Le Bloc Québécois vise la parité hommes-femmes

Publié par Nicole Demers le 8 mars 2011 à 8:53 2 commentaires

L’ex-ministre Monique Jérôme-Forget mène une campagne louable pour la parité hommes-femmes au sein des conseils d’administration des sociétés d’État et des entreprises. Au Bloc Québécois, la parité hommes-femmes constitue aussi une importante préoccupation. Nous sommes en effet d’avis qu’il est primordial que notre parti comme nos institutions démocratiques soient à l’image de la population. Malheureusement, c’est encore loin d’être le cas. Les femmes représentent 52 % de la population du Québec. Or, les femmes forment 30 % de la députation québécoise à la Chambre des communes, soit 22 élues sur 75. À l’Assemblée nationale du Québec, elles représentent 29 % des élus, soit 36 femmes sur 125. Il y a là un déficit démocratique.

C’est pourquoi, en 2009, la Commission de la citoyenneté du Bloc Québécois s’est penchée sur cet enjeu. Pour nous, il s’agissait de déterminer par quels moyens il serait possible d’atteindre la parité hommes-femmes dans toutes nos instances, incluant notre caucus.

Nous avons effectué une revue de la littérature portant sur la participation des femmes à la vie politique. Nous avons questionné nos députées ainsi que les militantes les plus actives au sein du Bloc Québécois sur leurs motivations. Nous avons aussi consulté des femmes actives en politique municipale et des femmes engagées dans leur milieu dans toutes les régions du Québec.

Ce qui préoccupe les femmes
Bien entendu, la conciliation travail-famille est au cœur des préoccupations des femmes. Jalouses de leur vie privée, elles ont la perception qu’en politique il est quasi impossible de concilier vie privée et vie publique. Alors qu’elles sont toujours astreintes à de multiples rôles (mère, travail, tâches ménagères), elles ont l’impression que les politiciens ne font que travailler. Elles pensent que la politique ne touche pas aux questions qui les concernent. Elles considèrent que se présenter à un poste électif constitue un risque financier qu’elles n’ont pas les moyens de courir. Mais elles sont sensibles au fait que l’on s’adresse à elles.

D’autre part, elles ont souligné que notre société colporte encore des préjugés. Alors que longtemps on a remis en question les capacités intellectuelles des femmes, aujourd’hui on se demande si c’est dans leur nature de faire de la politique, nous ont-elles dit. Des conseillères municipales nous ont fait part des reproches qui leur sont adressés par leurs collègues, notamment de défendre avec trop de passion leurs dossiers.

Atteindre la parité hommes-femmes
Le Bloc vise à atteindre la parité hommes-femmes, d’abord en continuant de défendre les droits des femmes sur la scène fédérale : l’équité salariale, le retrait préventif, le droit à l’avortement. Nous continuons à demander que les organismes de défense des droits reçoivent les subventions qui leur permettent de représenter les femmes et de sensibiliser notre société aux différents dossiers qui touchent à la condition des femmes. Nous continuons à exiger le maintien du registre des armes à feu parce que trop souvent encore ce sont les femmes qui sont victimes de leur usage. Nous continuons à demander la bonification du Supplément de revenu garanti en sachant que la majorité de ses bénéficiaires sont des femmes.

Afin de lutter concrètement contre la discrimination des femmes à l’embauche, entre autres, notre plateforme électorale propose de mettre en place la pratique du CV anonyme dans les entreprises et les organismes sous compétence fédérale de 100 employés et plus. Ainsi, plus personne ne pourra prétendre que certaines ont obtenu leur emploi parce qu’elles sont des femmes et non car elles sont compétentes. Notre plateforme électorale prévoit aussi la réactivation et la mise à jour d’un projet de loi que la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, alors députée du Bloc Québécois de Longueuil, avait déposé à la Chambre des communes en 1999 pour inciter financièrement les partis politiques à faire élire des femmes.

Combattre les préjugés
Nous avons compris que nous devons combattre non seulement les préjugés encore entretenus par notre société, mais aussi ceux qu’entretiennent les femmes au sujet de la vie politique.  Nous comptons donc continuer de travailler à défaire les perceptions en faisant valoir que oui, les députés ont une vie privée et des passe-temps : certains cuisinent, d’autres font du sport et d’autres encore sont des amateurs d’art. Que la plupart des députées du Bloc ont des enfants et que lorsqu’elles se sont lancées en politique, leurs enfants étaient en bas âge. Que ce sont leurs convictions qui les motivent et que leur travail est gratifiant, car oui, nous arrivons à changer les choses.

Les quotas sont-ils nécessaires, comme le suggère Monique Jérôme-Forget? Lorsque la Commission de la citoyenneté a produit son analyse, nous en avons discuté. Devait-on réserver des sièges pour les femmes dans nos instances et nous imposer la parité? Toutes ces femmes que nous avons rencontrées nous ont expliqué qu’elles ne souhaitent pas du tout que leurs compétences puissent être remises en question. C’est pourquoi notre choix a plutôt été de tabler sur la conviction.

Nous sommes fières du travail effectué par le Bloc : lors des trois dernières campagnes électorales, jamais moins de 75 % de nos candidates ont été élues. À l’heure actuelle, 15 des 49 élus du Bloc Québécois sont des femmes, soit près de 31 %. En comparaison, seulement 22 % des élus de la Chambre des communes sont des femmes, soit 68 élues sur 308.

Faire place au changement
Convaincues que les candidatures proviennent d’abord de notre base militante, nous avons entrepris une campagne de sensibilisation auprès de nos organisations de circonscription. Notre membership compte 48 % de femmes. Nous travaillons à ce qu’elles soient équitablement représentées dans toutes nos instances. Pour ce faire, il faut que toutes et tous mettent la main à la pâte en sollicitant la participation des femmes aux instances de notre parti.  

Les initiatives proposées par la Commission de la citoyenneté se retrouvent dans le plan d’action national du Bloc Québécois. Déjà, des changements sont nettement observables. Lors de notre dernier Conseil général, à la mi-février à Saint-Hyacinthe, les femmes représentaient 4 % de plus des délégués qu’un an plus tôt. 

Madame Jérôme-Forget, croyez-nous, le Bloc Québécois vise réellement à atteindre la parité et il y parviendra.

La porte-parole du Bloc Québécois en matière de condition féminine et députée de Laval,
Nicole Demers

La présidente de la Commission de la citoyenneté du Bloc Québécois,
Lydia Gagnon

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2 commentaires

  1. Bonjour madame demers, je voulais vous féliciter pour votre intervention sur youtube en février avec nos amis les arméniens.
    bravo et continuer votre bon travail

    Publié par Demers Alfonse le 10 mars 2011 à 13:34

  2. Félécitations madame barbot pour votre communiqué sur la parité hommes femmes. mais ne soyons pas hypocrites et disons que le bloc quebeois n a soutenu en aucun cas ginette beaudry et a essayé d imposer l autre candidat masculin ex-npd. n y a t il pas assez de souverainistes pour aller chercher des npd?
    belle hypocrisie ce communiqué sur la parité

    Publié par Ptitminouleblanc le 17 mars 2011 à 7:57

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