’est actionnaire de sa propre entreprise que pour 1,18%. Par contre, BNP Parisbas détient 3,73% d’AXA, Citigroup Inc (USA) 0,3%, employés 5,06%, Lazard LLC (France) 0,4%, et ainsi de suite.

    Mais AXA possède des filiales, par ordre alphabétique : A) ACE Ltd. (Bermudes) 6,10%, ADM (Archer Daniels Midland Co.) (USA) 1,8%, AEP (American Electric Power) (USA) 8,7%, Aetna Inc. (USA) 9,5%, AIG (American International Group) (USA) 2,72%, Air Liquide (France) 0,5%, Alliance Capital Management Holding LP (USA) 51%, Alliant Energy Corp (USA) 1,4%, Alliant Techsystems (USA) 6,5%, Allstate Corp (USA) 3,5%, Altran Technologies (France) 5,11%, Altria ex-Philip Morris Co (USA) 2,6%, Amazon.com Inc (USA) 1,24%, Ameron Corp (USA) 4%, AmSouth Bancorp (USA) 1,4% Anheuser-Busch Cos.Inc. (USA) 2,2%, Anthem Insurance Co (USA) 2,8%, Applera (USA) 5,2%, Applied Materials Inc (USA) 1,8%, Applied Micro (USA) 5,5%, Arrow Electrics Circuits Inc (USA) 12,8% Ashland Inc (USA) 9,5%, AT&T comcast Corp (USA) 8,1%, Autoliv (Suède) 4,7%, AutoNation Inc (USA) 1,62%, Avaya Inc (USA) 1,85%, Avon products Inc. (USA) 8,2%, AXA (France) 1,18%. B) Baker Hughes Inc (USA 2,9%, Bank of America Corp (USA) 2,98%… par compassion pour le lecteur, compte-tenu que nous ne sommes qu’au début de la lettre B et que c’est ainsi jusqu’à Z, j’arrête là. Et chaque filiale de cette myriade en fait tout autant sur toute la planète.

    Sans compter qu’AXA a 1 siège en Autriche, 1 aux Emirats Arabes Unis, 1 aux USA, 2 en France, 1 à Hong-Kong, 5 en Inde, 1 en Irlande, 1 au Liban, 1 en Lituanie, 1 au Luxembourg, 1 à Madère, 1 en Malaisie, 1 au Maroc, 1 à Monaco, 1 aux Philippines, 2 à Singapour, 3 en Suisse, 1 à Taiwan et 1 en Uruguay. Et toutes ses filiales sont essaimées pareillement.

    Ce petit exemple simplifié d’une des nombreuses sociétés ou compagnies accusées au procès de New York, Dow Chemical, avec une rapide présentation d’un seul de ses actionnaires, laisse entrevoir à quel point les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange sont ficelées par la nébuleuse financière qui interfère dans tous les compartiments de l’économie planétaire. De la même manière, l’information de masse vivant de la publicité est sponsorisée par la dictature de la consommation produite par ces transnationales. Les médias s’autocensurent car il n’est pas un objet ou un service de consommation courante ou exceptionnelle qui ne soit pas issu de près ou de loin de ces transnationales. Les médias muselés par la mécanique qui les fait vivre ne peuvent plus informer.

    Naturellement, à l’époque de la fabrication des Agents Blanc, Bleu, Vert, Rose, Pourpre et Orange, ces sociétés et compagnies n’étaient pas imbriquées comme elles le sont aujourd’hui. Mais lorsqu’on prend des parts dans une entreprise et qu’on en attend les avantages et surtout les dividendes, on doit aussi en assumer les responsabilités et les dettes.

    Si les victimes de l’Agent Orange venaient à bénéficier d’un large soutien de l’opinion publique internationale et à obtenir une indemnisation, toutes ces sociétés et compagnies seraient touchées financièrement, directement ou indirectement: chut !»

    Publié par Daniel Charette le 3 décembre 2010 à 6:04

  3. @Sylvain Guillemette

    Très pertinent et informatif!

    Merci!

