Alors que la campagne électorale 2011 bat son plein, Michel Seymour, professeur au Département de philosophie de l’Université de Montréal, signe un texte dans le quotidien Le Devoir au sujet de la pertinence de voter pour le Bloc Québécois le 2 mai prochain.
Élection fédérale – Pour qui voter le 2 mai prochain?
Le bilan du gouvernement Harper peut sans exagérer être qualifié de catastrophique. Sous la gouverne des conservateurs, la réputation du Canada est devenue en l’espace de quelques années celle d’un État voyou dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sa politique étrangère est désormais celle d’un État de droite. Son engagement dans des conflits armés nous fait regretter le rôle ancien du Canada pour le maintien de la paix au sein de l’ONU.
Le Canada est aussi devenu un paradis pénal pour les entreprises minières qui exploitent sans vergogne les ressources naturelles des pays africains avec la complicité des gouvernements locaux, et les conservateurs ne font rien pour modifier cet état de choses. Les achats d’avions F-35, l’obsession sécuritaire, l’ingérence dans les affaires du groupe Droits et Démocratie, le refus de rapatrier Omar Khadr, tout cela complète le tableau au chapitre de sa politique internationale.
Sur le plan intérieur, le gouvernement de Stephen Harper semble vouloir tirer sur tout ce qui bouge: les groupes de femmes, le milieu de la culture et les minorités linguistiques. L’attitude à la Chambre des communes, le mépris concernant l’éthique et l’arrogance affichée à l’égard des médias n’en finissent plus de nous scandaliser. La sévérité à l’égard des jeunes contrevenants, l’électoralisme à courte vue et la partisanerie aveugle de ce gouvernement populiste ne peuvent que susciter chez les électeurs sensés un dégoût bien compréhensible.
Faire bloc contre Harper
Bref, il faut barrer la route aux conservateurs. Comment faire pour y parvenir? La solution la plus simple est de voter pour un parti qui, dans la circonscription où l’on se trouve, a le plus de chance de l’emporter contre le candidat conservateur. Pour moi, le choix sera facile: je voterai pour Vivian Barbot (comment pourrais-je m’imaginer, l’espace d’un instant, en train de voter pour Justin Trudeau?). D’une manière générale, au Québec, il faut voter en faveur du Bloc québécois.
Un vote pour le Bloc est un vote pour qui?
Mais que répondre à la remarque de Michael Ignatieff selon laquelle un vote pour le Bloc québécois serait un vote pour les conservateurs? On croirait davantage M. Ignatieff s’il blâmait d’abord et avant tout les électeurs conservateurs eux-mêmes. Car, après tout, si le Québec vote massivement contre Harper et que ce dernier est malgré tout élu, ce sera parce que le Canada anglais aura voté massivement en sa faveur. Pourquoi alors blâmer les électeurs québécois?
En outre, M. Ignatieff nous invite à laisser tomber notre appui à un parti voué à la défense des intérêts du Québec au profit du Parti libéral du Canada (PLC) alors que, pour sa part, le PLC n’entend rien faire pour résoudre le contentieux constitutionnel. Pire encore, M. Ignatieff croit que les Québécois sont maintenant passés à autre chose et que la question constitutionnelle est dépassée (!). Mais s’il en est ainsi, peut-il nous expliquer pourquoi le Québec élit depuis 1993 une majorité de députés du Bloc québécois? Ceux qui ignorent la question nationale, qui ne la comprennent pas, qui sont insensibles à la non-reconnaissance du Québec au sein du Canada, qui n’ont rien à dire contre l’imposition d’un ordre constitutionnel en 1982, payent maintenant le prix de leur méconnaissance, de leur insouciance ou de leur désinvolture.
