Il est compréhensible qu’un observateur de la scène publique soit interpellé par l’argument du NPD voulant que l’adoption d’un projet de loi ne soit pas précipitée, une façon de faire que j’ai d’ailleurs toujours appliquée en 20 ans de parlementarisme.
Mais dans le cas du projet de loi visant à abolir la règle de la libération automatique au sixième de la peine pour les criminels non violents, la raison invoquée par le NPD n’est qu’un faux fuyant. Nous sommes en effet très loin de la précipitation dans cette affaire.
En juin 2007, après de longs débats au sein de notre caucus et à la suite des consultations approfondies du monde judiciaire, le Bloc Québécois a rendu public son Plan justice, dans lequel apparaissait déjà la demande d’abolir cette règle automatique qui fait insulte à la notion même de justice. Cela fera donc bientôt quatre ans que notre proposition est sur la table et connue de tous.
Le 14 septembre 2009, Serge Ménard, un éminent criminaliste, a déposé le projet de loi C-434 qui portait sur cette question et le lendemain, nous avons demandé le consentement unanime de la Chambre des communes pour son adoption rapide. Nous avons effectué la même démarche le 4 mars 2010.
À ces deux occasions, les libéraux comme les néo-démocrates ont donné leur consentement en toute connaissance de cause. Les conservateurs ont de leur côté refusé leur consentement pour des raisons strictement partisanes, ne voulant sous aucun prétexte donner le moindre mérite à un autre parti.
Le grand émoi de la population, qui a vu Vincent Lacroix sortir si rapidement de prison après un crime si dommageable, est compréhensible et nous le partageons. Mais comme vous êtes à même de le constater, notre volonté d’abolir cette règle de la libération au sixième de la peine est bien antérieure à cette affaire.
Après tous ces débats à la Chambre des communes et dans l’arène publique, en sachant que les libéraux comme les néo-démocrates ont déjà voté leur appui, et que le gouvernement Harper est favorable à cette mesure, il m’apparaissait en ce début de session et il m’apparaît toujours que le temps est maintenant venu d’agir.
Gilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois






Oui, c’est le temps d’agir!
Grâce au laxisme de ce système, les criminels des « ligues majeures » parviennent à passer entre les mailles du filet.
En ce pays, la « justice » est à géométrie variable. Ils attrapent les petits poissons, pour eux, pas d’échappatoire. Tandis que les requins trouvent facilement la sortie, dans ce système ajusté à leurs besoins, moyennant quelques redevances, cela va de soi.
Avec de l’argent, on se paye un « bon avocat » , une grosse caution et c’est « par ici la sortie ».
Pendant que les petits contrevenants font leur temps, les rapaces se payent du bon temps.
Les criminels vautours et fraudeurs à cravate de tous acabits, mangent dans les mêmes grands restaurants, situés à quelques pas des parlements ou encore aux sommets des tours, dans les grandes capitales, loin de la faune des citoyens contribuables.
Vivement la justice en ce pays!
Publié par Daniel Charette le 11 février 2011 à 6:29
Le sixième de la peine, c’est comme dire à un enfant « tu n’auras pas de bonbons aujourd’hui » et lui en donner quand même un une heure plus tard.
Que les juges jugent et condamnent et que les fonctionnaires fassent respecter ces décisions.
Sur le sixième de la peine, M Harper a raison, et le Bloc a raison de l’appuyer.
Sur l’incarcération des enfants , M Harper avait tort, et le Bloc l’a empêché d’aller de l’avant avec cette mesure irraisonnable: on ne frappe pas un enfant, et on n’a pas à le mettre en prison! Il faut se servir de sa tête!
Le Bloc a une vision correcte de la justice et du bon sens. Il a tout le recul nécessaire pour prendre position.
Publié par Raymond, État du Québec le 11 février 2011 à 11:34