    Publié par Daniel Charette le 3 décembre 2010 à 13:14

  4. Cela me fait plaisir monsieur Charette. Voilà ce que j’ai aussi, je n’ai plus rien sur ce, sauf peut-être, je vous conseille de lire «L’État voyou», de William Blum, un ancien employé du Département d’État «Américain» (Ke préfère les dire, états-uniens, nous sommes tous américains après tout!). Il a décidé de dénoncer un tas de crimes de Washington à l’étranger, et d’autres informations concernant l’Agent Orange s’y trouvent. En fait, c’est une encyclopédie d’informations pertinente concernant les crimes de Washington à l’étranger, et sur leur propre sol, sur leur propre peuple. En fait, c’est aussi embarrassant pour eux, que Wikileaks! Pas de farce! On y discute même de la mission afghane, déclenchée avant le 11 septembre 2001. D’ailleurs, si vous avez regardé Enquête sur Radio-Canda hier soir, vous aurez vu monsieur Morissett, un ancien du JTF2, avouéé qu’il est allé en Afghanistan, préparer la mission afghane, avant les «attentats» du 11 septembre 2001.

    Bonne lecture!

    «Agent Orange Viêt Nam

    André Bouny, fondateur de l’association D.E.F.I. Viêt Nam et président du « Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et au procès de New York » (CIS), nous fait parvenir ce texte très complet, traitant des ravages causés par l’Agent Orange lors de la guerre du Viêt Nam. Il nous fait plaisir de le diffuser ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l’adresse: webmestre@latribuduverbe.com.

    AGENT ORANGE VIÊT NAM

    CONTEXTE HISTORIQUE
    Du point de vue armement, la guerre du Viêt Nam est le conflit majeur du XXème siècle. Ce conflit oppose les Etats-Unis d’Amérique au Viêt Minh communiste Nord-vietnamien, lui-même soutenu par l’Union soviétique. Ce conflit devient une exportation de la guerre entre les deux superpuissances de la planète: les USA disent vouloir stopper le communisme en Asie tandis que l’URSS l’encourage.

    Le Viêt Nam est sacrifié, dans un effroyable carnage humain, en laboratoire de la guerre du futur.

    Il y est déversé entre 3 et 4 fois le tonnage de bombes larguées durant toute la 2ème Guerre mondiale, soit l’équivalent de 450 bombes atomiques d’Hiroshima. Le territoire vietnamien porte les stigmates de vingt millions de cratères conséquents. Bombes de nouvelle génération à explosion, incendiaires, à effet de souffle, à dépression, à fragmentation… Près d’un demi-million de tonnes d’engins n’ont pas encore explosé. Ces reliquats ont déjà tué entre 100 000 et 200 000 personnes, surtout des enfants puisque durant de longues années plus de la moitié de la population avait moins de quinze ans. A Cu-Chi – qui veut dire « Terre d’acier » en vietnamien – il tombe plus de 10 tonnes de bombes par habitant.

    Les Etats-Unis d’Amérique s’enlisent.

    Les combattants vietnamiens, invisibles et insaisissables, se déplacent sous leur forêt tropicale. Les archives de l’Armée américaine avouent 8 000 000 de « sorties » d’hélicoptères gorgés de napalm pour débusquer l’ennemi dans les villages de paillotes.

    Sans résultats.

    Les Etats-Unis d’Amérique sont pressés. Leur jeunesse et celle du monde entier commencent à se soulever contre cette guerre. Aux Américains, on a promis la Lune… au Viêt Nam, ils vont la créer!

    DÉCISION
    Mille neuf cent-soixante-un, le Président Kennedy occupe la Maison Blanche et donne le feu vert à cette gigantesque guerre chimique appelée au départ « Opération Trail Dust » (traînée de poussière) avant de se révéler « Opération Hadès » : Dieu des morts et des enfers chez les Grecs. Puis vite rebaptisée « Opération Ranch Hand » (ouvrier agricole), parce que plus insignifiante. C’est ce troisième nom de code militaire de l’épandage de l’Agent Orange sur le Viêt Nam et les parties limitrophes du Laos et du Cambodge qui reste dans l’Histoire. L’ « Opération Ranch Hand » vise donc à raser la forêt tropicale de la surface de la terre ainsi que d’empoisonner les récoltes, les populations et les combattants. Titanesque écocide qui fera disparaître à jamais de nombreuses espèces terrestres.