Ils doivent composer avec un Québec qui défend ses intérêts dans un Canada qui fait la sourde oreille à ses réclamations. La présence du Bloc québécois à Ottawa est le rappel constant que la question constitutionnelle québécoise est non résolue. Malheureusement, M. Ignatieff ne semble pas encore avoir compris le message envoyé par le Québec à Ottawa depuis vingt ans. Le chef libéral croit que les Québécois ont dépassé les enjeux constitutionnels alors que les Québécois, en votant pour le Bloc québécois, leur répètent depuis bientôt vingt ans que les grands partis nationaux ne défendent pas adéquatement leurs intérêts.
Si vous ne pouvez les battre, joignez-vous à eux?
Un autre argument contre le vote en faveur du Bloc québécois est que le Québec doit jouer un rôle au sein du gouvernement au lieu de se cantonner dans l’opposition. Mais c’est là confondre l’effet et la cause. Le vote massif en faveur du Bloc québécois n’est pas la cause, mais bien l’effet de l’absence d’influence du Québec dans les instances gouvernementales fédérales. Les 74 députés libéraux fédéraux du Québec, élus à la Chambre des Communes en 1982, se sont faits les complices d’un rapatriement unilatéral illégitime. Ils ont participé à l’entreprise visant à remettre le Québec à sa place au lieu de se porter à la défense du Québec.
Les députés du PLC élus au Québec sont restés impassibles devant le scandale des commandites. Les députés conservateurs représentant les circonscriptions québécoises depuis cette époque n’ont pas fait mieux. Ils se sont pour leur part faits les haut-parleurs de la position défendue par le gouvernement Harper. Alors, que l’on ne blâme pas le Bloc québécois et les citoyens du Québec qui les appuient. [...]
Les enjeux sociaux?
Néanmoins, le citoyen qui a le moindrement un souci de défendre des valeurs de gauche peut se demander pourquoi les enjeux constitutionnels devraient l’emporter sur les enjeux sociaux. Dans le présent contexte, on pourrait avancer l’idée que les considérations stratégiques doivent l’emporter sur les enjeux constitutionnels. Bien entendu, on ne peut accuser le Bloc québécois d’être lui-même insensible aux enjeux socio-économiques. Bien au contraire, il n’a eu de cesse de se faire l’écho à la Chambre des communes des valeurs sociales québécoises.
Mais, selon certains, il faudrait peut-être aussi mettre de côté nos valeurs sociales au profit de celles qui sont véhiculées au sein du PLC. Autrement dit, selon cet argument, les Québécois doivent non seulement renoncer à appuyer le Bloc québécois en s’accommodant de l’indifférence canadienne à l’égard du statut constitutionnel du Québec, mais ils doivent en plus renoncer à voter pour le parti qui représente à la Chambre des communes leurs valeurs sociales. Et ils doivent faire tout cela dans le but de battre les conservateurs.
Une coalition PLC-NPD?
Il existe pourtant une autre solution et c’est celle de la coalition PLC-NPD que le Bloc québécois serait prêt à appuyer. La position du Bloc Québécois peut en ce sens être qualifiée d’exemplaire. Même si le PLC est le parti de la centralisation, du rapatriement unilatéral, de la loi sur la clarté et du scandale des commandites, les bloquistes ont suffisamment le coeur à gauche pour donner leur appui à une coalition PLC-NPD.
Mais M. Ignatieff est tombé dans le piège tendu par Stephen Harper et a vite balayé cette solution du revers de la main. [...] Pourquoi? La réponse, je le crains, nous renvoie encore une fois à la question nationale. Le PLC s’est senti obligé de prendre ses distances parce que l’électorat canadien aurait réagi très négativement. Le projet d’une coalition a vite été rejeté, mais pas parce que les Canadiens voyaient d’un mauvais oeil le rapprochement entre le PLC et les «socialistes». Ils ont plutôt été révulsés à l’idée de s’associer avec le diable séparatiste! Encore une fois, nous sommes ramenés aux enjeux constitutionnels.