    QUANTITÉS
    Dix années sont nécessaires pour pulvériser 84 000 000 de litres de défoliants.

    MÉTHODE
    Dix pour cent de cet épandage se fait à la main, par véhicule terrestre ou par bateau dans les deltas et la mangrove du littoral. Quatre-vingt-dix pour cent de la pulvérisation se fait par voie aérienne, à l’aide d’avions C 123 et d’hélicoptères. Les Vietnamiens n’ont alors pas d’autre protection que celle qui consiste à imbiber un tissu d’urine et à le poser sur le nez et la bouche.

    COMPOSITIONS
    Parmi ces défoliants, il y a l’Agent Bleu contenant du cyanure, particulièrement efficace pour empoisonner les rizières, l’Agent Vert, l’Agent Blanc, l’Agent Pourpre, l’Agent Rose, selon les essences à détruire, puis l’Agent Orange, appelés ainsi à cause des bandes de couleurs sur les fûts contenant le poison. L’Agent Orange représente à lui seul 62% du volume des défoliants pulvérisés au Viêt Nam.

    L’Agent Orange est contaminé par la Tétrachlorodibenzo-para-dioxine: la Dioxine TCDD, dite 2,3,7,8. à cause de sa composition moléculaire. Les dioxines sont constituées de 2 noyaux de benzène, 2 molécules d’oxygène et 2 molécules de chlore, de fluor ou de brome (quatre pour la variété la plus toxique).

    La Dioxine TCDD est le plus puissant poison connu – un million de fois plus toxique que le plus nocif poison naturel – et aussi le plus durable.

    ÉQUIVALENCES
    Si une équivalence n’a rien de scientifique – puisqu’elle s’appuie sur une donnée pour faire une projection comparative – elle a parfois le mérite de frapper nos esprits pour saisir l’ampleur du désastre… Une étude de 2002, de l’Université Colombia de New York, révèle que 80 grammes de dioxine déversée dans le service d’eau d’une ville élimineraient 8 000 000 de ses habitants. Sur cette base, il aurait été déversé sur le Viêt Nam 40 milliards de fois le potentiel mortel pour un être humain.

    STABILITÉ
    La Dioxine TCDD se mesure en picogramme, c’est à dire en millionième de millionième de gramme (10-12 gramme). Elle a une grande stabilité. Au Viêt Nam, elle est dans les sols, dans les eaux, dans les boues, dans les sédiments et passe ainsi dans la chaîne alimentaire.

    CHAÎNE ALIMENTAIRE
    Dans la chaîne alimentaire, on la retrouve en grande quantité dans les graisses animales, viandes, lait, œufs et poissons.

    Les scientifiques ont crée une unité appelée TEQ – contraction d’équivalent toxique – de façon à fixer une limite de toxicité pour la consommation des aliments. En France, par exemple, la dose admise par kilo de poids corporel par jour pour une personne est de 1 à 4 picogrammes.

    Aux Etats-Unis, la dose admise est plus drastique, elle est de 0,0064 picogramme, c’est à dire 160 fois moins que la norme française la plus élevée.

    Au Viêt Nam, cette dose peut atteindre 900 picogrammes par kilo de poids corporel par jour pour une personne.

    ENTRÉE DANS LA CELLULE
    Le noyau d’une cellule est protégé par un « périmètre de défense » qui a le rôle d’empêcher les molécules n’ayant pas la structure requise de pénétrer le noyau et donc d’interférer avec son patrimoine génétique. Mais, au sein du cytoplasme cellulaire (c’est à dire l’ensemble des éléments de la cellule à l’exception du noyau) la dioxine se lie à une molécule naturellement présente dans toutes les cellules, le récepteur aryl-hydrocarbone, et va pouvoir pénétrer les défenses du noyau cellulaire en se « faisant passer » pour une hormone. C’est ce complexe dioxine-récepteur qui va brouiller les messages hormonaux de notre système endocrinien (ensemble des glandes endocrines à sécrétion interne qui rejette la substance produite, appelée hormone, dans le sang) et va activer certaines régions de l’ADN, zones dites « sensibles aux dioxines » et entraîner ainsi l’effet toxique.

    CONSÉQUENCES INVISIBLES
    Les Vietnamiens pratiquent le culte des ancêtres de manière fervente. Ils souhaitent une progéniture capable de perpétrer ce culte. Si ce n’est pas le cas, une grande culpabilité s’installe envers les aïeux. On comprend pourquoi des familles qui avaient un, deux, trois enfants atteints de handicaps lourds en ont conçu un quatrième, un cinquième et un sixième et parfois plus… On estime qu’un grand nombre de naissances ne sont pas répertoriées, les enfants sont « cachés ». Il faut comprendre l’épouvantable torture mentale des parents qui voient naître leur enfant avec deux têtes ou bien avec deux visages sur la même tête ou encore sans les bras ni les jambes, quand ce n’est pas avec les organes externalisés.

    Et lorsque la Dioxine TCDD ne parvient pas à traverser le placenta de la future mère et que l’enfant naît sain, la maman qui l’allaite l’empoisonne car le lait maternel est la seule voie de déstockage de la Dioxine. De nouveau, pensons à la dévastation psychologique des mères.

    MALADIES
    Même les gens que l’on pense bien portant souffrent souvent de Dermatoses (chloracné, maladie de la peau caractérisée par des comédons, des kystes et papules; hyper-kératose, hyper- pigmentation)
    Troubles hépatiques.
    Troubles cardio-vasculaires.
    Atteinte de l’appareil urogénital.
    Troubles neurologiques (perte de la libido, migraines, neuropathies périphériques, atteinte des facultés sensorielles)
    Troubles psychiatriques (nervosité, insomnie, dépersonnalisation, dépression, suicide).

    Suite à l’accident industriel de dioxine à Seveso, en Italie, le professeur Bertazzi et son équipe, de l’Université de Milan, déclarent: « Nous commençons à percevoir d’étranges effets à long terme/…/une étude révèle un renversement complet de la répartition des sexes. Alors que dans la population générale on trouve un rapport de 106 mâles pour 100 femelles, à Seveso elle est de 48 filles pour 26 garçons. Signe d’une profonde mutation des métabolismes hormonaux. » Le sexe masculin a donc presque disparu de moitié.

    Aujourd’hui, au Viêt Nam, la troisième génération est là et les gens sains de corps et d’esprit engendrent toujours des bébés-monstre avec, parfois, les organes génitaux au milieu du visage.

    « REPARATION », PREUVE SCIENTIFIQUE.
    Le « Rapport Stellman », qui est l’étude référence incontestée sur l’utilisation des défoliants au Viêt Nam, estime jusqu’à 4 800 000 le nombre de victimes potentielles ou silencieuses sprayées. Attention, ce chiffre ne tient pas compte des victimes empoisonnées ultérieurement par la chaîne alimentaire durant plus de quarante ans, ni de la progéniture des trois générations qui ont suivi jusqu’à ce jour. Les victimes passées et présentes sont des millions. Combien sont à venir ?

    L’utilisation de cette Arme de Destruction Massive (ADM) chimique et indélébile par l’Armée américaine demande « réparation ». « Il faut des preuves scientifiques », répondent les Américains qui ont reconnu et dédommagé « leurs » vétérans de la Guerre du Viêt Nam eux-mêmes atteint par l’Agent Orange ainsi que leur progéniture. C’est une façon de laisser le Viêt Nam seul y faire face. A l’époque de cette réponse américaine, une analyse pour rechercher la dioxine dans le sang coûtait entre 3000 et 4000$. Même si aujourd’hui ce coût a baissé, comment le Viêt Nam qui cherche les moyens de son développement peut-il assumer pareil budget? Le lien de cause à effet est reconnu pour certaines maladies et la liste s’allonge chaque année. Il est grand temps de reconnaître les maladies et malformations dans leur ensemble imputables à l’Agent Orange. En effet, le faisceau de présomption est suffisamment large, les victimes vietnamiennes, celles du Laos et du Cambodge, présentent les mêmes maux que les vétérans américains de la Guerre du Viêt Nam (4 200 000 GI’s ont servi au Viêt Nam), que ceux de Corée du Sud (300 000 envoyés), de Nouvelle Zélande et d’Australie ayant combattus à leur côté, les mêmes maux que les victimes qui vivent près des zones de stockage aux Philippines, sans compter certaines personnes ayant travaillé ou résidant dans des espaces ayant servi aux essais de l’Agent Orange au Canada. Il en est de même pour la progéniture de tous ceux-là. Bien sûr nous devons continuer à étudier les conséquences nocives de ces poisons, mais il est grand temps de reconnaître l’indéniable. De plus, à la différence de la plupart des victimes citées, les Vietnamiens vivent et se nourrissent sur le poison depuis plus de quarante années.