Doit-on être jugés responsables de l’intolérance canadienne à l’égard du Bloc? Pendant combien de temps va-t-on tirer sur le messager au lieu de se tourner vers les causes profondes du problème? Il n’y a donc pas à hésiter un seul instant. Les citoyens du Québec doivent envoyer un important contingent de députés bloquistes à la Chambre des communes!
Michel Seymour
Professeur au Département de philosophie de l’Université de Montréal






L’idée de mettre au pouvoir un gouvernement majoritaire, c’est du délire. C’est la façon de se faire avoir sans pouvoir se défendre contre l’égémonie ravageuse des conservateurs et des libéraux. Il faut s’unir et tenir le Québec à l’abri de ceux qui veulent sa destruction. Votons tous pour le Bloc.
michel Reply:
avril 25th, 2011 at 21:12
Je vous rejoin sur ça Hors Il y a plus que ça Il y a la coalition des 3 parti fédéraliste qui veulent détruire le choix d,être indépendant du peuple et malheureusement les jeunes veulent etre bi… lingue ça c,est la fin vous assisstez a notre assimilation volontaire …Que voulez vous nous sommes que des pleutres au québec et nous voulons etres dominée et écrasé. alors joyeuse mort et temp pi pour nos ancêtres …
Publié par jean-pierre le 11 avril 2011 à 14:58
Le problème avec le bloc c’est que vous collez trop le PQ. Personnellement je suis souverainiste si un jour y’a un referendum je vote OUI mais quand j’envoie un député au fédérale, je l’envoie pour reprendre l’argent des Québecois par tout les moyens… C’est dommage que le bloc ne soit pas capable de faire cette job sans parler de Pauline ou de Souveraineté… c’est pas ca job la souveraineté… ca job c’est les intérêt des Québecois… TOUS les Québecois… Pour pouvoir coucher avec les conservateurs, les libéraux ou le NPD, un crapuleux(prostitué) ne doit pas dire q’elle a des maladies… c’est la même chose pour le bloc….
Pour cette raison je crois que le bloc n’as plus d’affaire a Ottawa…
Je ne voterai donc pas Bloc tant et aussi longtemps qu’il s’auto proclame indépendant d’idées et qu’il ne reste plus chez sa maman Pauline
Javier
Publié par Javier le 11 avril 2011 à 18:25
[article] Avions F-35: la motion libérale est battue
- Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir, 24 novembre 2010, Canada.
« Une motion libérale demandant l’annulation du contrat d’achat de 65 avions F-35 a été battue hier soir par le vote des conservateurs et des bloquistes. »
http://www.ledevoir.com/politique/canada/311612/avions-f-35-la-motion-liberale-est-battue
Publié par Michaël Lessard le 15 avril 2011 à 1:27
désolé m. duceppe mais cette fois si je vote NPD je n’ai pas le choix dans ma circonseption c’est M. Marcel Proulx et si on veut plus l’avoir il faut voter NPD parce les anglais vont aussi voter pour le NPD je n’ai pas le choix
Publié par Hélène le 16 avril 2011 à 19:54
Le 2 mai 2011 je vote Harper. C’est le moins Chialeux de tous les chefs. Çà c’est un homme. Lui il n’a pas conté ou lavé le cerveau du maire de Québec.
Publié par Jerry le 17 avril 2011 à 0:54
[...] Bref, il faut barrer la route aux conservateurs. Comment faire pour y parvenir? Suite [...]
Publié par Les Voix du PANDA » Blog Archive » LA VALEUR DES ENJEUX le 1er mai 2011 à 8:59
[...] Bref, il faut barrer la route aux conservateurs. Comment faire pour y parvenir? Suite [...]
Publié par LA VALEUR DES ENJEUX | CentPapiers le 1er mai 2011 à 9:16
fini malo dans vercheres jai voté pour débarassé le québec de cet menbres unitile
Publié par rod le 1er mai 2011 à 20:36