    CONSTITUTION DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
    La Constitution des Etats-Unis d’Amérique ne permet pas de se retourner contre les responsables politiques de l’époque ni contre les actes de guerre perpétrés par l’Armée américaine, même s’ils ne sont pas « autorisés » par les Conventions de Genève.

    MULTINATIONALES
    Il reste les fabricants du poison qui, en pleine connaissance de la composition de leur produit et de sa destination – dès juin 1965, c’est à dire au début de l’épandage de l’Agent Orange, une alerte sur l’exceptionnelle toxicité de la dioxine TCDD est émise par le laboratoire de recherche de biochimie d’un des principaux fournisseurs – et pour leur plus grande fortune, ont fourni l’Armée américaine. Parmi les 37 sociétés qui ont fabriqué le poison, les principales sont Monsanto, Dow Chemical, Uniroyal, Diamond, Thompson, Hercules, entre autres.

    JUSTICE
    Le 31 janvier 2004, quelques jours avant que soient échus les 10 ans de levée de l’embargo qui interdiraient de ce fait tout recours selon la loi étasunienne, l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine Vietnam et 5 victimes à titre personnel déposent une plainte au Tribunal de Première Instance de la justice fédérale Américaine de New York dont le siège se trouve à Brooklyn Est, Etat de New York. Au mois de septembre 2004, 22 autres victimes viennent s’ajouter à une liste qui risque d’être sans fin… La plainte vietnamienne engage une grande et complexe procédure. Grande, car il y a beaucoup de plaignants, beaucoup d’accusés et beaucoup de faits se déroulant pendant une longue période. Il y aura des implications sociales, économiques et financières. Ce procès sera complexe tant au point de vue juridiction appliquée que de juridiction théorique. Le procès des personnes impliquées dans l’Agent Orange sera une première dans l’histoire de la justice américaine et un procès dont on n’a pas de précédent légal.

    Le 10 mars 2005, le juge Jack Weinstein, 80 ans, celui-là même qui défendit les vétérans américains victimes de l’Agent Orange et obtint « réparation » pour eux, rejette la plainte des victimes vietnamiennes! Ce juge dit qu’il n’y a rien dans les textes de la Loi internationale qui puisse interdire l’utilisation des herbicides. Hormis le fait que les défoliants n’existaient pas lors de la rédaction de certains textes de la Loi internationale en vigueur signés par les Etats-Unis d’Amérique, la vraie question n’est pas de savoir si l’Agent Orange répandu sur le Viêt Nam est un poison ou un défoliant, la vraie question est de savoir si ce défoliant contient du poison? « OUI » répond la communauté scientifique internationale universellement unanime. Un poison terriblement tératogène.

    Le 30 septembre 2005, les victimes vietnamiennes ont déposé leur dossier à la Cour d’Appel.

    Le 16 janvier 2006, la défense des 37 compagnies a remis ses arguments devant « sa » justice. La défense des compagnies chimiques américaines prétexte déjà que l’utilisation de l’Agent Orange avait pour but de protéger les soldats US, alors qu’ils ont été eux-mêmes victimes de l’Agent Orange ainsi que leur progéniture. Cette défense ajoute que ces compagnies ne pouvaient pas se soustraire à une commande de leur gouvernement comme si chacune d’entre-elles était obligée de fournir les ingrédients d’un Crime contre l’humanité. La défense cherche donc à déplacer la responsabilité sur les dirigeants politiques de l’époque puisque ces derniers ont disparus ou sont constitutionnellement inaccessibles.

    La Cour d’Appel de New York devait se prononcer au mois de mars 2006, puis elle a reculé sa décision en évoquant que les chimistes n’étaient pas près pour les arguments oraux. Puis elle a repoussé de nouveau son verdict de plusieurs mois. Si les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange étaient de nouveau déboutées, il s’agirait d’une deuxième injustice à la face du monde. Une impunité qui fermerait définitivement la porte aux futurs plaignants (je pense aux victimes de l’Uranium Appauvri) et ouvrirait toute grande la voie aux futurs grands massacres de ce jeune millénaire. Enfin, si la plainte des victimes de l’Agent Orange était repoussée, on s’acheminerait vers un pourvoi devant la Cour Suprême des Etats-Unis d’Amérique qui vient de subir un grand renouvellement.

    Selon l’interprétation des textes, certains juristes considèrent que ce titanesque écocide est un génocide, doublé d’un génocide à retardement. Pour d’autres, il s’agit d’un crime contre l’humanité et donc, au minimum, d’un crime de guerre. Cependant, tous s’accordent sur un point : l’épandage de l’Agent Orange au Viêt Nam est une gigantesque atteinte à l’intégrité physique et psychique de tout un peuple. Cette violation massive et flagrante des droits de l’homme est devenue le plus grand oubli à cheval sur deux siècles. Le nouveau Conseil des droits de l’homme doit faire connaître ce grand malheur du peuple vietnamien. Un malheur qui n’appartient pas au passé puisque les victimes continuent de naître à l’heure où vous lisez ce texte. L’Agent Orange déversé sur le Viêt Nam n’est pas seulement un cataclysme du passé mais aussi une catastrophe du présent. Au-delà des arcanes et des nuances et autres complexités du Droit international, la première justice à rendre aux victimes de l’Agent Orange est la solidarité internationale.

    Ces victimes, nos semblables, supportent des souffrances physiques et psychiques particulièrement horribles. Il faut les moyens financiers de faire un état des lieux afin de répertorier les victimes dans les campagnes. Il faut construire des centaines de « Villages de la paix », établissements qui accueillent les victimes de l’Agent Orange au Viêt Nam. Il faut les équiper, accompagner la formation de personnel médical spécialisé. Actuellement, on estime à environ 3 millions le nombre de victimes de l’Agent Orange, dont 150 000 à 300 000 enfants. Si un « Village de la paix » accueille entre 150 et 300 victimes – ce qui est énorme compte-tenu que les handicaps lourds demandent une présence de personnel jour et nuit – il faudrait donc, au minimum, 1000 « Villages de la paix » tout de suite pour les seuls enfants! Actuellement, le Viêt Nam compte onze « Villages de la paix » et seulement deux peuvent-être considérés comme des établissements adaptés : « Le Village de l’Amitié » de Van Canh à côté d’Hanoi et le « Village de la paix » de l’Hôpital Tu Du d’Ho Chi Minh-Ville. Les enfants du Viêt Nam sont souriants comme beaucoup d’enfants du monde et malgré les efforts conséquents des autorités, plus de quarante ans après le début de l’épandage de l’Agent Orange, ces enfants du Viêt Nam « crèvent la gueule ouverte! »

    André Bouny»

    Publié par Sylvain Guillemette le 3 décembre 2010 à 14:23

  5. Bonjour

    Je m’ attardes depuis trois semaines sur un sujet « chaud » ;
    la production d’ hydrocarbures au Canada.
    Le dernier rapport du commité présidé par Mme. Élisabeth Dowdeswell est percutant ( écouté au «66»: débats de la chambre).

    Je crois que des sujets populistes comme la procréation assistée
    le contrôle des armes longues (fusils de chasse), et autres insignifiances, font en sorte que le désintéressement de la population «informées» ne peut que s’ accroître.

    La construction du gazoduc de la Vallée du McKenzie, la désinvolture de nos clowns parlementaires (au deux paliers) , et la désinformation généralisée perpétuent la bonne vieille tradition d’un pays de colonisés.

    Bonne Nativité André Bourret.

    Publié par Bourret André le 23 décembre 2010 à 13:23

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